30 avril 2015

DU SUJET PHILOSOPHE : SCHOPENHAUER

    On oublie souvent qu'un philosophe, avant d'être un penseur, est un homme. Avec Schopenhauer le statut traditionnel du philosophe se met à chanceler. Lui-même n'a pas longtemps fréquenté l'université, et il s'est plutôt rebellé contre ses maîtres qu'il n'a appris d'eux. Son oeuvre principale est née d'une sorte d'inspiration divine, entre ses vingt-six et vingt-neuf ans. Par la suite il a vainement tenté de faire carrière comme enseignant. Son existence créatrice s'est déroulée dans la solitude et l'indifférence... [Lire la suite]

29 avril 2015

ETHIQUE de l' INESPOIR : SCHOPENHAUER

  "Des sphères brillantes en nombre infini, dans l'espace ilimité, une douzaine environ de sphères plus petites et éclairées, qui se meuvent autour de chacune d'elles, chaudes à l'intérieur, mais froides et solidifiées à la surface, des êtres vivants et intelligents sortis de l'espèce de moisissure qui les enduit - voilà la vérité empirique, voilà le monde". Schopenhauer : Suppléments du "Monde" chap I, début. La vie, les organismes, et la conscience, et l'intelligence, issus de la moisissure ! Et ce produit tardif de la... [Lire la suite]
27 avril 2015

IMMANENCE et VIE CONTEMPLATIVE: Schopenhauer

  Vita contemplativa sans transcendance Dans le "Gai Savoir" Nietzsche annonce avec fracas la mort de dieu. Chez Schopenhauer, bien des années plus tôt, Dieu a discrètement, mais effectivement quitté la scène : nulle  référence au grand absent, qui a laissé vide, définitivement, la place de la transcendance. A-théisme, non sous la forme revendicative et ressentimenteuse des "laïcs", mais le plus tranquillement du monde, un détournement sans pathos, un aller-ailleurs. Pendant que Hegel s'échine à travailler à la... [Lire la suite]
25 avril 2015

NON SAVOIR et REEL : SCHOPENHAUER

  Dans ses Manuscrits Posthumes, Schopenhauer écrit "En vérité, tout ce que nous nous plaignons de ne pas savoir, ne peut sans doute pas être su". Et encore : "Le substrat de tout cela, ce qui veut et connaît, ne nous est point accessible, nous n'avons vue que sur l'extérieur, à l'intérieur tout est obscur". Schopenhauer est de ces penseurs qui ne se font pas d'illusions sur les pouvoirs de la connaissance rationnelle. Il n'a pas la naïveté de croire que par la raison discursive nous puissions parvenir au coeur de la réalité,... [Lire la suite]
24 avril 2015

SCHOPENHAUER, penseur du réel

    "Une philosophie où l'on n'entend pas, entre les lignes, les pleurs et les grincements de dents et le terrible vacarme du meurtre général réciproque, n'est pas une philosophie". (Propos de Schopenhauer lors d'un entretien en 1858) Quoi que l'on pense par ailleurs de notre philosophe, et il faut avouer qu'il est souvent irritant, voire cabochard, il aura été inconstestablement l'immortel penseur qui introduit la catégorie du réel dans notre espace mental. Outre la violence déchaînée de ce monde dont il dresse un... [Lire la suite]
23 avril 2015

ART et CONTEMPLATION : Schopenhauer

    "Si la philosophie est restée si longtemps effort vain, c'est qu'on l'a cherchée (la vérité) sur le chemin des sciences au lieu de la chercher sur celui de l'art". Arthur Schopenhauer. La philosophie occupe une place originale entre science et art. De la science elle tient le souci de présenter les faits dans une solide armature conceptuelle. De l'art elle acquiert l'accès à la contemplation désintéressée. Schopenhauer expose la connaissance dans les concepts, qui permettent la présentation rigoureuse des relations... [Lire la suite]

21 avril 2015

VRAIE ou FAUSSE REPETITION ? - Schopenhauer

    "Eadem, sed aliter " - les mêmes choses, mais autrement, c'est la formule attitrée de Schopenhauer. "Le même" c'est évidemment le vouloir vivre. "Autrement" c'est l'apparence de variété, l'illusion de renouvellement. Sous de nouveaux costumes c'est l'éternelle tragi-comédie de l'existence, l'inchangeable nature humaine, mêmes passions, mêmes intérêts, mêmes déboires et afflictions. Mais on pourrait envisager la chose autrement, et je ne sais trop si Schopenhauer y a songé, mais cela reste résolument dans l'esprit de... [Lire la suite]
20 avril 2015

La POESIE comme CATHARSIS : SCHOPENHAUER

  "S'il se rencontre un vrai poète, il exprime dans son oeuvre la nature intime de l'humanité entière. Tout ce que des millions d'êtres passés, présents et à venir ont ressenti ou ressentiront dans les mêmes situations qui reviennent sans cesse, il le ressent et l'exprime vivement. Ces situations, par leur retour éternel, durent autant que l'humanité elle-même et éveillent toujours les mêmes sentiments". Cette phrase de Schopenhauer convient merveilleusement à la tragédie grecque, dont les ressources sont inépuisables. C'est... [Lire la suite]
17 avril 2015

La FOLIE INTIME

  En cherchant bien, dans toute structure psychique, même chez les individus apparemment bien intégrés et développés, on trouvera un noyau secret de folie intime et privée, qui ne laissera pas d'étonner l'observateur. Le masque n'est jamais suffisamment étanche, il y a toujours un trou par où passe je ne sais quel vent de folie, quelle singularité mal assortie, quelle disposition asociale, ou envieuse, ou colérique, laquelle semble d'autant plus surprenante qu'elle contredit la forme sensible de la personnalité. Il paraît que... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 16:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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12 avril 2015

SCHOPENHAUER : éternel retour du même

    "Voilà les hommes : des horloges ; une fois monté cela marche sans savoir pourquoi ; à chaque engendrement, à chaque naissance, c'est l'horloge de la vie humaine qui se remonte, pour reprendre sa petite ritournelle, déjà répétée une infinité de fois, phrase par phrase, mesure par mesure, avec des variations insignifiantes" Schopenhauer (MVR, p 406) Les "variations" dont parle le texte sont les apparences, les modes, les idéologies, les systèmes politiques, les morales sociales. Tout cela donne l'impression de... [Lire la suite]