LE JARDIN PHILOSOPHE

Recherche et pratique de la philosophie comme thérapie existentielle et de la poésie comme création dans l'ordre du langage

09 juillet 2007

L'OPERA DE LA MORT ET DE L' AMOUR

     L’ opéra de la mort et de l’ amour

Partition lyrique pour solistes, chœurs et orchestre baroque

Personnages : le narrateur

                      Hellmuth

                      Jeanne

                      L’enfant

                      La voix       

                      Guy

                      Le chœur antique

                      Le chœur moderne

L’action se déroule en plusieurs lieux également incertains, au coeur du vide.

Et selon deux axes du temps également incertains, quoique diamétraux, l’un qui serait celui de la chronologie réputée ordinaire et linéaire, l’autre qui mène à l’ origine, et de l’origine à la fin, elles mêmes incertaines.

Que le lecteur y plante comme il pourra ses propres repères, comme des fleurs de saison.

PROLOGUE : narrateur      

Je veux raconter

Comment la petite Jeanne

Rencontra l’amour

D’hellmuth, le forçat de guerre

Leur histoire qui est mienne.

LIVRE I : Hellmuth

Lettres

1 Hellmuth à Jeanne

Las, si loin de toi

L’horreur m’ a précipité

Sous le feu de la mitraille.

Verrai-je encor ton visage

Ton sourire au joli mai ?

2) Jeanne à Hellmuth

Mêlée à ton souffle

Brûlante au cœur de la nuit

Vibrante, palpitante

Au-delà de toute mort

J’ai conçu le fruit d’amour.      (21 dec 1944)

3)

Hélas je ne sais

Si je vis, si je suis mort

Quand mes yeux clignotent

Quand la lune me regarde

Quand croassent les crapauds

Lors je pense à toi

Dans le vacarme des armes

Dans le grand silence

Sous la neige, sous le feu

Et la lune me sourit. 

                            Hellmuth

4)

Je vibre d’amour

Je vibre de notre amour

Dans l’herbe allongée

Le soleil brûle mon cœur

Et mon ventre se réjouit.

Je marche rêveuse

Dans le jardin de mon père

Cueillant des pensées

Frissonnantes de rosée

Qui s’envolent jusqu’à toi.

                                     Jeanne

5)

Sur le front de l’est

Les blindés, les bombardiers

Mitraillent sans cesse

Les villes brûlent le ciel

L’incendie est dans ma chair

Nul ne veut la voir

L’effarante vérité

Monstres et démons

C’est en nous tous qu’ils habitent

C’est nous qui les nourrissons.

Quel est donc ce dieu

Que nous disons adorer ?

Terreur et carnage

Craquent l’ écorce terrestre

Le mal est au cœur du monde.

                                           1 jan 45

6) Ma chère Jeanne,

J’ai reçu ta lettre

Délicate et sensible.

Ce petit enfant

Garçon ou fille, qu’importe

Je l’aime comme l’espoir.

Que fera-t-il en ce monde

Nul ne peut savoir

Mais de moi il fait un père

Et de mon courage

Je trouverai un chemin

Pour ses premiers pas.

                                 Hellmuth, 15 jan 45

7)

Mon très cher époux

La chaleur de notre amour

Si tendre, si beau

Fait brûler sans fion ma joie

D’avoir notre enfant de toi.

                                      Jeanne, 30 jan 45

LE CHŒUR ANTIQUE

Dans cette enveloppe

De chair douce, délicate

Dans ces eaux de miel

Flotte insouciante et rêveuse

Une promesse de vie.

Posté par GUY KARL à 16:49 - POESIE 4 : OPERA de la MORT et de l 'AMOUR - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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