études de philosophie anciene et moderne
18 janvier 2018

Du TEMPS VECU : méditation

  Au sortir de mes épisodes noirs - je les appelle tels par convention et pudeur - reprenant difficultueusement pied dans ce qu'il est convenu d'appeler la réalité commune, je ne laisse pas d'avoir la sensaton étrange d'une sorte de déplacement, d'écart, de distance incommensurable, d'éloignement psychique par rapport aux intérêts supposés essentiels de l'existence. Mieux encore : je vois le commun s'agiter, s'exciter, se démener avec le plus grand sérieux, ils ont l'air vivant, si vivants, mais moi je les vois comme ils sont en... [Lire la suite]

15 janvier 2018

LOIN DE LA FOULE : EPICURE

    "Je n'ai jamais désiré plaire à la foule ; car ce qui lui plaît je l'ignore, et ce que je sais est hors de sa compréhension". Epicure, cité par Usener, Epicurea 187. Dans l'extrême détresse c'est au maître de Samos que je m'adresse, lui qui connaît la douleur et ses remèdes, lui le plus proche, le plus amical et le meilleur d'entre tous. N'a t-on pas dit dès l'Antiquité que c'est lui qui comptait le plus d'amis de par le vaste monde ? Et combien depuis lors, à travers toutes les péripéties de l'histoire, souvent... [Lire la suite]
19 décembre 2017

La JOIE du TAO : HAN CHAN et LI T'AI PO

Ce qui est merveilleux dans le Taoïsme originel c'est la spontanéité et la liberté. On y respire l'air pur des cimes, on y boit la rosée matinale, on s'enchante de la brise dans les arbres, de la lumière qui joue en vibrant à la surface des eaux calmes. Rien de compassé, rien d'artificiel. Le sage a jeté aux orties ses costumes de cour, brûlé tous les livres. Libre comme le vent, échevelé, il chevauche la montagne vide, il danse dans les brumes, hurlant sa joie, confondu à l'ébriété de la nature universelle. Le taoïsme est d'abord un... [Lire la suite]
11 décembre 2017

"PERIR par le DELAI" : Epicure et Pascal

  "Nous sommes nés une fois, il n'est pas possible de naître deux fois, et il faut n'être plus pour l'éternité ; toi, pourtant, qui n'es pas de demain, tu ajournes la joie (to chairon) : la vie périt par le délai, et chacun de nous meurt affairé". Epicure, Sentence vaticane, 14. Le délai : demain je vivrai mieux, quand je connaîtrai la retraite, quand je toucherai un pactole, quand je serai libre etc. Ou alors, quand je goûterai aux félicités de la vie éternelle. Ou si je peux, on ne sait jamais, me réincarner dans une... [Lire la suite]
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08 décembre 2017

ETRE ou ne pas ETRE : de la culpabilité

  Ni gémir, ni se moquer, mais tenter de comprendre. C'était la recommandation de Spinoza. J'ajouterai qu'il y a sans doute maintes choses ou affaires qui ne méritent pas même la considération, et qu'il faut éliminer, si l'on peut. Il y va de la santé psychique et de la santé tout court. Trop de choses déplaisantes exercent une action toxique, parfois directement, parfois à distance. D'autres sont d'une telle complexité qu'on n'en peut venir à bout. D'autres encore échappent totalement à notre pouvoir, alors même qu'elles nous... [Lire la suite]
23 novembre 2017

Des ENGAGEMENTS

  Avant de nous engager dans une structure quelconque, posons-nous la question : pourrai-je en sortir ? Cela vaut pour tout. Je ne crois guère aux engagements définitifs, j'y vois une manière de forçage, comme si, tout au fond, on doutait de la validité de cette décision, et que l'on voulût refouler le doute, se contraindre soi-même à une forme étrangère, s'identifier sans reste à un idéal. Mais qu'en sera-t-il dans dix, dans vingt ans ? Autrefois on se mariait pour la vie, "jusqu'à ce que la mort vous sépare". Marions-nous si... [Lire la suite]

22 novembre 2017

Des OMBRES et de l' IMAGE

  Ulysse, descendant dans les Enfers, n'y rencontre que les ombres des trépassés. C'est un beau symbole, et pas seulement pour qualifier une hypothétique vie post-mortem, mais notre vie présente tout aussi bien. En effet, qui rencontrons-nous tous les jours, avec qui parlons-nous, si ce n'est avec les ombres de ceux que nous fréquentons ? Cette ombre que nous confondons avec la personne réelle, c'est le fruit de notre projection, de la re-présentation que nous avons construite à partir d'une perception écornée. Nul ne peut se... [Lire la suite]
16 novembre 2017

Du REFOULEMENT ORIGINAIRE, et du REEL

  De quoi parlons-nous quand nous parlons ? Une des innovations les plus spectaculaires de Freud fut d'introduire le concept de refoulement originaire. Si je comprends bien, cette opérataion est l'effet du langage. Le mot est le meurtre de la chose, entendons : dorénavant tu désigneras par un mot l'objet de ta demande, ce qui revient à éloigner la chose de la satisfaction directe, à la retirer dans une nouvelle sphère qui se surajoute à la première, qui ne lui est nullement équivalente, et qui, de plus, relève en quelque sorte... [Lire la suite]
13 novembre 2017

L' OUBLI VAILLANT

  Dans les traces récurrentes de notre histoire, que lisons-nous, si ce n'est la présence, en pointillés, d'un sujet absenté, d'une ombre mobile, qui, à sa manière, ellyptique et énigmatique, témoigne de la persistance d'un projet, d'un acharnement à vivre, malgré tout, malgré le jeu obscur où il se perd. Existence à demi avortée, où l'on peut lire pourtant, en filigrane, la persistance du désir, dont le résultat pur serait de se reconnaître lui-même. Cette issue n'est nullement garantie, mais elle est possible, au prix bien sûr... [Lire la suite]
10 novembre 2017

Le DEFI de la SINGULARITE

  La singularité, selon la belle formule de François Roustang ("La fin de la plainte", fin) est ce que je ne peux pas ne pas être, qui correspond à ma nature propre, qui l'exprime adéquatement. Mais cette définition, qui est exacte, est davantage virtuelle que réelle, parce que le cours ordinaire de la vie, avec ses errements  inévitables, ses concessions à la nécessité ou à l'obligation, a créé dans le sujet, presque toujours, de sensibles et regrettables déformations. Il est quasi imposible que le vrai Self ait pu se... [Lire la suite]