09 mars 2018

DESIR et JOUISSANCE : Lucrèce

  C'est peu de dire que Lucrèce, en son De Natura Rerum, peigne les illusions de la passion amoureuse : bien mieux, il décrit l'impasse du désir et de la jouissance. "Morsures, aiguillons, blesser, brasier, arracher, combat ..." - un vocabulaire guerrier pour dépeindre "la fureur", "la violente ardeur" qui consume l'homme  en proie au désir, qui, désespérant d'atteindre "sa proie" s'acharne en vain sur le corps de la belle, et ne pouvant la saisir toute, toute entière à la fois, "erre incertain sur le corps tout entier".... [Lire la suite]

08 mars 2018

Des CONDITIONS de la PENSEE

  Le printemps s'avance dans les branches... Il fut un temps où je me battais pour des idées. Je m'exaltais, je me fâchais, je ruais, je fumais. Cela n'est plus. Il faut laisser aux idées la place qui leur revient, rien de plus, rien de moins. Cela ne signifie pas que je m'abandonne aux sentiments. Si le senti-ment comme dit l'autre, il ne ment pas toujours : il dénote une présence au monde et à soi qui n'est pas négligeable, un certain réel malgré tout. Si je souffre il est bien vrai que je souffre, même si cette souffrance a... [Lire la suite]
23 février 2018

DESCENDRE dans l' ANTIQUE CHAOS

  Un ami cher me communique cette phrase de Wittgenstein, qui m'interpelle fortement : "Quand on philosophe il faut descendre dans l'antique Chaos et se trouver bien là". Je voudrais analyser lucidement ce que cette idée provoque en moi : de la séduction, et de la terreur. Séduction, en ce que cette idée est éminemment juste, car, qui, en dehors du philosophe, peut envisager de se risquer dans ces abysses-là ? Déjà Démocrite avait donné le ton : "La vérité est dans l'abîme". L'abîme de Démocrite est-il identique au Chaos ?... [Lire la suite]
22 février 2018

DESCENDRE dans l'ANTIQUE CHAOS (2)

  C'est une question que me pose le même ami d'hier : pourquoi le Chaos intérieur serait-il si périlleux ? Ne peut-on envisager que, tout au contraire, descendre dans les profondeurs apporte sérénité, paix, sentiment d'existence et de continuité ? N'est-ce pas là le bienfait de la relaxation, voire de la méditation ? Et j'avouerai sans peine que j'ai bien connus de tels états, que je les connais encore, qu'il me suffit bien souvent de m'asseoir sur un banc, et, toutes affaires cessantes, de me laisser voguer et flotter pour... [Lire la suite]
21 février 2018

DESCENDRE dans l'ANTIQUE CHAOS (3)

  Encore un mot sur la phrase de Wittgenstein: "descendre dans l'antique Chaos...". Pourquoi antique ? N'est-il pas de tous les temps, d'avant le temps, et d'après ? Mais selon la structure native de notre esprit nous ne pouvons le penser qu' "antique". Et puis ce sont les Grecs qui l'ont posé avec une netteté imparable à l'origine du monde, des dieux et des hommes. "Au début était Chaos...". Les dieux vinrent bien plus tard, issus d'obscures copulations des premiers principes. Et bien plus tard, enfin, l'ordre établi par Zeus,... [Lire la suite]
20 février 2018

PHILOSOPHIE et MEDECINE

  Longtemps philosophie et médecine ont marché main dans la main. Aristote était médecin. On lui doit un traité sur les troubles de l'humeur : "L'homme de génie et la mélancolie" - encore que l'attribution à Aristote soit contestée, mais cela ne change rien à l'essentiel. Démocrite réfléchit sur les variations de la sensibilité, proposant l'euthymie comme régle de vie : c'est un voeu pieux si on n'accompagne pas la notion d'une thérapeutique efficace. Epicure prône l'aponie - l'absence de douleurs - pour le corps, et l'ataraxie... [Lire la suite]

19 février 2018

La PHILOSOPHIE est-elle thérapeutique ?

  Notre ami Frédéric (clic) s'est armé du bâton de la vérité pour vilipender les marchands de "vie philosophique", nouvelle mouture de la récupération médiocratique universelle. Je dis "universelle" car ces gens- là ont le génie de reconvertir en prêts-à porter tout terrain, sans autre scrupule, tout ce qui se fait laborieusement dans les laboratoires de la pensée. Le plus difficile, ce qui s'est constitué avec patience, peine et travail, miraculeusement, instantanément, devient comestible : il suffit de lire, puis... [Lire la suite]
15 février 2018

Le TEMPS est un ENFANT qui JOUE - Héraclite

  "Le Temps est un enfant qui joue en déplaçant des pions : royauté d'un enfant" Héraclite fragment 52, traduction de Marcel Conche. Dans ce fragment il est question de l'Aïon, et non de Chronos. Chronos est le temps limité par la mort, ou le temps d'une génération : "la génération égale à trente ans, temps (chonos) dans lequel celui qui a engendré voit celui qui a élé engendré par lui engendrer à son tour" (fragment 19 a). Chronos détermine les étapes et la limite de la vie ; c'est le temps des êtres vivants, nymphes, hommes... [Lire la suite]
13 février 2018

POUSSIERE - fantaisie

  Voici un petit bijou, trouvé dans "Le sourire du Tao" de Lawrence Durrell, page 68 : "Le poète est quelqu'un que la mort ne peut surprendre car il l'habite déjà en imagination, grâce à ses poèmes". Je ne puis savoir en quel sens l'auteur entend cette maxime, mais elle résonne en moi comme une voix familière. Poétiser c'est voir, entendre, goûter les choses sous l'angle de l'éternité, laquelle ne signifie pas que les choses soient figées dans leur être, immuables et impérissables, tout au contraire elles ne font que passer,... [Lire la suite]
12 février 2018

DES LIVRES, fantaisie

  Je suis un lecteur cabochard. J'entreprends beaucoup de livres, j'en finis très peu. Ma bibloithèque est bourrée de livres que j'ai à peine effleurés, délaissés après quelques pages. C'est qu'ils promettent beaucoup, et tiennent rarement. Voici un propos qui n'en finit pas de tergiverser, et puis un autre qui ressasse, et un troisième qui languit. J'aime que l'on aille directement au vif du problème, que l'on expose peu, que l'on ratiocine moins encore, et que la thèse, et sa conclusion, apparaissent vite et bien, vifs et... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:20 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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