études de philosophie anciene et moderne
25 mai 2020

PHILOSOPHIE DU FEU : Héraclite et Pyrrhon

  Le nom de Pyrrhon, nous pouvons légitimement le mettre en consonance avec pyrrhos : d'un rouge ardent, ou roux en parlant de cheveux ou de barbe, et encore : fauve. Cela vous dépeint un personnage haut en couleur ! Mais pyrrhos à son tour est un adjectif dérivé de pur, ou pyr - le feu. Pyrrhon est un philosophe ardant le feu ! Comment savoir si ce nom de Pyrrhon est un sobriquet, qualifiant une apparence originale, comme Platon (le large d'épaules) l'était pour Aristoclès ? Ces remarques ne sont pas déplacées, ou... [Lire la suite]

16 mai 2020

Le BONHEUR d'un CHAT : Hippolyte TAINE

  "Celui qui mange est heureux ; celui qui digère est plus heureux ; celui qui sommeille en digérant est plus heureux encore. Tout le reste n'est que vanité et impatience d'esprit." Si vous désirez en savoir un peu plus sur la sagesse pratique lisez donc ce petit opuscule d'Hippolyte Taine : "Vie et opinions philosophiques d'un chat". Vous en saurez un peu plus sur notre folie ordinaire, à nous autres les hommes, et sur notre impuissance à goûter les joies faciles de la félicité animale. "J'ai beaucoup étudié les philosophes... [Lire la suite]
13 mai 2020

CHASSEZ LE NATUREL...Du pluralisme

  "Nature" c'est le natif, conformément à l'étymologie : nasci, naître, naissance, nature. Le grec classique procède de même : phuein, phusis. D'où l'idée nécessaire que le naturel c'est ce qui procède de la naissance, développement spontané des capacités natives. C'est chez Homère le caractère propre du héros qui est spontanément et totalement ce qu'il est, force d'affirmation de soi, sans ambages, sans culpabilité, alors même qu'il ruse, qu'il trompe, comme fait Ulysse l'industrieux. C'est de ce même mouvement qu'Homère... [Lire la suite]
06 mai 2020

DE L' ESPACE TRANSITIONNEL (2)

  Transitionnel et virtuel : quel rapport ? Transitionnel désigne le passage d'un état jugé insuffisant ou immature vers un autre état désirable ou supérieur. Ce passage s'inscrit dans un espace-temps original, entre ce qui n'est plus et ce qui n'est pas encore. Pour affronter la douleur de la perte et l'angoisse de l'inconnu, le sujet se rapporte à cet objet singulier, objet transitionnel, ou fétiche, ou objet contra-phobique, par lequel il se réassure de soi, maintenant le contact (métonymique) avec ce à quoi il est tenu de... [Lire la suite]
05 mai 2020

De L' ESPACE TRANSITIONNEL

  Il y a dans Freud une dimension tragique, et ce n'est un hasard s'il s'inspire de Sophocle (Oedipe-roi) et de Shakespeare (Hamlet) pour énoncer quelques points cardinaux de sa doctrine. A quoi il faut ajouter l'influence de Schopenhauer, qu'il reconnaît lui-même. On reconnaît la dimension tragique à l'opposition frontale de deux principes qui précipitent le sujet dans une situation inextricable, d'où suit, dans le théâtre, mais parfois dans la vie même, la folie, le crime, le suicide, le meurtre, selon les forces en présence.... [Lire la suite]
04 mai 2020

APOLOGIE DU VIRTUEL

  Il est remarquable que les diverses sagesses, à quelques nuances près, énoncent les mêmes principes de base pour l'existence : condamnation de l'excès en tout genre (l'hubris), éloge de la tempérance et de la prudence, souci de soi, bienveillance envers autrui. "Changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde" disait Descartes. Mais il est tout aussi remarquable que ces nobles préceptes soient sans effet, hier comme aujourd'hui. Quelque chose dans l'organisation psychique de l'homme vient contredire ce discours, le réduisant... [Lire la suite]

01 mai 2020

DERIVES, grandes et petites

  Il y a les grandes dérives : Alexandre, Colomb, Napoléon, nouveaux continents, extension et intensification. Celles-là enthousiasment les foules, tant qu'elles sont du bon côté. Nul ne se soucie des vaincus, qui ont perdu la parole avec leur terre. Et puis il y a les dérives minimales : l'ermitage à flanc de mont, le jardin à l'orée de la ville. Semi-clôture, resserrement, le rosier et la fontaine. De toute manière l'issue est la même : retour à la poussière. Lacan parlait de "moisissure" pour qualifier la vie : une légère,... [Lire la suite]
30 avril 2020

DE LA DECLINAISON (2)

  Se tenir à l'orée, tout près de l'originaire...dans cet angle minimal ouvert par la déclinaison, juste un tout petit peu à distance du point zéro, d'où dérive la tangente. Poétiquement nous dirons : c'est le V de Vénus, "volupté des dieux et des hommes", béance féminine d'où naissent les mondes, foedera veneris, liens de Vénus.  Pourquoi affréter les nefs, implorer les vents, sacrifier Iphigénie, franchir le détroit, assiéger, brûler Ilion, si c'est pour revenir, dix ans plus tard, au point de départ ? Pourquoi tant de... [Lire la suite]
29 avril 2020

DE LA DECLINAISON

  La déclinaison doit être pensée comme ce minimum d'écart qui fait dévier de la droite. Sans la déclinaison, dira Lucrèce, rien ne serait jamais advenu que la répétition du même à l'infini. Ecart "vénusien", angle créateur, car à partir de l'écart minimal on peut penser la dérive, et, posant que d'autres vecteurs dérivent de même, la rencontre en cascades, l'attraction et la répulsion, la combinaison, la formation des corps. Ce modèle prend toute sa force si l'on pose que la déclinaison n'est pas un mouvement second qui... [Lire la suite]
27 avril 2020

QU'EST-CE QU' UN ORIGINAL ?

  Enfant, puis adolescent, on disait de moi que j'étais un original. Je ne savais trop qu'en penser, s'il fallait y voir une critique ou un éloge. En tout cas c'était l'indice d'une différence, d'une non-conformité à la norme. Et puis je me demandais en quoi je pouvais bien me démarquer, moi qui vivais, agissais, parlais comme tous les autres. Mon comportement n'avait rien de singulier ni de remarquable, selon moi, ni mes propos, qui s'ajustaient exactement aux discours convenus de mon milieu d'origine. Mais alors, où était la... [Lire la suite]