28 décembre 2016

Du SUJET de l' ENONCIATION

  Je poursuis mon enquête. Pour le moment nous avons deux points établis : rapport de non-rapport entre le langage et le réel ; rapport de non-rapport entre le signifiant et le signifié, le mot et sa signification. (Voir les deux articles précédents). Il reste à examiner un autre problème, qui passe trop souvent inaperçu. Parler - "prendre" la parole, c'est se décider, en tant que sujet, à dire quelque chose, donc à mettre en forme (transmissible) un certain contenu de pensée (au sens large : impression, sensation, perception,... [Lire la suite]

27 décembre 2016

Du RAPPORT SIGNIFIANT - SIGNIFIE

  Le lecteur pressé aura peut-être l'impression que je répète, que j'énonce pour la centième fois cette idée somme toute convenue que le mot n'est pas la chose, que le langage se tient par essence à une distance infranchissable du réel qu'il prétend exprimer. Pour moi cette évidence est acquise à tout jamais et ne fait pas problème. Au delà de cette idée, ou en deçà, je cherche à dire quelque chose dont la nature m'échappe encore, que je tente d'approcher avec l'intuition, et qui encore me glisse entre les doigts.  ... [Lire la suite]
26 décembre 2016

De la FAILLE du DISCOURS

    Si je dis : "le pain est blanc", tout un chacun comprend ce qu je dis, car la convention linguistique fixe pour chacun la notion de "pain" et de "blanc", si bien que chacun peut vérifier la concordance de mon propos avec la réalité. Ce qui est troublant, c'est que je puisse sans vergogne dire "ce pain est violet" alors qu'il est blanc. Dans le langage rien n'est vraiment impossible, je puis jouer à l'infini de toutes ses virtuaités sans tenir compte en rien de la réalité. Ainsi Eluard - "la terre est bleue comme une... [Lire la suite]
22 décembre 2016

JEUNESSE et BEAUTE

  Schopenhauer écrit quelque part, j'ai oublié le contexte, quelque chose comme : mieux vaut la jeunesse sans beauté que la beauté sans jeunesse. Il vaut mieux les deux, que je sache, mais l'une des deux ne se peut maintenir quoi qu'on fasse. Le pire, peut-être, est de mimer la jeunesse quand elle est irrémédiablement flétrie. Quoi de plus ridicule qu'une vieille coquette ou un "vieux-beau". Ceux-là exhibent plus outrageusement encore ce qu'ils voudraient cacher, et leur sottise plus encore. D'une certaine manière on peut... [Lire la suite]
21 décembre 2016

FAUST : l'esprit et le corps

  J'éprouve depuis longtemps une sorte de fascination pour le début du Faust de Goethe, que je relis régulièrement, et que parfois je rêve de traduire. On connaît la scène : Faust est dans son atelier de recherche, épuisé, lassé de tout, et notamment des toutes ses incursions dans les domaines sacrés de la philosophie, du droit (qu'il nomme Juristerei, "judication", avec une nuance de mépris), de la théologie, et toutes ces connaissances lui laissent le goût amer de la futilité, de l'inutilité. Il conclut tristement "je vois que... [Lire la suite]
17 décembre 2016

De la SCIENCE

  Le philosophe, ami de la science, de son esprit et de ses méthodes, ne peut pourtant se reposer sur ses résultats : ils sont trop incertains, mobiles et réversibles. Voici une nouvelle théorie qui révolutionne le savoir. Le lendemain elle est déclarée inepte, dépassée, controuvée. En particulier dans cette discipline si prestigieuse de l'astrophysique, admirable élancée de l'esprit dans l'immensité de l'univers, bouillonnement impressionnant de thèses, d'antithèses et d'hypothèses qui ravissent l'esprit, lui font espérer les... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 décembre 2016

"Le SOLEIL a la GRANDEUR d' un PIED d' HOMME" : HERACLITE

  Heinz Wismann nous dit ceci : imaginez Héraclite couché tout du long dans l'herbe à révasser. Surgit un importun qui lui demande : "Quelle est la grandeur du soleil ?" C'est une question classique à l'époque et les savants rivalisent d'ingéniosité, multipliant les hypothèses théoriques. Héraclite se contente de relever la jambe, de dissimuler le soleil avec son pied, et de répondre :" Le soleil a la grandeur d'un pied d'homme". C'est évidemment une facétie. Héraclite aimait déjouer le sens des questions, se jouer du... [Lire la suite]
14 décembre 2016

Du DEUX et du MULTIPLE : Démocrite

Deux, cela peut s'entendre comme le second nombre de la série indéfinie des nombres (1,2,3,4 etc) - et nous voilà dans le multiple - o,u comme le second terme de la dyade métaphysique : bien et mal, attraction et répulsion, Eros et Thanatos, Dieu et diable, juste et injuste, masculin et féminin, etc Il ne suffit pas de dénoncer le sortilège de l'Un (voir l'article précécent) car nos métaphysiciens retors, concédant la nécessité du Deux, mettront tout en oeuvre pour inventer un principe supérieur, tirant de leur chapeau quelque... [Lire la suite]
13 décembre 2016

CONTRE le SORTILEGE de l'UN

  Mon adversaire philosophique personnel, celui que je combattrai jusqu'au dernier jour de ma vie, c'est le fétichisme de l'Un. De là viennent tous les maux du monde : Un dieu, Un Etat, Une Vérité, et tant qu'à faire, Un seul sexe, universel et omnipotent. Cela est bien ridicule, et contraire à la première observation venue qui n ous montre partout la diversité insommable, la contrariété, le multiple "ondoyant et divers" - en précisant que dans l'ancienne langue "divers" signifie moins la multiplicité pure que la contrariété :... [Lire la suite]
09 décembre 2016

Du CORPS DECALE : l'effondrement symbolique

  Je m'extraie péniblement du marasme de ces derniers jours, lequel m'a été à demi supportable à la faveur du dernier ouvrage d'Alain Badiou, non que je puisse le suivre dans ses ultimes recommandations politologiques, mais de ce qu'il ouvre de vraies perspectives en questionnant le statut de la jeunesse aujourd'hui. Il faudrait une longue analyse de ses thèses, mais je me bornerai ici à introduire une nouvelle catégorie à la suite des trois formes du corps contemporain qu'il repère : le corps perverti, le corps sacrifié et le... [Lire la suite]