19 février 2015

Sur un PONT d'ARAGON

          Un modeste pont en Aragon, mais si joliment voûté, entre deux berges de rocailles et d’herbes sèches. Quelques arbres sous le soleil attendent le printemps. Tout est calme, comme suspendu entre deux saisons. Des oiseaux guillerets se chamaillent dans la broussaille.  Il y a je ne sais quoi d’irréel, de déplacé dans ce tableau, comme si le temps s’était arrêté, abandonnant sur ses rives ce monument d’un autre âge qui évoque de lointaines conquêtes, d’âpres luttes humaines contre les éléments... [Lire la suite]
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26 janvier 2015

NOTES sur le recueil "ECARTELEMENTS"

    Ce texte a somnolé quelques années dans mes tiroirs, passablement oublié, sauf qu'en un recoin obscur de ma mémoire je ne pouvais nier l'avoir commis. J'en avais une représentation fort confuse, et de le redécouvrir ces temps-ci m'a plongé, comme à l'accoutumée, dans un balancement entre le rejet et le désir de le réhabiliter. C'était délicat. Il était quasiment impossible d'y toucher : son achitecture est si serrée, sa langue si particulière, son rythme si haletant et impromptu, que toute modification risquait de le... [Lire la suite]
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16 janvier 2015

VIVRE POETIQUEMENT

    A quoi reconnaît-on un poète ? A rien. C'est d'autant plus frustrant que l'imaginaire collectif croit disposer de critères évidents : le poète serait un rêveur perdu dans la contemplation des nuages, un original, un décalé, un excentrique vivant de rosée, chevauchant le vent, ou un errant, un voyageur de l'idéal, chevalier de l'impossible. Paul Valéry, parlant de La Fontaine, rend hommage au travail du poète, qui est d'abord un artisan, un "oeuvrier" de la langue, et qui, s'il est bien visité parfois par les dieux,... [Lire la suite]
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14 janvier 2015

ECLAIRCIE : poèmes orphiques

                  Voici trois petits poèmes, écrits il y a cinq ans, qui me semblent une réponse adéquate aux événements du jour, tout en dépassant de loin l'actualité vers une éthique de la joie lucide.                          I   A nous de nous tenir dans l'éclaircie Du vide. Apre vertu Vertu du coeur.                     ... [Lire la suite]
09 janvier 2015

De la VERITE EN POESIE

    De quelle vérité nous parle le poète? D'abord de sa vérité, qui pourait n'être que la sincérité, la conformité du dire avec le senti. Cette idée fonde ce qu'on pourrait appeler la poésie subjective, telle qu'elle a été promue par le romantisme, avec ses suites et ses avatars jusqu'à l'époque contemporaine. C'est davantage la véracité que la vérité au sens propre, ce qui se vérifie dans le fait que le lecteur ne peut apprécier ce genre de poésie que dans la mesure où il partage les mêmes affects, la véracité de l'un (le... [Lire la suite]
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07 janvier 2015

DU TRAVAIL POETIQUE

    Depuis que j'ai fini la rédaction de mon grand ouvrage "De la Faille et de la Vérité" je me suis abstenu de toute activité philosophique, estimant avoir mis au net ma propre pensée. Je suis retourné à ma passion fondamentale de la poésie, qu'à dire vrai je n'ai jamais oubliée. J'ai entrepris depuis lors un travail de révision de mes anciens recueils qui dormaient dans mes tiroirs, et de queles-uns de ceux que j'avais publiés sur ce blog.  C'est toujours une épreuve de relire des textes qui, lors de leur rédaction... [Lire la suite]
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17 décembre 2014

LANGUE, NOTRE DEMEURE !

    Hannah Arendt, réfugiée aux Etats Unis, déclare que sa véritable patrie, où qu'elle soit, reste indéfectiblement la langue allemande, alors même que son pays d'origine a sombré dans la folie meurtrière. Cette affirmation mérite qu'on s'y arrète. La terre, la vraie, ce n'est peut-être pas le sol de la patrie, mais ce bien, inestimable entre tous, de la langue, par laquelle nous advenons en vérité à ce que nous sommes. Elle nous a constitué comme sujet, et, par elle, sujet nous demeurons, où que nous séjournions de par... [Lire la suite]
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17 décembre 2014

HABITER POETIQUEMENT...

    Hölderlin écrit : "Mais poétiquement L'homme habite sur cette terre".   Que signifie habiter ? Dans " habiter" résonne encore discrètement "habere" - avoir. Habiter c'est avoir sa demeure - ici, avoir sa demeure sur cette terre. Mais la terre ne va pas sans le ciel, ni la mer, trinité fondatrice. Habiter en poète c'est avoir relation aux éléments, au sec et à l'humide, au clair et à l'obscur, au masculin et au féminin, au visible et à l'invisible. Tout ce qui existe, qui vit et meurt, tout cela compose un... [Lire la suite]
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10 décembre 2014

AMUSETTE pour la SAINT GUY

                  AMUSETTE pour la SAINT GUY                                         Si quelque jour je t'abandonne             O poésie ô mon amour             Sans fiffres, clairon ni trombone             Que l'on me pende haut et court             A la... [Lire la suite]
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09 décembre 2014

DERNIER CHANT DE SAPPHO : LEOPARDI

    "Dernier chant de Sappho" : Leopardi prète à Sappho, sur le pont de mourir - une tradition tenace et sans doute fallacieuse, mais si belle, veut que Sappho se soit jetée, par dépit amoureux, du haut d'un rocher dans le gouffre de la mer - une mélancolique élégie sur le malheur commun de la destinée, et sur sa propre déchéance d'amoureuse abandonnée. Elle évoque une mystérieuse "faute", à elle même inconnue, qui aurait présidé à son destin funeste, l'entraînant sans répit "dans la fureur d'un désir inapaisable", et la... [Lire la suite]
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