12 janvier 2017

QUI SE RACONTE DES HISTOIRES ?

  Ce qu'on appelle le moi pourrait s'interpréter comme la somme des histoires que se raconte un sujet. Histoires intimes, histoires du passé et du présent, projections imaginaires vers un avenir inconnaisssable, histoires d'amour, de haine et de vengeance, de bonheurs arrachés, de malheurs ruminés, de traumatismes au long cours, de rêveries languissantes ou agitées, histoires interminables, histoires à n'en plus finir... Jusqu'au dernier jour de la vie, jusqu'au dernier souffle, le moribond rêve encore, s'acharne encore à rêver,... [Lire la suite]

10 janvier 2017

COMMENT LIRE les PHILOSOPHES

  Il y a deux manières de lire. La première consiste à écouter soigneusement le texte, à étudier les rapport entre les diverses thèses, à chercher le fondement de l'oeuvre, sa logique interne, voire à débusquer le secret de sa naissance et de son développement. Le lecteur se met entre parenthèses, autant qu'il est possible, pour lire exactement ce qui est, sans y ajouter de son crû, ou en retirer. C'est l'idéal universitaire, ou celui du philologue. Apprendre à lire est un moment nécessaire de toute formation. Il faut en passer... [Lire la suite]
06 janvier 2017

HADES et DIONYSOS : Héraclite

  "Mais c'est bien le même que Hadès et Dionysos... ". Hadès est le dieu des morts, ou le séjour des morts. Déclarer qu'il est le même que Dionysos est d'abord perçu comme une provocation, un renversement proprement stupéfiant, voire hérétique. Dionysos n'est-il pas le symbole de la vie luxuriante, affranchie de toutes normes et tutelles, débordante de vitalité, qui emporte les Ménades, les Bacchants et les Bacchantes dans une ivresse déchaînée, vers les montagnes, les forêts sauvages, pour y célébrer, dans l'ensauvagement, les... [Lire la suite]
05 janvier 2017

De l' AMBIVALENCE et de la CONTRARIETE

  Aux commentaires avisés de plusieurs lecteurs, que je remercie au passage, je voudrais apporter ci-devant un modeste addendum :   En latin "altus" signifie aussi bien haut que profond. "Sacer" : saint, vénéré, auguste, mais aussi : maudit, exécrable. Le pharmakon, en grec désigne le poison aussi bien que le remède. On pourrait multiplier les exemples. D'un point de vue logique c'est incompréhensible : depuis Aristote, nous sommes attachés au principe d'identité : A=A, et encore : A ne peut être en même temps et sous le... [Lire la suite]
04 janvier 2017

L' ARC et la LYRE : Héraclite

  Je m'essaie à suivre Héraclite dans les sentes abruptes de sa pensée. Parfois je suis ébloui par une intuition soudaine, à rebrousse-poil, qui déroute la représentation, oblige à tourner le regard, non certes selon la logique surannée de la "conversion", mais sur le mode impromptu, imprévisible, d'une "subversion", regard de biais, comme celui que la mythologie prêtait à Apollon "au regard oblique". Faut-il reppeler qu'Apollon, avant de devenir le dieu policé des arts et de la musique - le dieu à la lyre - était, dans une... [Lire la suite]
02 janvier 2017

VERACITE du PAS-TOUT

  Merci aux amis lecteurs qui me soutiennent dans cette démarche de connaissance, de jugement et de véracité. Ne pouvant être "vrais", à tous égards, au moins efforçons-nous d'être véraces, congruents, authentiques, ce qui déjà est un vaste programme, à peine accessible et praticable. Il n' y a au fond qu'une seule morale - j'hésite même à utiliser ce mot - c'est de s'efforcer soi-même à un dire sur soi qui ne soit pas du semblant, s'il est patent qu'un tel dire n'est en rien praticable dans la vie sociale.  A y réfléchir... [Lire la suite]

01 janvier 2017

Pour un NOUVEL AN : PYRRHON et EPICURE

  A chaque nouvelle année on distribue les bons voeux à la cantonnade. Cela ne mange pas de pain, comme on dit, et puis c'est l'occasion de réchauffer nos amitiés, de souhaiter bonne santé à ceux qui souffrent, de manifester de la sympathie, réelle ou feinte. Pour le reste je m'étonne moi-même d'être si indifférent : l'année qui vient de s'écouler ne me laissera guère de souvenirs, et de celle qui vient je n'attends rien de particulier. Les ans se succèdent, se ressemblent, et tout va comme va le temps. Trop heureux si rien de... [Lire la suite]
31 décembre 2016

DE l' ILLUSION FONDAMENTALE : le "sujet" et le monde

  Plus on découvre moins on voit. Cela pourrait illustrer la véritable nature de la connaissance, son mouvement et sa déconvenue. Mais que diable veut-on voir ? Ce qu'on appelle la science, du moins pour les moins naïfs, devrait se reconnaître là, confirmant les intuitions fondatrices de Démocrite : de ce qui est réellement, nous sommes à jamais loin. Toute avancée génère de nouvelles obscurités. Nous voici ramenés aux fondamentaux : le cerveau reptilien, la faim, la soif, la peur, la fuite et l'agression. Nous sommes des... [Lire la suite]
30 décembre 2016

PROBLEMATIQUE du RENONCEMENT

  Il est difficile de renoncer à quelque chose qui nous tient. Si le renoncement est voulu, il a peu de chance d'être effectif. En ce domaine, comme en beaucoup d'autres, la volonté est de peu de poids face aux inclinations. En fait, la volonté ne devrait être convoquée, comme acte final, qu'au terme d'un processus intérieur, subtil, progressif et quasi invisible par lequel le détachement se fait, lentement, de jour en jour, par degrès, sans que le raisonnement ni la volonté comme telle y aient leur part. Cela se fait, on ne... [Lire la suite]
29 décembre 2016

LE JOUR et la NUIT sont UN

  Voici en quelques mots les résultats auxquels nous sommes parvenus au terme des trois articles précédents : Un sujet (le sujet de l'énonciation) décide de prendre la parole. Il forme une phrase dans laquelle il cherche à exprimer quelque chose. Supposons qu'il veuille se signifier dans l'énoncé : il apparaîtra dès lors comme le sujet de l'énoncé. Mais rien ne garantit une homologie, une correspondance étroite entre le sujet de l'énonciation et le sujet de l'énoncé. Il y a une perte, un défaut, une inadéquation. Nul ne peut... [Lire la suite]