études de philosophie anciene et moderne
12 juin 2018

Ne fais rien et le Tao fera tout pour toi : fantaisie

  Parvenu sur ma colline, je songe à ramasser autour de moi tous mes fragments épars, sachant de science sûre qu'ils ne sauraient faire un tout, mais une sorte de collection composite, diaprée, translucide, percée de trous, rabibochée de bric et de broc. L'unité, s'il en est une, ne vient pas de la matière, mais du sujet pensant et écrivant, comme lorsque Montaigne déclare : "je suis moi-même la matière de mon livre". Mais si je parle de moi c'est toujours par la bande, de biais, à la fois sujet particulier et pensant dans... [Lire la suite]

11 juin 2018

"L'affaire suit son cours" - fantaisie

  Quand on me demande comment ça va, je réponds volontiers, avec un brin d'ironie : "L'affaire suit son cours". Admirable formule, qui ne disant rien, se prète à toutes les interprétations. L'amusant est que l'interlocuteur se satisfait fort bien de la réponse, avec en plus, un brin de malice dans les yeux, comme si nous avions tous deux échangé quelque heureuse nouvelle, à la barbe du destin ! Personne ne se demande, à cette occurrence, quelle est cette "affaire", en quoi elle consiste, et encore moins quel est le cours : elle... [Lire la suite]
31 mai 2018

Du DESTIN et de la DESTINEE, à propos d'Hésiode

  Dans la "Théogonie", récit fabuleux de la naissance du monde et des dieux, Hésiode, contre l'opinion commune, privilégie la Nuit (Nyx) au détriment du Jour. A partir de Chaos, la béance originelle, en premier apparaît la Nuit couplée à l'Erèbe (la Ténèbre), qui engendreront Moros, la destinée mortelle de tous les vivants, Thanatos, la mort, Hypnos le sommeil et Oneiros le rêve (plus exactement les mille rêves !). L'Obscur précède le lumineux, et c'est dans l'obscur que se joue la destinée des êtres vivants, tous affectés d'une... [Lire la suite]
29 mai 2018

APOLOGIE du MOI

  En voilà assez ! Assez de malmener ce pauvre moi accablé de tous les maux de la terre ! "Le moi est haïssable" dit-il. Et l'autre y voit le condensé pitoyable de toutes les identifications. Ces propos ont quelque valeur dans le processus de déconstruction, lorsqu'on désire atteindre la source du désir, explorer les couches profondes de l'inconscient. Ou encore lorsqu'on veut décentrer le sujet, le mettre en relation avec le vaste monde. Mais de quelque manière qu'on s'y prenne on en revient toujours au moi, sans lequel la vie... [Lire la suite]
28 mai 2018

LIBERTE ? - méditation

    Ce que nous appelons liberté n'est peut-être qu'un balbutiement entre deux silences, vibrant au bord de la faille, inquiétante et féconde, d'où s'origine toute vie. La faille c'est Chaos : ouverture infinie sans fond et sans bord, impensable, nuit profonde que rien ne peut présentifier, espace borgne d'où naissent les images et les rêves. C'est ce que nous ne connaîtrons jamais, qui nous hante dans la vastitude du sommeil, et que nous retrouvons dans la mort silencieuse. Dans la vie consciente cette référence... [Lire la suite]
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28 mai 2018

De la TYRANNIE du DESIR, et de la loi

  De la tyrannie du Surmoi, certes, il importe de se libérer. Mais ce n'est pas, certes, pour sombrer sous la tyrannie du désir. Cette formulation peut surprendre. Lorsqu'on dit : "ne pas céder sur son désir", que dit-on au juste ? La chose se développe en deux temps. D'abord cela signifie qu'il faut libérer le désir, suspendre les identfications et aliénations dans lesquelles il est pris, desserrer la tenaille du surmoi, cesser de vouloir être le bon objet qui satisfait la demande d'autrui etc. Cela est bien connu et ne prête... [Lire la suite]

24 mai 2018

De la TYRANNIE du SURMOI : plaisir et culpabilité.

  Cette primauté du plaisir que j'ai tenté de retrouver et d'exhiber dans l'article précédent se voit immédiatement combattue par un régiment de forces contraires, qui vont singulièrement en amoindrir les effets. Je remarque déjà que plusieurs commentateurs s'empressent de rappeler au secours - de la morale, je suppose - les nécessités sociales sous les espèces, tantôt du moi, tantôt du surmoi. Que le moi s'efforce d'endiguer la puissance incontrolée des pulsions pour maintenir l'unité psychique, cela se conçoit aisément : il... [Lire la suite]
18 mai 2018

Du PLAISIR comme PRINCIPE

  En allemand la joie se dit "Freude" - voilà qui devait ravir le cher Sigmund ! Et dessiner pour lui un certain destin, un fatum comme on dit en latin, qui signifie originellement "le dit" (de fari, dire). Les Muses, au chevet du nourrisson, ont édicté le signifiant-maître qui dorénavant guiderait les pas de l'enfant, puis de l'adulte. On se demandera si Freud saura se montrer digne de cette vocation, dans sa vie et dans son oeuvre, ce qui n'est évident ni pour l'une ni pour l'autre. S'il est bien vrai qu'elles commencent en... [Lire la suite]
16 mai 2018

De la JOUISSANCE du SYMPTOME

  D'aucuns parlent de la jouissance du symptôme. Hélas, pauvre jouissance, piteuse, calamiteuse et écornée. Un tel rampe dans l'hypocondrie, un tel s'obsède et se déprime, tel autre bichonne ses petits maux d'estomac, rumine ses déboires. Jouissent-ils ? C'est à voir. Mais tous répètent, et cela, d'une certaine manière, en dépit des douleurs, est jouissance. Grâce à quoi le monde est comme il est, cela lui donne un petit air de "déjà vu" qui ne va sans charme, et qui rassure. Et puis les douleurs sont valeurs dont on parle,... [Lire la suite]
04 mai 2018

De la NEGATION du VOULOIR : SCHOPENHAUER

  Le problème qui travaille en profondeur la philosophie de Schopenhauer, noeud gordien, énigme et défi, est, à mon avis, le suivant : si la volonté agit souverainement dans les profondeurs, déterminant les motifs de l'action, emportant toutes choses dans le flux incessant et absurde d'un temps sans finalité, et si l'intellect lui-même, qui se croit doué de libre arbitre, obéit sans le savoir aux motivations de la volonté - alors comment pourrait-on concevoir et agir un détachement à l'égard du vouloir, et procéder à une... [Lire la suite]