08 novembre 2013

De la VERITE du SUJET

      Il reste, disais-je, le sujet, ce résidu inamovible, principe insaisissable et indéfinissable de la singularité. Et si je regarde les arbres autour de moi, et les chiens, et les nuages, je vois entre eux une irréductible différence, rien que des différences, et je me demanderai même si l'on a quelque raison sérieuse d'isoler de la sorte une généralité appelée "arbre", si nulle part je ne vois quelque chose qui serait l'arbre en général. Chacun de ces nobles végétaux a su se développer selon son style propre,... [Lire la suite]
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06 novembre 2013

De la DESILLUSION

    Quand on est revenu de toutes nos illusions, quand tous nos espoirs de vie intense et tropicale se sont envolés, que reste-t-il? La plate monotonie de la vie quotidienne, la conversation, le petit vin entre amis, le soleil qui se lève et se couche, l'ombre et la lumière, ou, comme disait Rimbaud, une dure réalité à étreindre. Survivre au désenchantement, voilà une dure épreuve. Dans le remarquable film "Les invasions barbares", les personnages, tous anciens soixante-huitards dégrisés, passent en revue la kyrielle de... [Lire la suite]
05 novembre 2013

De l' EXCEDENT PULSIONNEL : dépense et sublimation

    Dans la longue histoire de l'Occident le "moment épicurien" représente peut-être la dernière phase d'équilibre dans un processus général d'intensification, qui des anciennes civilisations respectueuses de la vie naturelle mène par degrés à l'exploitation, à l'"arraisonnement" méthodique et planétaire de la nature. Dans Epicure, pour la dernière fois, l'homme se pense et se propose de vivre dans une relation harmonique et heureuse avec le Tout : le seul projet qui tienne, et qui soit réalisable, c'est de revenir aux... [Lire la suite]
04 novembre 2013

Du SUJET, et du MOI

    Une subjectivité sans sujet? Cela paraît insensé, sauf à préciser : sans sujet substantiel. On peut très bien soutenir ensemble deux propositions apparemment contradictoires, l'une qui pose l'absence de substance constante, immuable et pérenne (Bouddha), l'autre qui admet que la configuration des forces, instincts et pulsions témoigne d'un certain style singulier, d'une composition originale et différente de toute autre, d'une idiosyncrasie particulière, d'une organisation interne que l'on peut appeler "subjectivité" -... [Lire la suite]
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31 octobre 2013

De la BLESSURE, de la FAILLE, et de la VERITE

    Mais la blesssure ouvre sur quoi? Encore une fois c'est chez les Grecs que je trouve la réponse :      "Or donc, tout d'abord, exista Faille, puis par après, Terre Large-Poitrine      Base sûre à jamais pour tous les êtres" (Hésiode, Théodicée 116, 117). Faille traduit Chaos : ouverture, baîllement, hiatus. Elément primordial sans forme ni bord, qui n'est pas un non-être, mais pas davantage de l'être, si ce n'est comme potentialité indéfinie : apeiron (Anaximandre), le sans-limites, ou... [Lire la suite]
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24 octobre 2013

ESTHETIQUE de l' ECART : de la non-jouissance

    "Il y a deux malheurs : satisfaire le désir et ne pas le satisfaire". C'est à peu près ce qu'écrit Oscar Wilde. (je cite de mémoire). On aurait plutôt tendance à penser, de nos jours, dans une société hédoniste, que le seul malheur est de ne pas le satisfaire, ce qui créerait de la frustration, voire une insatisfaction chronique. Pourtant je pense que Wilde a raison. La satisfaction entraîne souvent le pire, comme on voit par l'avalanche de calamités qui se précipitent sur le malheureux. Tel qui remporte le gros lot à... [Lire la suite]

22 octobre 2013

IMAGES de la PHILOSOPHIE

    Lorsque s'achève le processus de déconstruction de la philosophie, qu'en reste-t-il? Une méthode d'investigation, une pratique tenace du soupçon, une liberté, une exigence. Est-ce bien tout, même si c'est déjà beaucoup? C'est oublier une dimension très ancienne, omniprésente chez les bienheureux pères fondateurs, occultée, voire déniée depuis - la dimension poétique. C'est oublier que Héraclite, Empédocle, Parménide sont autant poètes que philosophes, inventeurs de belles images, artistes du verbe, créateurs de formes... [Lire la suite]
21 octobre 2013

De l'ILLUSION AFFIRMATIVE

    Bien comprise en son essence la philosophie est un processus de démolition : sa visée, c'est la déconstruction de toutes les illusions, sans reste. Alors apparaît le fond obscur, l'"abîme" où se résorbent toutes les formes, images et symboles, valeurs, idéaux, constructions mentales, tout l'arsenal pesant de nos représentations. Vacuité disent les Bouddhistes. Apeiron, dirai-je plutôt avec Anaximandre, immensité informe et sans fond, origine absolue. "Contemplez votre visage d'avant la naissance" - mais ce n'est... [Lire la suite]
07 octobre 2013

Du sentiment d'existence (2)

    "D'abord être" - First being - écrit Winnicott. Après vient l'adaptation, la socialisation et le reste. Mais ce qui compte avant tout, et détermine le reste, c'est le sentiment d'existence, cette base d'évidence subjective et intersubjective qui fonde le jeune "être" dans le devenir et la créativité. "Notre théorie présuppose que vivre créativement témoigne d'une bonne santé et que la soumission constitue, elle, une mauvaise base de l'existence" (Winnicott : Jeu et réalité, p 128). La santé, à la fois physique et... [Lire la suite]
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04 octobre 2013

Du SENTIMENT d' EXISTENCE : méditation

    Rousseau sur le lac de Bienne (Rêveries du promeneur solitaire, V) : "Le flux et le reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser". "Me faire sentir avec plaisir mon existence", voilà le mot juste. C'est que le sentiment d'existence est à lui-même sa propre fin, sa précieuse et définitive... [Lire la suite]