études de philosophie anciene et moderne
16 novembre 2017

Du REFOULEMENT ORIGINAIRE, et du REEL

  De quoi parlons-nous quand nous parlons ? Une des innovations les plus spectaculaires de Freud fut d'introduire le concept de refoulement originaire. Si je comprends bien, cette opérataion est l'effet du langage. Le mot est le meurtre de la chose, entendons : dorénavant tu désigneras par un mot l'objet de ta demande, ce qui revient à éloigner la chose de la satisfaction directe, à la retirer dans une nouvelle sphère qui se surajoute à la première, qui ne lui est nullement équivalente, et qui, de plus, relève en quelque sorte... [Lire la suite]

13 novembre 2017

L' OUBLI VAILLANT

  Dans les traces récurrentes de notre histoire, que lisons-nous, si ce n'est la présence, en pointillés, d'un sujet absenté, d'une ombre mobile, qui, à sa manière, ellyptique et énigmatique, témoigne de la persistance d'un projet, d'un acharnement à vivre, malgré tout, malgré le jeu obscur où il se perd. Existence à demi avortée, où l'on peut lire pourtant, en filigrane, la persistance du désir, dont le résultat pur serait de se reconnaître lui-même. Cette issue n'est nullement garantie, mais elle est possible, au prix bien sûr... [Lire la suite]
10 novembre 2017

Le DEFI de la SINGULARITE

  La singularité, selon la belle formule de François Roustang ("La fin de la plainte", fin) est ce que je ne peux pas ne pas être, qui correspond à ma nature propre, qui l'exprime adéquatement. Mais cette définition, qui est exacte, est davantage virtuelle que réelle, parce que le cours ordinaire de la vie, avec ses errements  inévitables, ses concessions à la nécessité ou à l'obligation, a créé dans le sujet, presque toujours, de sensibles et regrettables déformations. Il est quasi imposible que le vrai Self ait pu se... [Lire la suite]
09 novembre 2017

Du CHOIX et du REGRET

  Dans certaines situations critiques il faut choisir entre deux options, et seulement deux. L'échappée vers la troisième étant barrée, il faut bien se résoudre, et, choisir ce sera éliminer l'une des deux pour se satisfaire, si cela est possible, de l'autre. C'est ainsi que naît le regret, par où le coeur reste attaché, et l'imagination, à ce qui aurait pu être et qui ne sera pas. "Ah si j'avais choisi telle formation, au lieu et place de celle que j'ai suivie, j'aurais pu développer telle aptitude qui est bien en moi, et qui... [Lire la suite]
08 novembre 2017

De la BOUCLE de VIE, et de la GRATUITE

  Revenir à la terre. La vie est une immense boucle, qui, commençant tout auprés de la terre, s'en éloigne, se détourne, s'égare, erre, vaticine, s'affole parfois, se courbe et se redresse, s'infléchit et se cabre, décrivant des arabesques, papillon de jour, papilon de nuit, ailes déployées, ailes rétractées, mais quoi que l'on fasse, on en revient à la terre. Le début et la fin sont le même. Le berceau et la tombe.  Certaines boucles de vie sont admirables. D'autres sont dérisoires, marquées de je en sais quelle pauvreté... [Lire la suite]
02 novembre 2017

Le CHAINON FAIBLE : de la structure psychique

  Suite au texte précédent sur le sentiment de réalité et la "chaîne du moi" je voudrais ici proposer quelques hypothèses. C'est par la brisure d'un chaînon que le réel fait effraction dans la psyché, entrainant la déroute de la chaîne entière. Mais alors, peut-on dire quelque chose de plausible sur ce chaînon faible ? On pourrait poser en principe que tout un chacun porte un tel chaînon faible, et que c'est là une marque sensible, et souvent repérable, d'une individualité, mieux, d'une singularité. Dis-moi quel est ton chaînon... [Lire la suite]

01 novembre 2017

Du SENTIMENT de REALITE, et du REEL

  "Pour nous assurer que ce que considérons comme la réalité l'est bien, nous avons besoin d'une autre réalité qui nous permette de relativiser et qui, elle-même, a besoin d'une autre réalité pour lui servir de base. Et ainsi de suite, jusqu'à créer dans notre conscience une chaîne qui se poursuit indéfiniment. Il n'est sans doute pas exagéré de dire que c'est dans le maintien de cette chaîne que nous puisons le sentiment de notre existence réelle. Mais que cette chaîne vienne à être brisée, et immédiatement nous sommes perdus.... [Lire la suite]
26 octobre 2017

Du SUJET ORIGINAIRE : les deux pôles

  Le mouvement rétrograde, ou rétrogradiant, dont j'ai écrit l'autre jour, mène, par paliers successifs, à la découverte, ou redécouverte, du sujet originaire. Mais cette notion de "sujet originaire" est en elle-même pour le moins difficile. Quel est donc ce sujet originaire qui se révèlerait au décours de l'analyse, où, quand, comment le situer dans une histoire qui va incessamment de l'avant, entraînant dans sa course tout ce qui est et qui était ? Serait-ce le sujet tel qu'il fut à la naissance ? Mais la naissance n'est pas... [Lire la suite]
25 octobre 2017

Le CHEMIN de VIE : sur la mort de Gauguin

  1903, îles Marquises. Gauguin est mourant, Gauguin se meurt dans la plus grande solitude et le dénuement le plus total. Je le vois, gémissant sur sa couche de feuilles sèches, le regard perdu, tordu de douleur au bord de l'abîme. Et je m'interroge : que peut ressentir un Gauguin en cette extrémité, quelle image vient à présent le torturer, ou le ravir, le seconder dans cette ultime épreuve ? Dans cette souffrance christique de l'abandon, quelle sera sa consolation ? Que pense-t-il à présent de ce gigantesque projet qui l'a... [Lire la suite]
24 octobre 2017

Les DEUX POLES

    Ce qui se lit en filigrane dans la quête de Gauguin, comme dans beaucoup d'artistes et de poètes, c'est le mouvement rédrogradiant (plutôt que régressif) qui doit mener à l'origine. Et c'est moins l'origine de l'humanité, que Gauguin a cru entrevoir aux îles lointaines, que l'origine du sujet lui-même. Origine psychique, elle-même insaisissable, voilée de mystère, empêchée par mille circonstances, mille constructions secondaires, mille récits plus ou moins fallacieux, et qui pourtant hante le sujet en profondeur comme... [Lire la suite]