études de philosophie anciene et moderne
13 novembre 2019

AU DE LA DE LA PENSEE ?

  La philosophie, une bien belle chose en vérité, est aussi, manifestement, une pathologie de la pensée. Descartes estimait qu'une heure de philosophie par jour c'était bien assez. Je suis de cet avis, et depuis que je ne suis plus astreint à donner des cours, je vise à protéger mon cerveau d'excitations excessives, fuyant le bruit, le tapage, l'agitation et le surmenage. Je lis un peu tous les jours, ou presque, mais au premier signe de fatigue je laisse le livre. Il sera toujours temps, un autre jour, de le reprendre, si d'ici... [Lire la suite]

07 novembre 2019

POURQUOI PHILOSOPHER ? - méditation

  Toutes ces opérations mentales que j'ai laborieusement acquises et entretenues, raisonner, calculer, anticiper, et la mémoire même, il me semble qu'elles se déprécient du même mouvement qu'elles se sont constituées. N'en concluez pas que je deviens gâteux : elles ne sont pas perdues, elles sont en sommeil, ce qui est tout autre chose. Disons que je deviens de plus en plus indifférent aux raisonnements, aux constructions logiques et démonstratives, pour ne rien dire des croyances, qui pour l'essentiel ne sont que ridicules... [Lire la suite]
06 novembre 2019

TYPOLOGIE DE L'IVRESSE

  Enivrez-vous ! disait Baudelaire, repris par Hubert Reeves. Il existe des ivresses lourdes qui vous assomment. Je ne les apprécie guère. Très jeune déjà, j'avais décrété que je ne toucherais jamais aux drogues, et j'ai tenu le serment sans difficulté. C'était tout simplement une impossibilité psychique, une virtualité barrée que je pourrais représenter par le drapeau pirate : tête de mort, bras croisés sur la poitrine, effigie noire sur fond blanc. De même je n'envie pas les exaltations et les visions que provoquent les... [Lire la suite]
05 novembre 2019

IVRESSE NATURELLE : Dionysos écrivain

  Je voudrais dire du bien de l'ivresse, contre toute une tradition de tempérance rationnelle. C'est dans nos vies l'élément dionysiaque indispensable, sans lequel la vie n'est que langueur. Montaigne : "Je ne puis assurer mon objet. Il va trouble et chancelant, d'une ivresse naturelle. Je le prends en ce point, comme il est, en l'instant que je m'amuse à lui".  Il en va de la sorte dans l'écriture. On peut bien écrire le coeur froid et l'âme rassise, développer par méthode une longue suite de propositions ordonnées,... [Lire la suite]
01 novembre 2019

SUR PERSEPHONE et KORE : le deux en un

  Perséphone se présente à nous sous un double visage. Compagne d'Hadès elle est la terrible, l'impitoyable. J'imagine aisément les deux divinités érigées à l'entrée du temple d'Elis, gardant le seuil, que nul, hormis le grand prêtre ne songeait à franchir, de peur de n'en jamais revenir : "Vous qui entrez ici perdez toute espérance". Mais Perséphone est aussi Korè, la fille de Démeter (meter = la mère), et à ce titre elle représente la renaissance de la vie, la floraison, l'abondance. Pendant les quatre mois sombres où tout... [Lire la suite]
31 octobre 2019

La SIGNIFICATION d' HADES : Pyrrhon à Elis

  Hadès est le souverain d'en bas, le maître des enfers, le dieu redoutable et implacable de la mort. Par dérision on l'appelle Plouton, le riche, parce qu'il règne sur la multitude infinie des trépassés. Dans le monde grec il existe fort peu de sanctuaires qui lui soient consacrés. La ville d'Elis est une exception notable : la ville entretient un temple consacré au couple Hadès-Perséphone. On se demandera longtemps pourquoi Pyrrhon, qui professait l'abstention à l'égard de toutes les croyances, accepta le poste de grand... [Lire la suite]

28 octobre 2019

DU LIVRE INTROUVABLE

    Une librairie. Je demande à une dame si elle possède en rayon un livre qui s’intitule « Pyrrhon ». Oui, dit-elle, et elle me tend un grimoire poussiéreux sur lequel figure bien le nom de Pyrrhon. Je le feuillette rapidement, et je vois qu’en fait c’est un livre religieux farci de références christiques et patristiques. « Ce n’est pas ce que cherche, Madame » et je lui rends le livre. Mais alors je me demande quel pourrait bien être le livre que je cherche, sachant que Pyrrhon n’a rien écrit. Ce ne... [Lire la suite]
25 octobre 2019

SEVERITE d' HERACLITE

  Selon Diogène Laerce (IX, 5) Héraclite "ne fut le disciple de personne", mais il disait "avoir tout appris par lui-même". Son principal souci fut de se chercher lui-même, sa gloire d'avoir su se trouver. Remarquons d'abord qu'il n'est pas question ici d'une enquête psychologique au sens moderne : ce "je" qui se cherche et se trouve ne se distingue pas du Logos, de la raison immanente qui dirige toutes choses. Se découvrir soi-même signifierait dès lors se reconnaître capable de porter ce discours et de le manifester en... [Lire la suite]
23 octobre 2019

Du SAMSARA et de la connaissance

  « Sans fin concevable est ce cycle du samsâra, et le premier commencement des êtres errants, tournant en rond, enveloppés d’ignorance et liés par les empêchements de la soif ne peut être conçu ». Bouddha, Samyutta-nikaya. Le samsâra est la donnée de base, la réalité effective de l’existence, telle qu’elle se présente à l’observation : cycle interminable des douleurs déterminées par l’ignorance, la soif et la répulsion. On n’en saurait connaître l’origine ni la fin, tant que l’on se situe à l’intérieur même du... [Lire la suite]
22 octobre 2019

COMME FEUILLES... du mouvement et du temps

  Dans le trou il y a le sexe, qui ne remplit pas le trou, qui l'exalte. Le trou c'est le vide dans la structure, c'est par lui que se font les échanges. Le sexe est un opérateur. Le mouvement est éternel : ça entre et ça sort, sans début et sans fin. Rien ne commence, rien ne s'arrête, tout continue. La mort de l'un est la naissance de l'autre, à l'infini. Quelques-uns s'imaginent l'éternel retour du même. C'est une erreur de perception : le même se sépare de soi pour engendrer l'autre, qui ne revient jamais au même. ... [Lire la suite]