études de philosophie anciene et moderne
25 juillet 2017

Du RAPPORT à la NATURE : "La maison du berger" de VIGNY

    Dans "La maison du berger" Vigny expose ses sentiments à l'égard de la nature, ambigüs, hésitant entre le sublime de beauté et le sublime de terreur. Au début de ce vaste poème symphonique il invite Eva à quitter l'esclavage des villes pour gagner "les grands bois et les champs". Suit une strophe extraordinaire, d'une beauté et d'une musicalité absolues, que je ne peux que citer en entier :                  La Nature t'attend dans un silence austère      ... [Lire la suite]

24 juillet 2017

Le TEMPS de la NATURE et le TEMPS de l' HOMME

    Le temps de la nature n'est pas le temps de l'homme. Dans une sorte de projection hyperbolique on a voulu imposer à la nature les catégories de la pensée humaine, laquelle est déterminée par les bornes infranchissables du commencement et de la fin. Tout mouvement, tout processus, physique ou mental, chez nous, s'inscrit dans ce cadre, à commencer par l'existence elle-même : nous sommes bien les "mortels" (thnètoi), et c'est en mortels que nous nous représentons toutes choses. De là cette idée, assez généralement... [Lire la suite]
21 juillet 2017

La LETTRE et l'ESPRIT de la CULTURE (2) : du destin de l'Occident

    Le poème "Pain et Vin" commence par le tableau du soir et de la nuit qui vient : c'est une méditation sur le temps, sur les variations du temps, sur le rapport entre le jour et la nuit, qui ne laisse pas de faire songer à Héraclite, lequel avait affirmé l'unité irréductible du jour et de la nuit : ils sont le même, écrivait-il. Or nous voici, historiquement, au crépuscule, sous l'aplomb de la nuit qui vient. Mais alors l'esprit va-t-il disparaître, nous plongeant dans l'indéterminé et le chaos ? Le poète évoque alors... [Lire la suite]
20 juillet 2017

La LETTRE et l'ESPRIT de la CULTURE : Hölderlin

       "...mais le Père aime    Qui règne sur tous,    Le plus, que soit cultivée    La lettre ferme, et le durable    Bien interprété".   C'est ainsi que dans ses derniers poèmes, ici "Patmos" dont je donne un bref extrait, Hölderlin définit la vocation du poète : être celui qui témoigne de la Lettre ferme (der feste Buchstab), et interprète correctement le "durable" (Bestehendes) sous la législation souveraine du Père. On se demandera ce que signifient ces... [Lire la suite]
19 juillet 2017

POURQUOI ECRIRE ? - anatomie d' un destin

    Regard rétrospectif : une longue existence accordée plus ou moins à l'exercice philosophique, mais travaillée plus encore, plus profondément, par l'amour de la poésie, et le désir tenace d'écrire une oeuvre de valeur. Aujourd'hui, la septentaine bien entamée, je me demande quel aura été le motif dominant de ma vie. Qu'est-ce qui vous pousse, vous motive, vous permet de traverser les épreuves en conservant l'énergie nécessaire, le désir de continuer, de parfaire, d'accomplir ? Je remarque, chez beaucoup d'auteurs, une... [Lire la suite]
16 juin 2017

DEFENSE et ILLUSTRATION d' EPICURE

  "Je me suis souvent étonné qu'on ait dit tant d'âpres et violentes invectives contre Epicure dans les siècles qui se sont écoulés après lui, quand son esprit admirable, la grâce de son langage, la bonté de son naturel, la douceur de sa conversation, enfin la tempérance qu'il avait gardée dans toute sa vie, et la constance qu'il fit paraître en sa mort l'avait rendu si cher à ses amis, si admirable aux yeux de ses disciples et si estimé des Athéniens". William Temple, "Sur les jardis d'Epicure" 1685, Coll Rivages 720 p 38. ... [Lire la suite]

12 juin 2017

DE la LIBERTE de CONSCIENCE : Julien l'Apostat

    J'écris comme d'autres parlent, oubliant ce qu'ils ont dit. Ce qui fait que je suis, chaque matin, au matin du monde, réorganisant tant bien que mal l'espace et le temps. C'est l'écriture qui m'y autorise, m'y invite et m'y prie, c'est en elle que les choses se disposent à nouveau, recouvrant un peu d'ordre dans le chaos. Privez-moi de cette recette, je suis un homme à demi mort, comme je l'étais tout le temps de mes séjours en clinique. Je dis recette, mais le mot est impropre, c'est le pharmakon, c'est la panacée... [Lire la suite]
08 juin 2017

MOIRA : le LOT en héritage

  Mon intention n'est nullement de faire pleurer dans les chaumières. J'aimerais, à choisir, plutôt faire rire, mais n'étant pas, de nature, un joyeux drille, je ferai ce que je peux : rire et philosopher, disait Epicure. Ma foi, je ris volontiers quand l'affaire s'y prète, mais elle ne s'y prète pas toujours. Moira, chez les Grecs, était une sorte de divinité qui présidait à la distribution des lots, d'où l'idée de destin, lequel exprime bien le fait que des conditions nous sont allouées dès le départ, que nous n'avons pas... [Lire la suite]
07 juin 2017

SEUL FACE AUX DIEUX : Epicure et Bouddha

  Sur la question de l'existence ou de la non-existence des dieux, je vois trois attitudes possibles : y croire, s'y opposer, ou alors, fort élégamment, déclarer qu'on ne sait pas, et qu'au fond la question est sans grand intérêt. Epicure s'est rendu célèbre, entre autres choses, par une attitude fort cavalière à cet égard, en propulsant les dieux dans l'éloignement incommensurable des intermondes, où ils jouissent, c'est évident, de la vie bienheureuse et incorruptible, sans se soucier une seconde de ces hommes qui les... [Lire la suite]
06 juin 2017

DESESPOIR : LAMARTINE

  Voici les deux premières strophes du "Désespoir" d'Alphonse de Lamartine, pièce assez rugueuse et justement désespérée des Méditations poétiques. Je la donne ici pource qu'elle me semblait injustement méconnue, en dépit de sa valeur incontestable.                Lorsque du Créateur la parole féconde              Dans une heure fatale eut enfanté le monde                          Des... [Lire la suite]