18 décembre 2008

LES DEUX ABYMES

Quels sont ces deux abimes dont parlait le précédent poème? Je me situe ici comme lecteur d'une oeuvre dont le contenu m'est à moi-même inconnu, presque étranger. Et pourtant je ressens vivement le besoin d'y revenir, insatisfait que je suis de ne pas suffisamment comprendre et élucider. Le poème fait signe. Comme la Pythie à delphes, et comme le dieu. Mais l'interprétation appartient au consultant, un peu comme en psychanalyse où c'est finalement l'analysant qui décide de la signification de son rêve. Le premier écueil c'est le... [Lire la suite]
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17 décembre 2008

HAUTE MARCHE

Sur la crète raide Entre ubac et adret A petits pas, à petits pieds Il avance, il avance Transi de terreur froide Cou roide, mains glacées La moindre glisse et c'est la mort. D'un côté, tout en bas, c'est la plaine La douce plaine aux aimables bocages Les chalets, les étables, les chevaux Les blanches fumées dans l'air tendre La vie plus facile des hommes et des bêtes L' ennui serein d'un temps circulaire et fermé. De l'autre Un effroyable gouffre noir Arbres tordus dans la bise ... [Lire la suite]
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15 décembre 2008

SOURCE

Heureusement né Déjà il déchire les enveloppes Il court, Arc et flèche, à la source près du bois Où chantent d'étranges voix Pareilles à celles qui résonnaient autrefois Dans le giron de sa mère. Mais les voix sont plus fortes, plus aiguës Stridentes quelquefois, douces tantôt Parfois il rêve au bord de l'eau, parfois Comme pris de fureur extatique il danse Contorsionne le buste et les bras et la tête Puis s'apaise à nouveau et s'étend sur la mousse Sans comprendre d'où vient cette fureur... [Lire la suite]
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30 novembre 2008

TANKA d' HIVER

Chênes décharnés Dans cet hiver sans mesure Avez-vous une âme? Dans le sommeil de la sève Déjà brûle l'invisible.
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29 novembre 2008

LOGOS INTEMPESTIF

Le poète est une espèce particulière de schizophrène. Sa seule folie c'est d'être hanté en permanence par un Logos cannibale qui requiert de lui la disponibilité permanente de son esprit. D'où viennent-ils, que lui veulent-ils, ces mots qui l'assaillent sans pitié, ces fragments insensés de rythme et de résonance, ces débris de navires écartelés? Et déjà se compose  une artillerie de fureur, de silences entrebaillés de cris! Le poème est une machine de guerre contre la laideur, la raideur quiète des consentements! ... [Lire la suite]
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29 novembre 2008

KAIROS

La sitôt rencontrée La mer aux yeux d'aurore Efface ses larmes. Mais la nuit vacillante Veille le berger hagard.
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19 novembre 2008

LE CERCLE DE L ETERNITE

Tombent les grappes dans l'eau sombre Le vif-argent se colore de rouge Dans les feuillages rien ne bouge Et la lumière épouse l'ombre.                    J'ai perdu mes années                    Les illusions d'amour,                    Qu'importent les atours                   ... [Lire la suite]
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15 novembre 2008

NUAGES

Viendra un jour où je ne pourrai plus fumer ma pipe Je resterai des heures durant assis sur ma chaise Sans  rien faire ou penser, sans lire ni écrire A respirer, à somnoler les yeux mi-clos, ouverts tantôt sur l'infini Je pourrai contempler les beaux nuages, rose et rouge et violet Défiler dans les praieries célestes de l'automne, vers l'ouest Se laisser absorber un à un passivement dans le brasier Et disparaître lentement dans l'immense océan blanc.
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24 octobre 2008

POEME pour OEDIPE

Oedipe avait un oeil en trop peut-être Il n' a pas vu pourtant l'heure venir Où sonnerait le glas au nombre d'or. Ce qu'il a enduré, ce héros tragique entre tous Nul ne peut le saisir ni le comprendre Et les dieux mêmes se détournent de lui. Assis sur un rocher près de Colone Dans le bosquet sacré réservé d'Aphrodite Encor sans le savoir il brave l'interdit Et le gardien du lieu le chasse à coups de pierre. Quoi qu'il fasse il est toujours à contrejour A ne pas voir ce que voient tous les autres A... [Lire la suite]
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17 octobre 2008

De LA VIEILLESSE DE HOLDERLIN

Après deux années de grande agitation ponctuée de formidables crises d'angoisse, de rage et de désespoir, accusé à tort de comploter contre le prince, emprisonné et roué de coups, traîné de force dans un espèce de clinique de fous, soumis à un traitement absurde et dégradant, puis libéré, avec la certitude de la condamnation médicale, sans famille, sans amis, sans lecteur, le poète épuisé de malheurs et de désespoir trouve enfin refuge dans la maison d'un honorable menuisier qui va l'héberger, le nourrir et le soigner pendant quarante... [Lire la suite]
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