17 avril 2015

La FOLIE INTIME

  En cherchant bien, dans toute structure psychique, même chez les individus apparemment bien intégrés et développés, on trouvera un noyau secret de folie intime et privée, qui ne laissera pas d'étonner l'observateur. Le masque n'est jamais suffisamment étanche, il y a toujours un trou par où passe je ne sais quel vent de folie, quelle singularité mal assortie, quelle disposition asociale, ou envieuse, ou colérique, laquelle semble d'autant plus surprenante qu'elle contredit la forme sensible de la personnalité. Il paraît que... [Lire la suite]
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12 avril 2015

SCHOPENHAUER : éternel retour du même

    "Voilà les hommes : des horloges ; une fois monté cela marche sans savoir pourquoi ; à chaque engendrement, à chaque naissance, c'est l'horloge de la vie humaine qui se remonte, pour reprendre sa petite ritournelle, déjà répétée une infinité de fois, phrase par phrase, mesure par mesure, avec des variations insignifiantes" Schopenhauer (MVR, p 406) Les "variations" dont parle le texte sont les apparences, les modes, les idéologies, les systèmes politiques, les morales sociales. Tout cela donne l'impression de... [Lire la suite]
03 avril 2015

PANDORA - de l'espoir

  "Auparavant, sur la terre, l'espèce humaine vivait loin des maux, à l'abri de la fatigue, de la peine, des maladies terribles qui font périr les hommes. C'est cette femme qui, en levant de ses mains le vaste couvercle de la jarre, les laissa échapper, et prépara aux hommes de pénibles soucis. Seule l'Espérance, n'ayant pas atteint les bords de la jarre, resta dans sa prison infrangible et ne put s'envoler au dehors : avant qu'elle sortît, Pandore avait laissé retomber le couvercle. Mille autres maux, néanmoins, sont répandus... [Lire la suite]
02 avril 2015

OEDIPE à COLONE (III) - le temps, la vieillesse, la mort

    C'est à Kolônos (Colone), aux portes d'Athènes, que naquit Sophocle en -495. C'est ici que mourra Oedipe, dans la pièce du même nom. Sophocle écrit cette pièce, semble-t-il, peu avant sa propre mort, en -405. La pièce ne sera donnée en public qu'en -401. Il est permis de considérer "Oedipe à Colone" comme un testament littéraire et philosophique, un ultime message  : un vieil homme, à la veille de la mort, dépeint les ultimes actes et pensées d'un autre vieil homme qui s'engage résolument au delà "des portes... [Lire la suite]
31 mars 2015

OEDIPE à COLONE : destin et destination

  Après une longue errance, accompagné de la tendre sollicitude de sa fille Antigone, Oedipe se présente aux portes d'Athènes, destination finale, prescrite par Apollon, d'une existence contrastée, qui l'a fait basculer des mirages du pouvoir à la déréliction absolue. Il ne sait pas qu'il vient de transgresser l'interdit - une fois de plus - qui protège l'accès au bosquet voué aux Euménides, ces farouches déesses du destin : le peuple des citoyens du lieu menacent de l'expulser par la force, n'était la sage parole d'Antigone qui... [Lire la suite]
30 mars 2015

La PLEUREUSE et l' ACCOUCHEUSE : DELEUZE

  "Si je n'étais philosophe, j'aurais voulu être une pleureuse" déclare, je crois, Deleuze dans un entretien. Voilà qui surpendra le lecteur, familier des invectives de l'auteur contre les passions tristes, et de sa revendication passionnée pour un spinozime actif et affirmatif. Pourtant cette déclaration ouvre le champ à une méditation intéressante sur le fondement subjectif de l'acte philosophique, sur ce "pathos" inaugural qui, selon Platon, détermine l'entrée en philosophie. Remarquons que Epicure y souscrit à sa manière, en... [Lire la suite]

26 mars 2015

La SAGESSE NUE

  Nos "sagesses" parlent trop, veulent en dire plus qu'il ne faudrait, imaginant ce qui fait défaut, et, comme dit Heine, "bouchant les trous de l'édifice unversel" - avec des constructions substitutives destinées à faire sens, pour des hommes assoifés de sens. D'où les conseils thérapeutiques, exhortations, mises en garde, prescriptions et consolations qui remplissent les manuels : "soutiens et abstiens-toi", "accorde ton esprit à la raison universelle", "régule les passions qui te détournent de la vraie vie ", etc, etc. Je ne... [Lire la suite]
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25 mars 2015

DE l' EVIDENCE : la nudité métaphysique

  A de très rares moments l'éclair de l'évidence déchire le ciel de nos imaginaires, et alors nous savons. Nous savons que tout ce qu'on nous a raconté sur le bien et le mal, le diable et le bon dieu, la liberté et la morale, tout cela disparaît instantanément, creusant un vide abyssal dans la conscience, entre effroi et jubilation. "Tout ça pour ça " - quoi ? - pour dissimuler le fait patent entre tous les faits : nous sommes seuls, nous le fûmes et le serons toujours. Tous les enveloppements culturels et affectifs, qui ne sont... [Lire la suite]
21 février 2015

ELOGE d' HYPATHIE - l'animus féminin

  Voici une femme exceptionnelle à tous égards : fille du mathématicien Théon d'Alexandrie, elle fait voeu de philosophie, consacre sa vie à la connaissance des mondes, enseigne, réforme les esprits, témoigne de la vérité par la rigueur de sa vie et de sa pratique. Son intrangsieance lui vaudra la haine des Chrétiens, qui finiront par la massacrer, la dépecer, la démembrer, exhibant par la rue les pièces sanguinolentes de son corps. Sans commentaire. Réfutant Ptolémée qui croyait encore au mouvement circulaire des planètes,... [Lire la suite]
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11 février 2015

MELANCOLIE SANS DOULEUR

    Une mélancolie sans douleur... Maintenant que j'ai fini mon grand ouvrage et que j'ai publié ici même l'essentiel de mes poèmes, je me découvre une liberté nouvelle, toute allègre et primesautière, sans attaches ni devoirs, ouverte immensément à l'inspiration intérieure. J'ai bien envie d'écrire toujours et encore, mais sans le moindre souci de recherche, de quête, de trouvaille à exhiber. Je me sens de jours en jours plus détendu, avec cette conscience heureuse de la tâche accomplie, quelle qu'en soient la forme et... [Lire la suite]