18 janvier 2016

MAINTENIR le CAP : la singularité

  Dans l'incertitude généralisée maintenir le cap...Il n'est que trop certain que les références traditionnelles ont perdu toute crédibilité et que l'individu se retrouve tout nu. Alors il a tendance à se raccrocher à tous les hochets proposés par la consommation de masse, objets, images, opinions de toute farine qui, aujourd'hui ne font pas système, mais se déploient dans une sorte de patch work sans unité, sans lien, sans référence, sans valeur unificatrice. Un jour l'information vous soûle jusqu'au dégoût pour la mort d'un... [Lire la suite]

14 janvier 2016

PHILOSOPHIE pour AUJOURD'HUI

  Dans l'immense littérature philosophique peu de textes me parlent vraiment. Beaucoup sont irrémédiablement datés, dès lors illisibles. Ce qui survit, et nous interroge toujours encore, c'est une poignée d'oeuvres que ni le temps ni la mode ne démodent. Ajoutez à cela que le goût personnel, le désir subjectif, l'idiosyncrasie propre du lecteur effectuent un tri sévère, écartent sans pitié ce qui ne rencontre pas sa problématique. Nietzsche remarquait que si le contenu d'une philosophie peut vieillir, la personnalité, quand elle... [Lire la suite]
08 janvier 2016

La DEGRADATION et la VIE : LUCRECE

    La déclinaison, qui fait surgir les mondes, les êtres et les choses, va, selon sa nature, au déclin. Courbe naissante, courbe au zénith, courbe descendante, qui va rejoindre fatalement la grande cataracte, la pluie morne de la mort. La vie est une exception miraculeuse dans le grand équilibre de la mort éternelle. Il n' y a pas de retour : contrairement à la thèse stoïcienne, Socrate ne reviendra pas. Mais ailleurs, en des temps et des lieux inassignables, d'autres combinaisons, issues de la déclinaison, feront naître... [Lire la suite]
06 janvier 2016

THEORIE des FLUX (2) - du corps comme illusion

  Qu'est ce qu'un corps ? Que ce soit un nuage, une rivière, une plante, un oiseau, une femme ? Je vois deux manières de répondre, complètement inverses l'un de l'autre, selon que vous vous placez dans la stabilité ou dans le flux.  La première consiste à définir le corps comme un ensemble plus ou moins organisé, structuré, harmonique, d'éléments assemblés, reliés entre eux par la puissance d'une forme. C'est ainsi par exemple que les Stoïciens disent que c'est la forme qui organise une matière inerte, "femelle", passive.... [Lire la suite]
04 janvier 2016

THEORIE des FLUX

  Je m'exerce, contre la conviction commune, à considérer partout et en toutes choses le flux universel. Flux de la pluie, des rivières, des courants et des marées, flux du temps et des saisons, des nuages et du vent, bien sûr, mais aussi le flux de la pensée et des émotions, et le corps lui-même, comme processus de croissance et de décroissance, plante qui sort de la terre et y retourne, "selon l'ordre du temps". Joyeuse mobilité universelle, "branloire pérenne". Mais ce n'est pas assez de parler en terme de mobilité, ou de... [Lire la suite]
31 décembre 2015

SUBVERSION

  Si toute conversion implique un regard vers les cimes - voyez comment Platon invite à quitter l'amour des corps, puis des âmes, pour ne contempler en fin de course que le Beau et le Bien éternels - la subversion, comme l'étymologie l'indique, est un mouvement vers le bas, vers la terre, vers le limon et la glèbe, vers les corps sensibles, les sens, la sensation en général comme critère du vrai et du réel : sensualisme. Subversion de la connaissance : non le ciel intelligible, mais les conditions empiriques d'un savoir positif.... [Lire la suite]

31 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE (3)

  Le remède à la douleur du monde c'est la distanciation subjective. C'est du moins la lecture que fait Nietzsche de la pharmacopée épicurienne, laquelle intègre une bonne dose de scepticisme théorique. C'est le sens de la première des quatre propositions du Tetrapharmakon : les dieux ne sont pas à craindre. Epicure se garde bien d'entrer dans un débat sur l'existence ou la non-existence des dieux. Il invente cette stupéfiante solution de l'éloignement : les dieux, non seulement existent à des distances incommensurables, dans... [Lire la suite]
30 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE (2)

    "Epicure - oui, je suis fier de sentir le caractère d'Epicure comme nul peut-être ne le sent, et de goûter, en tout ce que j'apprends de lui, en tout ce que je lis de lui, le bonheur d'un après-midi de l'Antiquité. Je vois son oeil errer sur de vastes mers blanchâtres, sur des falaises où repose le soleil, tandis que des bêtes de toutes tailles viennent jouer à sa lumière, sûres et calmes comme cette lumière et cet oeil même. Un tel bonheur n'a pu être inventé que par quelqu'un qui souffrait sans cesse ; c'est le... [Lire la suite]
29 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE

  "L'épicurien se sert de sa grande culture pour se rendre indépendant des opinions régnantes ; il s'élève au dessus de celles-ci, tandis que le cynique se cantonne dans la négation. Il se promène comme par des allées de douce pénombre, bien protégées à l'abri des souffles, tandis que sur sa tête mugissent dans le vent les cimes des arbres, qui lui trahissent de quelle violence le monde est agité au dehors. Le cynique, au contraire, s'en va pour ainsi dire nu dehors, de ci de-là dans les rafales, et s'y endurcit jusqu'à perdre... [Lire la suite]
18 décembre 2015

LIBERTE et VERITE

  Je parle quelquefois de liberté, j'utilise le terme, mais toujours avec circonspection, réserve et méfiance. Je crains de tomber dans la facilité, considérant le peu de raison que nous pouvons avoir de nous attribuer une faculté si noble, si rare, si improbable. En réfléchissant à nos conduites nous y verrons bien plutôt la marque infaillible de la dépendance, de la culpabilité ou de l'aliénation. "Pas d'effet sans cause" nous enseigne la raison, et "pas de cause sans effet". A ce registre-là il n'existe jamais d'acte libre,... [Lire la suite]