05 juin 2013

TOPOS et TROPOS : le lieu et le mode (de la vérité)

    Le Topos c'est le lieu. Quel est le lieu de la vérité? Troublé par la variation infinie, la fluidité insaisissable du sensible - tout glisse, tout passe, rien ne demeure - Platon désigne le lieu de la vérité comme un en- dehors, mieux, un au-delà de toutes les choses apparentes. La vérité, pour se constituer comme telle, exige la permanence, la stabilité, l'intelligibilité. Elle se conquiert par l'activité pensante, la dialectique et la comtemplation des Idées, ces Formes intelligibles et éternelles. Ainsi se construit... [Lire la suite]

31 mai 2013

DU SCEPTICISME : HUME

    "Si nous prenons en main un volume de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous : Contient-il des raisonnements abstraits sur la quantité ou le nombre? Non. Contient-il des raisonnemnts expérimentaux sur des questions de fait ou d'existence? Non. Alors, mettez-y le feu, car il ne contient que sophismes et illusions". David Hume : Enquête sur l'entendement humain, conclusion. Cette violence dans le ton est assez rare chez notre philosophe écossais qui se présente lui-même comme un bon... [Lire la suite]
29 mai 2013

Le MOI : un théâtre d'ombres?

  Hume écrit : "Je peux m'aventurer à affirmer (des hommes) qu'ils ne sont rien qu'un faisceau ou une collection de perceptions différentes qui se succèdent les unes aux autres avec ue rapidité inconcevable et qui sont dans un flux et un mouvement perpétuels ; (...) L'esprit est une sorte de théâtre où diverses perceptions font successivement leur apparition ; elles passent, repassent, glissent sans arrêt et se mêlent en une infinie variété de conditions et de situations. Il n' y a proprement en lui ni simplicité à un moment,... [Lire la suite]
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27 mai 2013

DAVID HUME : le BEAU

    David Hume : dans "Essais sur le bonheur, Les quatre philosophes. "Le sceptique" p 46 et 49,  édition Mille et une nuit : "Il n' y a rien qui soit, en soi-même, beau ou laid, digne d'amour ou de haine, d'estime ou de mépris ; ces différentes qualifications dépendent uniquement des sentiments et des affections de chaque homme en particulier". "La beauté n'est qu'une chose relative qui consiste dans ce sentiment agréable que les objets produisent, et qui existe dans chaque âme d'une manière conforme à sa... [Lire la suite]
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24 mai 2013

Du BEAU - et du DESIR

    J'en étais là de mes réflexions sur le beau, mesurant la vanité de tout effort de définition, lorsque, je ne sais trop pourquoi, je pensai à Hume, et ressentis soudain le désir de relire quelques pages de cet auteur trop oublié. Ce que je trouvai, le voici : toute idée est issue d'une impression qui lui est antérieure ; en conséquence toute idée qui ne dérive pas d'une impression est dénuée de toute signification, comme sont les notions confuses de substance ou d'essence. D'où la méthode généalogique : se demander... [Lire la suite]
22 mai 2013

Du BEAU

    '"Il nous faut honorer le beau, les vertus et les choses de ce genre s'ils procurent du plaisir ; mais s'ils ne le font pas il faut leur dire adieu". (Epicure : "De la fin", cité par Athénée) Le beau est susceptible de procurer du plaisir, et c'est à ce titre qu'il mérite notre considération. Il est subordonné à la fin générale de la "nature" (suivre la voie du plaisir, éviter la douleur), qui préside à l'éthique comme vie bonne et et belle. On remarquera la différence éclatante avec la thèse de Platon qui place le... [Lire la suite]
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21 mai 2013

ELOGE d' EPICURE

      Quand la vie se fait plus difficile c'est toujours à Epicure que je reviens. Quand tout s'effondre je vois en lui un socle sûr qui permet de sauvegarder ce qui vraiment fait valeur. Il y a dans sa vie et sa pensée je ne sais quelle grâce discrète, une saveur de fruit mûr, de vin vieilli, de pampre et d'ombre douce sous les feuillages. "Goûter l'ombre et le frais" disait La Fontaine qui reconnaissait son maître. Se recueillir dans le retrait du jardin, laisser passer les nuages et les furies du siècle. Savoir... [Lire la suite]
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14 mai 2013

De la DETTE IMAGINAIRE

    Le Boddhisatva fait voeu de renoncer au nirvâna tant qu'il restera la moindre brindille qui n'ait atteint la libération. Gageons qu'il attendra indéfiniment. Encore qu'il soit sans doute plus facile à la brindille qu'à l'homme de gagner l'autre rive! Que penser de tous ces esprits qui prétendent sauver le monde? C'est se charger d'une bien lourde tâche. C'est se donner bien de l'importance. L'illimité n'est pas de notre nature. Ceux-là, visant l'illimité, s'attribuent la toute-puissance imaginaire. Je n'aime pas que... [Lire la suite]
13 mai 2013

De la DETTE SYMBOLIQUE

    "Se passer du père à condition de s'en servir". Voilà qui donne de précieuses indications sur la question de la dette qui est un problème majeur dans l'existence humaine. Combien de personnes s'épuisent leur vie durant à éponger une dette d'autant plus écrasante que sa source, sa nature et sa signification échappent à toute conscience? On y verra une illustration du samsârâ, répétition interminable et vaine de processus de réparation qui semblent, au lieu de se réduire, s'intensifier avec le temps, comme si chaque... [Lire la suite]
10 mai 2013

De l'ECART entre IMAGINAIRE et REALITE

  Descartes, dans le "Discours de la Méthode" (troisième partie, sur la morale provisoire) se propose de ne rien désirer à l'avenir qu'il n'acquît, entendons qu'il veut restreindre le désir à ce que son entendement lui présente comme réalisable, excluant tout le reste comme impossible. Remarque sage en apparence, mais  tout à fait irréaliste. Où voit-on que l'entendement suffise à réduire les désirs, à écarter sans conteste ce qui nous charme, nous séduit, nous enrôle dans les appas de l'imaginaire? C'est méconnaître la... [Lire la suite]