31 mars 2013

MANQUER : une anthropologie

    Il ya deux manières de manquer. Je manque de, ou bien je manque à. L'usage ordinaire privilégie le premier mode. Tout un chacun déclare peu ou prou manquer de ceci et de cela, argent, réussite, réputation, avoir, pouvoir ou savoir. C'est ainsi que Platon pose le manque de savoir à l'origine de la philosophie. "Aucun des dieux ne philosophe et ne désire devenir savant, car il l'est : et, en général, si l'on est savant on ne philosophe pas ; les ignorants non plus ne philosophent pas et ne désirent pas devenir savants ;... [Lire la suite]

29 mars 2013

Du PROCHE et du LOINTAIN : l 'ESPRIT

    Home, sweet home...Habiter. Ecoutons le poète parler de l'habiter, mieux encore d'un certain habitus, cette manière spécifique de l'humain d'"habere", d'avoir un domicile, de s'y investir sans s'identifier, sans se fermer, s'enclore dans l'enclos d'une propriété privée, coupée du monde des humains et de celui des dieux. "Plein de mérites, c'est en poète pourtant que l'homme habite sur cette terre".(Hölderlin, En bleu adorable). Mais que signifie habiter en poète?  Hölderlin dit "habiter sur cette terre", mais... [Lire la suite]
28 mars 2013

ICI et AILLEURS

    De retour à Pau je me dis : "je rentre chez moi". Mais que signifie cette phrase "je rentre chez moi", et où est-ce donc chez moi? Je dirai c'est mon épouse, mes proches, mes amis, c'est mon appartement, mon bureau. Mais je sais aussi que ce n'est là que réponse conventionnelle, je sais, dans mon intimité, que je ne suis pas tout à fait ici. Et alors je me demande : fut-il un temps où j'étais parfaitement là où j'étais, sans aucune distanciation, sans rature ni approximation? C'était, sans aucun doute, l'enfance, et le... [Lire la suite]
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21 mars 2013

Sur la MORT d' EPICURE

      Epicure à Idoménée : "Je vous écris ces mots vivant et achevant en même temps le jour bienheureux de mon existence. Les souffrances de la vessie et de l'estomac se sont poursuivies sans rien perdre de la violence qu'elles comportent. Mais contre tout cela se trouve dressé ce qui dans l'âme se réjouit, fondé sur le souvenir de nos entretiens passés. Quant à toi, prends soin des enfants de Métrodore, conformément à l'enthousiasme que tu m'as manifesté depuis la jeunesse, ainsi qu'à la philosophie". Là dessus,... [Lire la suite]
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20 mars 2013

Un TRAGIQUE JOYEUX ?

    Le tragique peut-il être joyeux? C'était l'opinion de Nietzsche. Mais cette conception me semble infiniment problématique, encore qu'elle m'inspire une immédiate sympathie, contre l'opinion courante. Convenons que le premier mouvement devant l'événement tragique c'est l'effroi, la débâcle et l'horreur. Comment pourrait-on se réjouir du malheur qui frappe l'innocent, de la dévastation qui emporte les villes. Même le spectacle de la tragédie, qui ne menace en rien la vie du spectateur, inspire de profonds sentiments... [Lire la suite]
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20 mars 2013

La METAPHORE du BALLON : du savoir

        Prenez un ballon, soufflez, soufflez encore, jusqu'à la limite de ce qu'il pourra contenir, soufflez, vous y êtes presque... Et vlan, trop fort, le ballon a éclaté. C'est tragique, la limite en elle même est insaisissable, vous êtes toujours d'un côté ou de l'autre, soit d'avant, soit d'après. Soit le ballon enfle, soit il éclate, mais où est la limite? Elle existe bien de quelque manière puisque son franchissement provoque l'éclatement, et en un autre sens elle est indéterminable, inconnaissable... [Lire la suite]
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19 mars 2013

Du SAVOIR de la MORTALITE

      Lacan écrivait : "j'ai vécu de me savoir mortel". L'idée est claire : c'est le savoir de la mortalité qui donne à l'être humain son identitité spécifique, bien différente des animaux et des dieux. L'animal semble tout ignorer de son destin, et le dieu est par essence immortel. Ce savoir donne à l'existence une gravité, une densité toutes particulières. Mais c'est un savoir fort incomplet, car si on sait que l'on meurt on ne sait pas quand. A l'angoisse inévitable de la fin s'ajoute l'angoisse d'un non-savoir... [Lire la suite]
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18 mars 2013

A-THEOS et ANTI-THEOS : Oedipe et Antigone

    Dans l'interprétation de Hölderlin, Oedipe, l'A-theos est un héros moderne qui vit dans sa chair la perte du dieu et le revirement catégorique. L'Anti-Theos c'est Antigone ("Remarques sur Oedipe", "Remarques sur Antigone",  en 10/18, n°233). Antigone ne se résout pas à laisser son frère défunt exposé à la curée des chiens, exige une sépulture décente contre l'interdiction de Créon, et bravera l'interdit au péril de sa vie. Aux dieux statutaires de la cité qui incarnent l'ordre civil elle oppose la loi non écrite,... [Lire la suite]
18 mars 2013

La MARCHE : poème

                                           LA MARCHE                   Non, tu n'as plus de demeure en ce bas monde                  Toi l'errant d'un seul jour aux plaines étales                      Tu vas, et sans savoir où, et sans pourquoi        ... [Lire la suite]
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17 mars 2013

OEDIPE A-THEOS

            "Abandonné du dieu ancestral, les yeux            Crevés, blessure inexpugnable, il se traîne               Boîtant par les chemins hagards, et nulle âme                  Ne peut le consoler".   Sophocle au vers 611 de sa tragédie qualifie Oedipe : "a-theos", sans dieu, Gottlos, privé du dieu qui se retire, invisible dans les obscurités du ciel. Le voilà délaissé, rendu à... [Lire la suite]