23 octobre 2012

De la "VRAIE VIE"

          « La vraie vie… ». Mais existe-t-il de fausses vies ? Tout ce qui est vécu, quelle qu’en soient la  nature ou la qualité est, d’une certaine manière, vrai, existant, irréfutable. Le crime est vrai autant que la bonté, et la violence et l’abjection. La vie ne relève pas de la vérité mais de la réalité. Dites à un malfrat qu’il se trompe de vie, il vous rira au nez. Au nom de quoi jugeons-nous le prochain, nous qui ne savons  pas même ce qui nous fait agir. Que le tribunal... [Lire la suite]
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22 octobre 2012

DU VIVRE

        Vivre échappe de sa nature à toute spéculation, à tout effort de représentation. Cela – le vivre en sa radicale fluence - glisse en dehors des filets du langage, se déverse de toutes parts, ne fait jamais système, ne se range à aucun dogme. Impossible de savoir, de prévoir et de pouvoir. Tout ce que nous en pensons n’est qu’effet d’imagination, illusion de maîtrise, rétrospection et reconstruction.  Je veux entreprendre la rédaction d’un texte, j’en définis les grands traits, et voilà que dès les... [Lire la suite]
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16 octobre 2012

Du RISQUE de la PENSEE : parrhèsia démocritéenne

          Démocrite écrit : "Le signe propre de la liberté est la liberté de parole, mais le risque est dans le choix du moment". Marcel Conche remarque ("Le fondement de la morale" p 72) que ce court texte condense, avec ses quatre termes canoniques, les fondements de la pensée grecque. Eleutheria : la liberté, conçue au départ dans sa dimension politique et citoyenne, appliquée plus tard à l'éthique dans les diverses écoles de philosophie : libre examen de toutes les questions touchant à l'univers, aux... [Lire la suite]
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10 octobre 2012

PLAISIR et SANTE : EPICURE et WINNICOTT

        « Nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. Car c’est lui que nous avons reconnu comme le bien premier et connaturel, c’est en lui que nous trouvons le principe de tout choix et de tout refus, et c’est à lui que nous aboutissons en jugeant tout bien d’après l’affection comme critère ». (Epicure, Lettrre à Ménécée, 132, traduction Conche). On a souvent mal compris ce passage en croyant y voir une incitation à la luxure et à la jouissance illimitée. Mais le... [Lire la suite]
09 octobre 2012

PARRHESIA EPICURIENNE

        « Parrhèsia gar egogè …». « Pour ma part je préférerais, usant de la liberté de parole de celui qui étudie la nature (physilogia), dire prophétiquement les choses utiles à tous les hommes, même si personne ne devait me comprendre, plutôt que, en donnant mon assentiment aux opinions reçues, récolter la louange qui tombe en abondance, venant des nombreux ». Epicure, sentence vaticane, 29, traduction Marcel Conche). Parrhèsia épicurienne : l’utile est une valeur. Il est utile de... [Lire la suite]
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08 octobre 2012

ETHIQUE du DIRE : PARRHESIA

            Notre vie se passe en bavardages. Eh quoi ! Que faire d’autre si ce n’est bavarder, bavasser, palabrer, gloser, vaticiner, si l’on met à part le temps consacré aux nécessités de la production sociale, du divertissement, de la vie domestique et du sommeil ? Il reste bien peu de chose, et cela est encore trop, semble-t-il, puisqu’on s’acharne à gaspiller en nullités et futilités le plus précieux de la vie. Je sais peu de personnes pour qui la conversation soit autre chose qu’un... [Lire la suite]

05 octobre 2012

Le TEMPS IMMENSE : de l'imagination

        "Le temps immense". Cette belle expression de Jung,  je la fais mienne. Elle me parle au cœur, elle m’exalte comme un vin jeune et vif. Elle réveille en moi de fortes imaginations d’enfant, de sublimes et indéracinables émotions, de belles rêveries qui bercèrent mes longues heures d’ennui et de langueur, alors que je mourrais à petit feu dans la salle de classe surchauffée, et que dehors la vie  brillait dans la lumière. J’aimais évoquer les vieilles civilisations disparues, je courais le... [Lire la suite]
04 octobre 2012

PROGRAMME de PRATIQUE EPICURIENNE

              Me voici, après tant de mois de recherches et d’expérimentation,  en état de définir à grands traits les principes d’une pratique épicurienne qui prenne en compte les éléments d’une quadruple synthèse : les trois niveaux somatopsychiques, la conjonction du philosophein et du symphilosophein, les trois dimensions de l’éthique et l’articulation du temps rétréci et du temps immense. Il me semble indispensable de penser ensemble ces éléments, sans  en négliger aucun,... [Lire la suite]
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02 octobre 2012

VIVRE et PENSER

            « Penser sa vie, vivre sa pensée ». Cette formule est séduisante, mais a-t-elle consistance de vérité ? J’en doute fort. Passe encore pour la seconde partie de la phrase, mais la première ? Que signifie penser sa vie ? On pense certes à sa vie, mais pense-t-on sa vie ? Et que signifie ici « la vie » ou « sa vie » ? La vie est toujours quelque chose de passé, si j’y pense, car il est bien difficile, voire impossible de penser dans le... [Lire la suite]
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28 septembre 2012

De la PULSION de SAVOIR

          Une bien étrange passion. « Cupido cognoscendi », que les Médiévaux rangeaient au nombre des passions funestes. Je ne pense pas que cette « cupidité » soit le lot de tous les hommes. Ceux qui en sont les victimes consentantes se promettent des jours difficiles. Freud estimait que la connaissance, qui est libératrice d’un côté, se paie trop cher, impliquant d’énormes sacrifices, dont le bénéfice est des plus discutables.  Mais celui qui est disposé à ne pas se satisfaire... [Lire la suite]