17 mars 2016

Le SOLEIL du BEAU

  Le beau est un merveilleux contre-dépresseur. Quand il brille à l'horizon tout se met à chanter, vibrer, danser. Quand il sombre c'est la nuit. On demandera : comment se fait-il qu'il sombre, pourquoi ne resterait-il pas, éternellement, comme un soleil ? Mais le soleil lui-même se lève et se couche, ce qui, depuis des temps immémoriaux, plonge les humains dans la perplexité - songeons aux Egyptiens, qui, voyant le soleil se lever à l'est et se coucher à l'ouest, en conclurent qu'il parcourait de nuit le royaume des morts pour... [Lire la suite]

16 mars 2016

MELANCOLIE de l'ART : du BEAU et de la passagèreté

                                                      "Même le beau doit passer..." (Schiller) Oui, même le beau passe, ce qui vient redoubler la douleur de la conscience mélancolique, déjà fortement ébranlée par le spectacle de la dégradation universelle, qui emporte sans pitié tous les objets d'amour. Au moins le beau put-il briller de tous ses feux, irradiant l'espace de sa clarté solaire, et si... [Lire la suite]
15 mars 2016

A QUI ECRIT-ON ?

  A qui s'adresse-t-on en écrivant ? Mettons à part les cas, les plus fréquents, où le destinataire est une personne vivante à qui on veut faire parvenir une information. A qui s'adresse l'écrivain ? Il connaît peut-être quelques uns de ses lecteurs pour les avoir rencontrés, ou des critiques, ou des confrères. Mais cela ne fera jamais beaucoup de monde. Il peut d'ailleurs s'adresser davantage aux générations futures qu'à l'actuelle, estimant, comme Stendhal, que l'avenir lui donnera raison contre l'actualité. Mais c'est là une... [Lire la suite]
14 mars 2016

Du CAFE-PHILO : une analyse déontologique

  Voilà plus de dix ans que j'anime des Café-philo, et je n'en suis pas lassé. J'entends, navré, certains "professionnels" déclarer avec superbe que le café-philo ce n'est pas de la philosophie. Sans doute, accoutumés de prêcher du haut d'une estrade, ne veulent-ils pas se commettre avec la plèbe, se risquer dans une arêne où ne compte guère le titre universitaire, où, en somme, il y a le danger d'être mis à nu, soupesé et disqualifié. Ici nulle institution ne vous protège, ne vous impose ses normes, ne définit les rôles et les... [Lire la suite]
11 mars 2016

STIMULANTS PSYCHIQUES

  Je me demande parfois si c'est bien moi qui écris, tant l'expérience d'écrire est mystérieuse, j'allais dire "impersonnelle", comme si je ne sais quelle instance intérieure prenait les commandes. "Voix intérieures" dirait Hugo, et c'est en effet un vieux topos de la tradition poétique d'invoquer l'inspiration comme source du poème. Si "Je est un autre" c'est de cet autre qu'il est question, mais sans verser dans la mythologie, on peut évoquer une altérité intérieure, par exemple les images et les symboles inconscients qui font... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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10 mars 2016

LA JOIE d' ECRIRE

  C'est toujours une fête : m'asseoir à mon fauteuil, ouvrir mon ordinateur, allumer la première pipe du jour, la plus savoureuse, la plus goûteuse, la plus odorante et confortante, puis regarder rapidement les nouvelles des amis, lire leurs articles, flâner de ci de là, respirer un bon coup - et puis voilà, le travail commence ! Souvent je ne sais pas du tout de quoi je vais écrire, j'ai rarement un projet défini, sauf lorsqu'une question existentielle me taraude, et que je veuille clarifier. Parfois je traîne de la sorte un... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 23:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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09 mars 2016

De l' ANXIETE

  L'anxiété est l'angoisse spécifique de l'avenir, perçu comme menaçant, voire catastrophique. L'anxieux se tient pelotonné dans ce présent fragile, comme s'il pouvait empêcher par sa crainte le cours irrépressible du temps qui l'entraîne dans l'incertitude du futur. Demain sera forcément pire qu'aujourd'hui : au moins le présent, fût-il pesant et désagréable, est connu, alors que demain peut être n'importe quoi. Dès lors l'imagination s'enfle à inventer des monstres, des situations inextricables, multipliant à l'envi les... [Lire la suite]
07 mars 2016

PAROLE et DISCOURS : du commencement

  Je crains fort de m'être insidieusement efferré moi-même. C'est le risque inhérent à toute expression, orale ou écrite, que de poser une parole, qui, pour être authentique au moment même où elle est proférée, se fige sur le champ en discours. Ce qui était mouvement, risque, ouverture, appel vers l'inconnu, d'être fixé dans les mots, se voit en quelque sorte réifié, rigidifié, transmuté en socle, ou en statue d'airain. C'est le destin ordinaire de l'art dont le contemplateur ne voit que l'oeuvre achevée, alors qu'elle n'est que... [Lire la suite]
03 mars 2016

De la BISEXUALITE PSYCHIQUE

  Ce que je vais dire ici déplaira à beaucoup, surtout aux hommes. Il y a dans la virilité, quand elle se laisse aller à la vulgarité des instincts et des postures, une dimension de bêtise absolument stupéfiante. Cela s'observe en particulier dans certains attroupements qui ouvrent toutes grandes les vannes aux pulsions les plus primaires, grâce à une désinhibition collective du geste et de la parole. A vrai dire c'est plutôt le cri, le hurlement, l'invective, le juron qui prennent le relai de la parole civilisée, laquelle ne... [Lire la suite]
02 mars 2016

GERONIMO : le vieilissement du héros

    J'ai vu jadis une photo très ancienne représentant le héros des guerres indiennes, Géronimo l'intraitable, assis en tailleur, cramponné à sa winchester, vieilli et misérable, mais toujours digne, avec dans le regard une rage inapaisée, une détermination tragique et malheureuse. Je suppose que la photo a été prise après sa reddition à l'armée américaine, quand il a compris qu'il n'y avait plus d'espoir pour son peuple, plus aucune possibilité de liberté. Il se rend pour sauver ce qui reste de vie, mais dans son coeur il... [Lire la suite]