01 mars 2017

FILIATIONS et RUPTURES

  Il est plus que vraisemblable qu'Epicure ait fréquenté divers philosophes dans sa jeunesse, et que l'influence la plus nette qu'il ait subie soit celle des oeuvres de Démocrite, qui l'auraient engagé définitivement à philosopher. Pourtant il se présente lui-même avec fierté comme un autodidacte qui aurait tiré de sa seule substance l'essentiel de sa pensée. Symboliquement il tire un trait sur le passé, il coupe la chaîne de la filiation, se sépare de tous les "pères", pour s'engager dans une voie éminemment personnelle. Il y... [Lire la suite]

28 février 2017

"CHAOS sive NATURA" : Nietzsche

    Considérant l'ordre astral dans lequel nous vivons, ce petit coin de galaxie où a pu apparaître cette exception qu'est l'organique, on peut être tenté de croire que l'ensemble de l'univers présente un ordre général, d'y projeter notre besoin de sens, et de former de belles idées anthropologiques telles que l'harmonie ou la finalité. Or, écrit Nietzsche, "le caractère du monde est au contraire celui d'un chaos éternel, non du fait de l'absence d'une nécessité, mais du fait d'une absence d'ordre, d'enchaînement de... [Lire la suite]
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27 février 2017

EPICURIEN et STOICIEN : Nietzsche

  Examinant en médecin la "constitution" originale de l'épicurien, son idiosyncrasie singulière, Nietzsche diagnostique une sensibilité extrême aux aspérités, aux aléas de l'existence, une irritabilté nerveuse qui le contraint à se resserrer sur l'essentiel, à tourner de dos à bien des aspects de la vie sociale qui menaceraient son équilibre. Par nature il rejette des excitants, les stimulants violents, les sources multiples de perturbation, afin de se protéger, de se bâtir un cosmos harmonieux, une citadelle contre l'insécurité... [Lire la suite]
24 février 2017

L' EPICURIEN et le CYNIQUE : Nietzsche

  Voici un beau texte de Nietzsche qui vient clore avec bonheur une suite de réflexions récentes sur ce blog : "L'épicurien se sert de sa grande culture pour se rendre indépendant des opinions régnantes ; il s'élève au dessus de celles-ci, tandis que le cynique se cantonne dans la négation. Il se promène comme par des allées de douce pénombre, bien protégées à l'abri des souffles, tandis que sur sa tête mugissent dans le vent les cimes des arbres, qui lui trahissent de quelle violence le monde est agité au dehors. Le cynique,... [Lire la suite]
23 février 2017

Du RIRE RABELAISIEN

      "Amis lecteurs qui ce livre lisez,      Dépouillez-vous de toute affection,      Et, le lisant, ne vous scandalisez :      Il ne contient mal ne infection.      Vrai est qu'ici peu de perfection      Vous apprendrez, sinon en cas de rire ;      Autre argument ne peut mon coeur élire,      Voyant le deuil qui vous mine et consomme :      Mieux est de ris que de larmes écrire  ... [Lire la suite]
22 février 2017

De la SOUFFRANCE

  La souffrance est le fait de supporter. C'est la leçon de l'étymologie : subferre, porter sous. D'où subir. Et par extension : douloir. Malheureusement le verbe douloir (dol, douleur, deuil) est tombé en désuétude, si bien que je ne puis dire : je deuls, et je me rabats sur : je souffre. Ce qui entraîne la fâcheuse identification de la souffrance à la douleur. Pourtant la souffrance n'est pas forcément douleur. "Souffrez, Madame, que je vous baise la main!" - Bien des dames aimeraient volontiers que l'on leur parle ainsi ! ... [Lire la suite]

21 février 2017

De la DOULEUR

  La douleur est un mal, d'abord parce qu'elle fait mal : c'est une effraction qui compromet momentanément ou durablement l'unité de l'organisme physicopsychique. Ainsi d'une bessure, d'un choc, d'un événement, qui déchirent la peau sensible du corps et du moi - car dans cette affaire il est bien douteux que l'on puisse séparer le corps et le moi, tant il est vrai que le moi est avant tout "l'idée du corps", sa perception sensible et psychique. Voyez comment l'enfant, lors d'une petite blessure du doigt, se sent comme emporté... [Lire la suite]
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20 février 2017

EPICURE MEDECIN

  Il me semble tout à fait impropre de parler d'une "morale" épicurienne. Le discours d'Epicure n'est pas moral, mais médical. Il déclare expressément que la philosophie est "la médecine de l'âme", que c'est là sa raison d'être, et que le projet du philosophe est de combattre la souffrance : "aponie", absence de douleur physique, laquelle relève de la médecine des corps, et "ataraxie", absence de troubles dans l'âme, qui relève de la philosophie. Que les moyens qu'il propose - en un temps où n'existait pas encore la chimie... [Lire la suite]
15 février 2017

GLOIRE au VATICAN PAIEN

  Le Vatican, temple du paganisme ? Voilà qui surprendra, je l'espère. Jugez plutôt : c'est bien dans les fonds de caisse de cette noble institution que l'on découvrit, voilà quelques décennies, une suite de sentences, dont l'auteur était manifestement Epicure, ou au pire, un de ses plus proches collaborateurs. Epicure au Vatican, lui le honni, l'ennemi, le sans-dieu, sans morale, vulgaire, obscène, qui accueillait des courtisanes dans son école, déclarait que le plaisir est le Souverain Bien, bref, le pourceau ! On se demande... [Lire la suite]
14 février 2017

AUTARCHEIA et APATHEIA : DIOGENE le CHIEN

  Poursuivant mes lectures exégétiques sur le Kunisme, je lis ceci (DL, VI, 38) :                  "Sans cité, sans maison, privé de patrie                  Mendiant, vagabond, vivant au jour le jour" - telle pourrait-être la devise de Diogène et de ses successeurs. Mais le but de tout ceci ? L'Autarcheia, la vertu de se gouverner soi-même par soi-même, sans dépendre du dehors, ou du moins le moins possible : donc réduire ses besoins,... [Lire la suite]