17 décembre 2012

De la RUPTURE SYMBOLIQUE : La LETTRE à LORD CHANDOS

        Que se passe-t-il lorsque le langage se dérobe, que le sujet se trouve soudain privé de l'usage des mots, que les mots semblent soudain vidés de toute substance, glissant, inodores et déqualcifiés, à la surface des choses? L'habitude, cet écran souverain qui nous permet en temps normal d'user librement et confortablement du langage, qui nous met à distance du réel, ne fonctionne plus, ni la logique ordinaire, ni le sentiment de maîtrise, et alors le monde semble pris de folie, les choses se mettent à... [Lire la suite]

14 décembre 2012

LETTRE aux AMIS

        Chers amis,   J'apprends avec étonnement que la lecture de mes dernières chroniques vous a plongés dans l'inquiétude. Vous croyez y déceler un malaise profond, un taedium vitae, une lassitude, un dégoût de l'existence, en bref, les signes patents de la dépresssion. Votre sollicitude me touche : j'y vois la marque de l'amitié que vous me portez, s'il est clair que ce qui arrive à l'ami nous arrive, et nous affecte au plus proche. Mais aussi votre inquiétude me trouble, et m'étonne, et m'inquiète :... [Lire la suite]
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12 décembre 2012

D' un DEPOUILLEMENT PROGRESSIF

      Se promenant dans un cimetière le philosophe demande aux trépassés s'ils souhaiteraient, à supposer que cela soit possible, de revenir à la vie. Considérant la somme de douleurs qu'il leur faudrait assumer dans cette nouvelle existence, les morts refuseraient d'un bloc, estimant le néant infiniment supérieur. Cet apologue de Schopenhauer m'a toujours laissé songeur. Je ne doute pas, quant à moi, que bien des personnes, à l'image d'Achille dans Homère, préféreraient mille fois la vie, fût-elle d'un humble... [Lire la suite]
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11 décembre 2012

La CAUSE PROCHE - de l'ignorance et du sansara

          La cause proche c’est l’ignorance. En effet c’est elle qui sous-tend les constructions mentales, les désirs, les volitions, les représentations, « le monde » tel qu’il est senti, perçu, pensé par ce qu’il est convenu d’appeler un sujet. Cette cause proche est plus efficiente, plus effective que les deux autres couramment citées, la soif et l’aversion. C’est l’ignorance qui rend compte de la puissance, aisément reconnaissable, de la soif et de l’aversion. Progresser, dans l’analyse,... [Lire la suite]
10 décembre 2012

Du DEVOIR-VIVRE

        Je glisse tout doucement, selon la pente de ma destinée. Est-il bien nécessaire de s'accrocher, quand tout glisse et se défait? Et ce qui se produit de neuf glisse tout autant. Schopenhauer a décrit la puissance du vouloir-vivre, y voyant l'essence de toute chose. C'est peut-être vrai. Mais on n'a pas suffisamment réfléchi sur le Devoir-vivre, cette injonction sociale et morale, universelle et totalitaire, de persévérer dans l'être, de continuer à vivre, envers et contre tout, jusque dans les pires... [Lire la suite]
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07 décembre 2012

La ROUE du SANSARA : de l'ENCHAINEMENT CONDITIONNEL

        Mon rêve de cette nuit me sollicite...J'étais une fois de plus en classe, avec des élèves dissipés, à tenter de faire saisir l'intérêt existentiel de la philosophie. Peine perdue, et comme mille autres fois, dans ce rêve désespérement "étrange et pénétrant", mille fois recommencé, je me retrouve seul avec ma persistante ardeur, mon incompréhensible acharnement. Car si j'avais le moindre bon sens je m'abstiendrais de rêver, ou, à défaut, je ferais des rêves folâtres et pipiesques! Hélas nous ne décidons... [Lire la suite]

05 décembre 2012

De la "FIN du MONDE" : SCHOPENHAUER et BOUDDHA

      Voici la grandiose conclusion du "Monde comme Volonté et Représentation" de Schopenhauer : "Nous autres nous allons hardiment jusqu'au bout ; pour ceux que le vouloir-vivre anime encore, ce qui reste après la suppression  totale du vouloir, c'est effectivement le néant. Mais, à l'inverse, pour ceux qui ont converti et aboli le vouloir, c'est notre monde actuel, ce monde si réel avec tous ses soleils et toutes ses voies lactées, qui est le néant". La représentation cache la vérité du vouloir, obscurément... [Lire la suite]
04 décembre 2012

De la DESIDENTIFICATION RADICALE : BOUDDHA

        Dans un de ses discours, le plus redoutable peut-être, intitulé "La cause originelle", Bouddha expose les diverses étapes d'une totale et radicale désidentification. Le but de la démonstration est clair : l'homme s'attache à toutes sortes de représentations, s'identifie à elles pour y fonder son existence subjective, s'y maintenir dans l'être, quels qu'en soient par ailleurs les souffrances et les déboires. Seul celui qui est passé par le "grand dégoût", qui a mesuré la puissance de l'illusion et brisé... [Lire la suite]
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03 décembre 2012

Du MOI et de la TRANSMIGRATION : qui transmigre?

        Comment concilier la théorie de l'anatta (la non substantialité du sujet) avec la perspective sans cesse réaffirmée de la renaissance dans le cycle du sansara? S'il n'existe pas vraiment du sujet individuel, si le sujet est un composé d'agrégats fluides et impermanents, qui donc renaît et transmigre, jusqu'au jour béni de la libération? Cette contradiction, flagrante pour un Occidental, ne semble pas avoir troublé particulièrement les Bouddhistes, s'il est patent que la théorie du Maître s'est conservée... [Lire la suite]
30 novembre 2012

De l'AUTOMATISME PSYCHIQUE : le SAMSARA

            Le samsâra c’est le cycle interminable de la naissance et de la mort dont l’Oriental aspire à se délivrer. Pour nous cette conception métaphysique est pour le moins obscure, voire absconse. Mais nous pouvons la mieux comprendre en examinant très prosaïquement le fonctionnement psychique, sitôt que nous acceptons de considérer les mécanismes de répétition qu’un Freud par exemple avait repérés, et qui causent tant de dommages. Répétitions d’échecs, (« Comment réussir à échouer »... [Lire la suite]