23 février 2017

Du RIRE RABELAISIEN

      "Amis lecteurs qui ce livre lisez,      Dépouillez-vous de toute affection,      Et, le lisant, ne vous scandalisez :      Il ne contient mal ne infection.      Vrai est qu'ici peu de perfection      Vous apprendrez, sinon en cas de rire ;      Autre argument ne peut mon coeur élire,      Voyant le deuil qui vous mine et consomme :      Mieux est de ris que de larmes écrire  ... [Lire la suite]

22 février 2017

De la SOUFFRANCE

  La souffrance est le fait de supporter. C'est la leçon de l'étymologie : subferre, porter sous. D'où subir. Et par extension : douloir. Malheureusement le verbe douloir (dol, douleur, deuil) est tombé en désuétude, si bien que je ne puis dire : je deuls, et je me rabats sur : je souffre. Ce qui entraîne la fâcheuse identification de la souffrance à la douleur. Pourtant la souffrance n'est pas forcément douleur. "Souffrez, Madame, que je vous baise la main!" - Bien des dames aimeraient volontiers que l'on leur parle ainsi ! ... [Lire la suite]
21 février 2017

De la DOULEUR

  La douleur est un mal, d'abord parce qu'elle fait mal : c'est une effraction qui compromet momentanément ou durablement l'unité de l'organisme physicopsychique. Ainsi d'une bessure, d'un choc, d'un événement, qui déchirent la peau sensible du corps et du moi - car dans cette affaire il est bien douteux que l'on puisse séparer le corps et le moi, tant il est vrai que le moi est avant tout "l'idée du corps", sa perception sensible et psychique. Voyez comment l'enfant, lors d'une petite blessure du doigt, se sent comme emporté... [Lire la suite]
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20 février 2017

EPICURE MEDECIN

  Il me semble tout à fait impropre de parler d'une "morale" épicurienne. Le discours d'Epicure n'est pas moral, mais médical. Il déclare expressément que la philosophie est "la médecine de l'âme", que c'est là sa raison d'être, et que le projet du philosophe est de combattre la souffrance : "aponie", absence de douleur physique, laquelle relève de la médecine des corps, et "ataraxie", absence de troubles dans l'âme, qui relève de la philosophie. Que les moyens qu'il propose - en un temps où n'existait pas encore la chimie... [Lire la suite]
15 février 2017

GLOIRE au VATICAN PAIEN

  Le Vatican, temple du paganisme ? Voilà qui surprendra, je l'espère. Jugez plutôt : c'est bien dans les fonds de caisse de cette noble institution que l'on découvrit, voilà quelques décennies, une suite de sentences, dont l'auteur était manifestement Epicure, ou au pire, un de ses plus proches collaborateurs. Epicure au Vatican, lui le honni, l'ennemi, le sans-dieu, sans morale, vulgaire, obscène, qui accueillait des courtisanes dans son école, déclarait que le plaisir est le Souverain Bien, bref, le pourceau ! On se demande... [Lire la suite]
14 février 2017

AUTARCHEIA et APATHEIA : DIOGENE le CHIEN

  Poursuivant mes lectures exégétiques sur le Kunisme, je lis ceci (DL, VI, 38) :                  "Sans cité, sans maison, privé de patrie                  Mendiant, vagabond, vivant au jour le jour" - telle pourrait-être la devise de Diogène et de ses successeurs. Mais le but de tout ceci ? L'Autarcheia, la vertu de se gouverner soi-même par soi-même, sans dépendre du dehors, ou du moins le moins possible : donc réduire ses besoins,... [Lire la suite]

10 février 2017

De la CERTITUDE : du "il y a" et de la mortalité

  "La philosophie est une activité (energeia) qui par des discours et des raisonnements nous procure la vie heureuse". Activité de pensée qui agit par discours et raisonnements. Le discours est la mise en forme de la vérité, son exposition raisonnée, comme fait Epicure dans la Lettre à Hérodote qui présente le système du monde, ou comme dans la Lettre à Ménécée qui donne un exposé de la méthode du bonheur. Les raisonnements (logismoi) sont plus importants encore, c'est par eux que la connaissance peut se fonder sur le réel comme... [Lire la suite]
07 février 2017

DU COMIQUE

  Il faut avoir le sens du comique ! C'est encore ce qui nous sauve quand tout semble virer au dérisoire, ou à la dériliction. Il y a un degré dans la mauvaise foi, ou dans le mensonge, qui par son excès même, opère un renversement, par où le comique fait exploser la scène. Comique et tragique communient à la même source, contrairement aux apparences, et ne diffèrent que par le pathos. Au total il vaut mieux rire que pleurer, cela dilate les artères et ventile abondamment les poumons.  L'époque présente ne prête guère à... [Lire la suite]
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06 février 2017

DU SECRET et du KARMA

  Voici une sentence d'Epicure (Sentence Vaticane, 70) qui semble miraculeusement destinée à illustrer certains faits contemporains : "Puisses-tu ne rien faire dans ta vie qui te causeras de la crainte si cela est connu du voisin !". Reste qu'elle a une portée générale, valable en tout temps et en tout lieu. Il est possible, un certain temps, de dissimuler la prévarication et le mésusage des bien publics, mais nul ne peut espérer échapper à jamais à la justice, ou à la sanction publique. Toute action porte en elle-même sa... [Lire la suite]
03 février 2017

"LA MORT N EST RIEN PAR RAPPORT A NOUS"

  "La mort n'est rien par rapport à nous", cela signifie qu'elle est absolue, qu'elle ne laisse rien subsister de ce que nous fûmes, qu'elle est constitutivement un non-rapport. Quans elle est, nous ne sommes plus. C'est ou tout l'un, ou tout l'autre : pas de vie dans la mort (donc pas de survie, sous nulle forme), pas de mort dans la vie. De là une double figure du malheur. Dans l'une on croit ne pas mourir tout à fait, on fantasme des formes de vie dans l'au delà, on imagine un tribunal funèbre qui châtiera les fautes ou élira... [Lire la suite]
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