13 mars 2017

FAUTE et CULPABILITE

  Etymologiquement, la culpabilité c'est la "fautivité" - terme qui manque à notre vocabulaire, et qui éviterait des confusions. Culpa c'est la faute, et "battre sa coulpe" c'était reconnaître avoir fauté. D'où il suivrait que la culpabilité est la marque subjective de la faute, le sentiment pénible qui accompagne ou suit le manquement à un devoir, ou la transgression d'une norme sociale ou morale. Mais le rapport entre faute et culpabilité n'est pas automatique. Si l'on distribue les rapports possibles entre les deux notions on... [Lire la suite]

08 mars 2017

De l' INEVITABLE et de l' IMPOSSIBLE : Cratès le Kunique

  Dans une lettre attribuée à Cratès le Kunique, disciple de Diogène, on trouve ce passage digne d'être relevé ("Les cyniques grecs", Babel) "...ne pas chercher à fuir l'inévitable ; car en voulant fuir ce qu'on ne peut fuir, on tombe inévitablement dans le malheur, et en aspirant à l'impossible, on court inévitablement à l'échec. (...) Nous connaissons l'angoisse, nous les hommes, quand nous souhaitons vivre une vie sans vicissitudes. Or c'est du domaine de l'impossible, parce qu'il est inévitable de vivre avec un corps,... [Lire la suite]
07 mars 2017

Du RATAGE FECOND

  Il existe deux sortes de ratages : le ratage stérile et le ratage fécond. Il est stérile s'il n'est suivi d'aucune prise de conscience, d'aucune réflexion rétrospective, d'aucun amendement personnel. Il n'est alors que le maillon supplémentaire d'un éternel recommencement, la marque obtuse d'une répétition sans clinamen. Expression vide d'une névrose de destin, où le sujet s'échine à manquer éternellement une cible qui revient toujours à la même place. Cela devrait interroger. Pourtant le sujet s'obstine encore et encore. Il... [Lire la suite]
06 mars 2017

Du "PIEUX MENSONGE"

  Les grandes traditions, pour arracher l'esprit aux séductions de l'immédiat et aux attachements infantiles, utilisent la technique du "pieux mensonge", en faisant miroiter des perspectives séduisantes, des lendemains enchanteurs, lesquels ont pour effet de stimuler le désir et de l'orienter dans de nouvelles directions. C'est une technique à double tranchant, car l'impétrant, après avoir fait un long voyage, peiné à travers les broussailles, les ravines et les déserts, peut se retrouver fort dépourvu au regard du nouveau... [Lire la suite]
03 mars 2017

Des MAITRES

  Je n'ai pas de maître. Depuis longtemps je me suis entouré de philosophes et de poètes, presque tous décédés, dont je me sens l'ami, mais qui ne peuvent évidemment répondre à ce don d'amitié. Ce qui en fait une amitié à sens unique, très étrangère au principe d'amitié qui suppose la réciprocité, et, en sus, une certaine égalité. Je sais qu'il existe certaines associations, comme "Les amis de Montaigne" et autres, mais je n'ai jamais, sérieusement, envisagé d'en faire partie. Mon amitié est toute particulière et privée, et... [Lire la suite]
01 mars 2017

FILIATIONS et RUPTURES

  Il est plus que vraisemblable qu'Epicure ait fréquenté divers philosophes dans sa jeunesse, et que l'influence la plus nette qu'il ait subie soit celle des oeuvres de Démocrite, qui l'auraient engagé définitivement à philosopher. Pourtant il se présente lui-même avec fierté comme un autodidacte qui aurait tiré de sa seule substance l'essentiel de sa pensée. Symboliquement il tire un trait sur le passé, il coupe la chaîne de la filiation, se sépare de tous les "pères", pour s'engager dans une voie éminemment personnelle. Il y... [Lire la suite]

28 février 2017

"CHAOS sive NATURA" : Nietzsche

    Considérant l'ordre astral dans lequel nous vivons, ce petit coin de galaxie où a pu apparaître cette exception qu'est l'organique, on peut être tenté de croire que l'ensemble de l'univers présente un ordre général, d'y projeter notre besoin de sens, et de former de belles idées anthropologiques telles que l'harmonie ou la finalité. Or, écrit Nietzsche, "le caractère du monde est au contraire celui d'un chaos éternel, non du fait de l'absence d'une nécessité, mais du fait d'une absence d'ordre, d'enchaînement de... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
27 février 2017

EPICURIEN et STOICIEN : Nietzsche

  Examinant en médecin la "constitution" originale de l'épicurien, son idiosyncrasie singulière, Nietzsche diagnostique une sensibilité extrême aux aspérités, aux aléas de l'existence, une irritabilté nerveuse qui le contraint à se resserrer sur l'essentiel, à tourner de dos à bien des aspects de la vie sociale qui menaceraient son équilibre. Par nature il rejette des excitants, les stimulants violents, les sources multiples de perturbation, afin de se protéger, de se bâtir un cosmos harmonieux, une citadelle contre l'insécurité... [Lire la suite]
24 février 2017

L' EPICURIEN et le CYNIQUE : Nietzsche

  Voici un beau texte de Nietzsche qui vient clore avec bonheur une suite de réflexions récentes sur ce blog : "L'épicurien se sert de sa grande culture pour se rendre indépendant des opinions régnantes ; il s'élève au dessus de celles-ci, tandis que le cynique se cantonne dans la négation. Il se promène comme par des allées de douce pénombre, bien protégées à l'abri des souffles, tandis que sur sa tête mugissent dans le vent les cimes des arbres, qui lui trahissent de quelle violence le monde est agité au dehors. Le cynique,... [Lire la suite]
23 février 2017

Du RIRE RABELAISIEN

      "Amis lecteurs qui ce livre lisez,      Dépouillez-vous de toute affection,      Et, le lisant, ne vous scandalisez :      Il ne contient mal ne infection.      Vrai est qu'ici peu de perfection      Vous apprendrez, sinon en cas de rire ;      Autre argument ne peut mon coeur élire,      Voyant le deuil qui vous mine et consomme :      Mieux est de ris que de larmes écrire  ... [Lire la suite]