23 janvier 2019

Se LAISSER ALLER : comment écrire

  J'ai toujours balancé entre la littérature et la philosophie, ne me contentant d'aucune : à l'une manque trop souvent la profondeur, à l'autre l'enjouement. D'où cette obstination à me situer à la jointure, dans un entre-deux infiniment problématique, toujours mouvant et incertain, comme firent autrefois Lucrèce, Montaigne, Pascal et Rousseau, que les lettreux revendiquent pour leur paroisse, et que les philosophes considèrent avec réticence. Mais c'est là un débat pour universitaires en mal d'inspiration. Il faut partir de... [Lire la suite]
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03 janvier 2019

De l' IVRESSE : MARIA CALLAS

  La Callas ! Sublime, elle déclare qu'en entrant en scène elle éprouve une véritable ivresse. Comment ne pas songer à la Pythie, ivre de parfums envoûtants, proférant "de sa bouche délirante" d'obscures sentences inspirées par le dieu.  Ou encore ces tragédiennes austères déclamant à Epidaure les vers de Sophocle, en grec ancien, soudain saisies d'une étrange frénésie, tordues d'angoisse, ou fuminant de saintes colères. Maria Callas était grecque et ce n'est pas un hasard si elle a révolutionné la scène par un génie de... [Lire la suite]
20 novembre 2018

OCRE : poème

                             OCRE                   Dans l'ocre d'automne                 Intempestif étourdiment                 Je valse à contre-temps                   Le temps chavire,                 Le temps déchire      ... [Lire la suite]
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13 novembre 2018

PRESTIGE d' AUTOMNE : fantaisie

  Mon appartement est ouvert sur les arbres, si bien que j'ai parfois l'impression de vivre au milieu du feuillage, comme un écureuil, une pie, ou mieux encore, comme un aborigène de Nouvelle Guinée. C'est ma manière à moi de me sentir homo natura, en dépit de toutes les commodités et déformations de l'état de civilisation urbaine. L'automne est magnifique, les feuilles jaunes ont un éclat souverain, je les regarde frissonner dans la brise, et tomber quelquefois, ouvrant des trouées blanches sur les nuages, et la lumière court... [Lire la suite]
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26 octobre 2018

FRISSON du MATIN : fantaisie

  La nuit a tout emporté, tout balayé. Le matin me saisit, neuf, impromptu. C'est le miracle du matin, nouveau matin du monde... Philosopher c'est oublier le tout de hier, plutôt : accueillir le jour nouveau qui fait qu'il n'existe plus rien de hier. Se tenir à l'origine. Chaque matin c'est l'origine : à l'orée, aux rivages de la lumière. La sensation emporte tout : Héraklès aux écuries d'Augias. Il y a ceux qui veulent compiler, amasser, bâtir un système. De jour en jour, de nuit en nuit, ils comptabilisent. Ce sont les... [Lire la suite]
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18 septembre 2018

L' ERRANT : poème

    Il est parti vivre à la lisière   Au de là commencent les solitudes   L'inquiétude et l'effroi.     Ni d'ici ni d'ailleurs   Sans lieu ni feu parmi les hommes   Où qu'il aille il trace la frontière   Annule ce qui se croit.     Il est autre résolument   Etranger à toutes les querelles   De préséance et de tutelle,   Il s'en remet à ce qu'il voit     Il n'a ni futur ni passé   Aucun regret ne le poursuit   Dans son... [Lire la suite]
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28 août 2018

En PAUVRES LIEUX : poème

    Ultime lieu   Où le corps défaille sur le seuil   Effaçant souvenirs de joie ardente   Quand le sexe et la vie confondus dans la flamme   S'élançaient à l'assaut du ciel   C'était belle parade, par Zeus !     Maintenant je croupis sur la terre   Seul mon esprit, rétif   Galoppe encor par les steppes arides   Sans pouvoir se poser nulle part   Et nulle auberge ne le peut recevoir   Et nulle source ne le désaltère;     Lassé des faux... [Lire la suite]
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27 août 2018

L'ECART : poème

      En moindre lieu    C'est Höldelin-poète qui le dit    Surgit cela que l'on n'attendait plus    Le perdu, le relégué, le nié    L'enfant de nulle descendance    Oblique, à l'ombre du chemin      Et qui n' a pas de nom encore      Nulle place dans la langue          La plupart ne le remarquent pas     Ils passent, obnubilés par leurs affaires,    A peine s'ils ne... [Lire la suite]
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25 août 2018

FLUX : méditation

          Nous croyons que nous sommes des corps     Stables comme des marbres - hélas     Nous ne sommes que des flux     Flux branchés sur d'autres flux     Flux de flux, milliards de flux     Ils coulent de toute éternité     Dans tous les sens à la fois     Nul ne sait d'où ils viennent, où ils vont      Mais ils vont       Inexorablement branchés, entremêlés,     Et tous ils vont... [Lire la suite]
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20 août 2018

REVER l' AMOUR

        Je rêvais l'amour...c'est comme au bord de la mer     Voir des corps nus ballottés par les vagues     Qui montent, qui descendent, et de droite et de gauche     Tournent, versent, tirent en tous sens     Sans jamais se rejoindre, déportés     Au gré d'une force plus forte,     Contrariante, et jamais     Ils ne goûtent au divin repos.     Ainsi va la vie,     Reliant et déchirant, de proche et de... [Lire la suite]
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