10 juin 2007
PRAGMATA
Pragmata
je publie dans les pages qui suivent un petit receuil de 22 poèmes sous le titre : "Pragmata"
Pragmata: en grec : les choses, les affaires, ce qui se réalise, ce qui fait l'objet d'un "prattein", d'un faire, ce qui donne "praxis". Pragmata est un neutre pluriel, à entendre à peu près comme "les choses faites" . Plus précisément "pragmata" renvoie ici à un illustre passage sur Pyrrhon d'Elis, prétendu fondateur du scepticisme, dont je parlerai bientôt, et dont je me revendique. Il dit en substance que pour être heureux il ne faut pas se demander " ce que sont les choses, d'où qu' elles viennent". Le sage ne se pose plus les questions d'origine et de fin qui hantent l'esprit des hommes. Il comprend que toutes les choses sont égales, qu'il ne faut rien préférer, qu'il faut laisser se relaxer l'esprit, se reposer dans l'énigme du Tout. Non-différence, aux antipodes de l'esprit de conquête occidental. On retrouvera dans ces pages quelque chose de pyrrhonien qui n'aurait pas déplu à Montaigne, cet oriental égaré en Périgord.