14 décembre 2016

Du DEUX et du MULTIPLE : Démocrite

Deux, cela peut s'entendre comme le second nombre de la série indéfinie des nombres (1,2,3,4 etc) - et nous voilà dans le multiple - o,u comme le second terme de la dyade métaphysique : bien et mal, attraction et répulsion, Eros et Thanatos, Dieu et diable, juste et injuste, masculin et féminin, etc Il ne suffit pas de dénoncer le sortilège de l'Un (voir l'article précécent) car nos métaphysiciens retors, concédant la nécessité du Deux, mettront tout en oeuvre pour inventer un principe supérieur, tirant de leur chapeau quelque... [Lire la suite]

13 décembre 2016

CONTRE le SORTILEGE de l'UN

  Mon adversaire philosophique personnel, celui que je combattrai jusqu'au dernier jour de ma vie, c'est le fétichisme de l'Un. De là viennent tous les maux du monde : Un dieu, Un Etat, Une Vérité, et tant qu'à faire, Un seul sexe, universel et omnipotent. Cela est bien ridicule, et contraire à la première observation venue qui n ous montre partout la diversité insommable, la contrariété, le multiple "ondoyant et divers" - en précisant que dans l'ancienne langue "divers" signifie moins la multiplicité pure que la contrariété :... [Lire la suite]
09 décembre 2016

Du CORPS DECALE : l'effondrement symbolique

  Je m'extraie péniblement du marasme de ces derniers jours, lequel m'a été à demi supportable à la faveur du dernier ouvrage d'Alain Badiou, non que je puisse le suivre dans ses ultimes recommandations politologiques, mais de ce qu'il ouvre de vraies perspectives en questionnant le statut de la jeunesse aujourd'hui. Il faudrait une longue analyse de ses thèses, mais je me bornerai ici à introduire une nouvelle catégorie à la suite des trois formes du corps contemporain qu'il repère : le corps perverti, le corps sacrifié et le... [Lire la suite]
05 décembre 2016

MODERNITE et MONSTUEUX

  "Quand nous partirons, nous aurons le sentiment d'avoir passé notre enfance dans l'Antiquité, nos années de maturité dans un Moyen-Age que l'on appelait la Modernité, et nos vieux jours dans une époque monstrueuse pour laquelle nous n'avons pas encore de nom". Peter Sloterdijk, dans "Les lignes et les jours". On ne saurait mieux dire. C'est sans aucun doute le sentiment des hommes et des femmes nés après la guerre, et qui ont depuis traversé le siècle à la vitesse d'un TGV planétaire, connu l'effarante obsolescence des modes... [Lire la suite]
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02 décembre 2016

L'AMOUR des ELEMENTS

  Lors de l'une de nos réunions philosophiques et amicales l'animatrice nous demanda de dire à voix haute quel était notre élément de préférence. Depuis Empédocle chacun sait qu'en Occident nous comptons quatre éléments fondamentaux : la terre, l'eau, le feu et l'air. Mais qui sait que les Anciens y ajoutaient parfois l'éther, conçu comme élément invisible, le quint élément, dont plus tard on voudra tirer la quintessence ? Qui sait par ailleurs que cette classification n'a rien d'universel, et que les Chinois raisonnent bien... [Lire la suite]
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30 novembre 2016

De la DOULEUR sans OBJET

  Le vertige c'est l'effroi du bord, lequel divise l'espace en deux zones absolument hétérogènes. De ce côté-ci c'est la sécurité relative, le connu, le pensable ; on y est "comme dans un port" (Epicure) ; et de l'autre la grande mer tourbillonnaire, "mari magno", les affres et les tourmentes. Et dans certaines expériences plus poignantes encore, le vide, l'irreprésentable, le "chaos" sans bord ni bordure. Pascal s'effrayant de l'immensité insondable, "où le centre est partout et la circonférence nulle part". J'étais hier dans... [Lire la suite]
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29 novembre 2016

Du VERTIGE : 29 novembre 2106

  Dans mes rêveries il m'arrive parfois de me retrouver au bord d'un précipice, ou d'une muraille qui donne vertigineusement sur le vide. A chaque fois je suis saisi d'effroi, je fais un brusque mouvement en arrière, très réel dans tout le corps, alors que je suis tout du long allongé sur un fauteuil. L'imagination, comme l'avais bien saisi Montaigne, suffit à glacer le sang, échauffer la bile, susciter les émois les plus saugrenus. Dans l'enfance, alors que j'adorais explorer les chateaux en ruine, les fouiller et retourner en... [Lire la suite]
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28 novembre 2016

LA PIE SAUVAGE : de la beauté

  Les arbres du parc s'effeuillent dans le vent d'automne. Déjà de larges échappées ouvrent sur le ciel gris. Assis à mon bureau je regarde longtemps par la fenêtre, j'observe la pie qui saute de branche de branche, s'arrêtant par moment pour picorer, puis reprenant sa course. Voici quelques semaines encore elle se débattait dans une déluge de feuilles vertes, puis, insensiblement, les feuilles ont passé au jaune, à l'ocre, au rouge par endroits, puis ont entamé leur descente vers le sol. La pie ne peut plus se cacher dans le... [Lire la suite]
23 novembre 2016

STIMULATIONS

  C'est un bien vilain vice que le tabac, d'autant qu'il s'incruste dans les replis intimes de la psyché, vous contraint à une humiliante répétition. Mais quoi ! connaissez-vous quelqu'un qui n'ait aucun vice, aucune addiction, ou toxique, ou érotique, ou comportementale ? La parfaite indépendance d'esprit, sans nul attachement, sans faiblesse coupable, relève du mythe, et la culture elle-même, dans la variété infinie de ses formes, ne va pas sans stimulants, excitants, usages dangereux, à croire que la vie, telle qu'elle est,... [Lire la suite]
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22 novembre 2016

De la SINCERITE : écrire, parler, méditer

    Pour écrire quelque chose qui ne soit pas que du semblant, il faut de la sincérité. Et celle-ci n'est pas si facile à pratiquer. C'est une vertu de la maturité, car auparavant on ne fait que répéter ce qu'on a entendu de tous côtés. Bizarrement il faut beaucoup ingurgiter et régurgiter avant d'accéder à une parole qui vienne de soi, comme si les couches profondes restaient longtemps inaccessibles. Mais comme il faut parallèlement une maîtrise efficiente du langage, de ses ressources cachées, chacun est condamné à... [Lire la suite]