23 mai 2017

NAUFRAGE : poème

     Glissant sur l'ombre noire infiniment le cygne    Porte le néant bleu d'un ciel dilapidé.    Se détournant, le dieu cruel d'un coup de dé    Renversa la splendeur en vacuité insigne.     Longue plaine de lune, ô terre, terre indigne   Sur quelle rive hagarde avons-nous abordé   Laissant derrière nous le vaisseau sabordé   Les souvenirs cuisants de bocage et de vigne !     Nous voici nus, errant sur la plaine inféconde   Sous les cris... [Lire la suite]
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22 mai 2017

FLUX : poème

       Où donc est-il       Le soleil de la terre - et la mer elle-même      Semble se retirer. Seul sur la rive      Et le regard dans les étoiles qui crissent      Je me souviens d'une époque ancienne      De rivages bleus où je courais enfant      Sans rien savoir du temps. Nous passons      Comme passent les nuages dans le ciel      Sans rien tenir, rien retenir.    ... [Lire la suite]
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22 mai 2017

CELA : poème

                Tout au fond             L'obscur. Etang sauvage             Où coassent les crapauds.                 Parfois cela gémit             Et puis cela remonte             Par bouffées             Les fondations se mettent à branler             Les murs... [Lire la suite]
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18 mai 2017

MOITIE DE LA VIE : Poème de Hölderlin

                 MOITIE DE LA VIE           Avec des poires jaunes, penche,         Et plein de roses sauvages,        La campagne dans le lac.        Vous, cygnes gracieux        Et ivres de baisers,        Trempez la tête        Dans l'eau sainte et sobre.         Malheur à moi, où prendrai-je,  ... [Lire la suite]
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16 mai 2017

LIGNES du TEMPS : Hymne

         La ligne du temps est brisée      Bifide, langue de serpent.        Ils posent un point zéro      Ils croient que le cumul avare      Dessine l'embellie magnifique      Rejoigne au loin le ciel.      Ils construisent les tours d'orgeuil,      Des habitacles sous la mer,      Ils croient que les choses s'avancent      Comme avancent les fleuves.  ... [Lire la suite]
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16 mai 2017

La HANCHE BELLE : poème

    Assis,     Amont, je regarde vers le sud, la lumière   Glissante sur les cimes comme une main   D'amante, doigt de rose qui glisse   Sur la hanche, nudité lasse abandonnée   Au temps qui se reprend,   Conque d'amour et vasque d'Aphrodite   Que le sculpteur industrieux   De ses deux mains de feu immortalisera.
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15 mai 2017

ODE à HOLDERLIN : poème

         Qui donc es-tu, noble frère du Rhin      Toi Lumineux d'entre tous les poètes      D'aval au long des fleuves laboureurs      Déclinant de la source, de ville en ville,      Et tel Bacchos plantant vignoble de vin pur,      Toi l'errant, le sans patrie amant de sa patrie        Toi le sans père en attente du père,      Qui donc est-tu ?        Les dieux, les... [Lire la suite]
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12 mai 2017

LE PROCHE et le LOINTAIN : de la langue

       "Et j'ai presque      Perdu la langue à l'étranger" Se rendre à l'étranger, se perdre à l'étranger, perdre (presque) la langue maternelle à l'étranger, voici le risque d'un long voyage aux pays lointains, mais aussi le risque de se perdre dans le passé, auprès de ceux qui furent et qui ne sont plus. Debout sur le rivage, voir les grands bateaux partir sur l'océan, cela ne suffit pas, il faut s'embarquer pour se heurter ailleurs aux usages, aux aspérités d'une langue différente, car c'est... [Lire la suite]
11 mai 2017

De la TRADUCTION en POESIE

  Traduire c'est se mettre au service d'un auteur, tenter, dans notre langue, de rendre le vif de la pensée, le rythme interne d'une oeuvre, au sens propre, étrangère. L'étranger c'est ce qui est extérieur à nous, qui se cache et se montre dans une langue que nous connaissons peut-être mais qui résonne d'une tout autre manière. Il en résulte que la musique propre de cette oeuvre est impossible à rendre comme telle, elle témoigne d'un réel qui se dérobe, que l'on peut bien comprendre dans la mesure où l'on pratique cette langue... [Lire la suite]
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10 mai 2017

VIVRE EN POESIE

  Ce fut pour moi une extraordinaire expérience, à laquelle je reviens toujours, retrouvant chaque fois quelque chose de cet étonnement premier qui m'avait saisi jusqu'au fond de l'âme : ainsi donc il existe une dimension supérieure, un monde où l'on respire à pleins poumons, où le coeur s'exalte, où la beauté se donne dans les mots les plus ordinaires, où l'on peut sans peine se réconcilier avec la nature infinie, la poésie ! C'est un émerveillement sans cesse recommencé, et une tâche, une exigence, une sorte de devoir : "agis... [Lire la suite]
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