05 novembre 2013

De l' EXCEDENT PULSIONNEL : dépense et sublimation

    Dans la longue histoire de l'Occident le "moment épicurien" représente peut-être la dernière phase d'équilibre dans un processus général d'intensification, qui des anciennes civilisations respectueuses de la vie naturelle mène par degrés à l'exploitation, à l'"arraisonnement" méthodique et planétaire de la nature. Dans Epicure, pour la dernière fois, l'homme se pense et se propose de vivre dans une relation harmonique et heureuse avec le Tout : le seul projet qui tienne, et qui soit réalisable, c'est de revenir aux... [Lire la suite]

04 novembre 2013

Du SUJET, et du MOI

    Une subjectivité sans sujet? Cela paraît insensé, sauf à préciser : sans sujet substantiel. On peut très bien soutenir ensemble deux propositions apparemment contradictoires, l'une qui pose l'absence de substance constante, immuable et pérenne (Bouddha), l'autre qui admet que la configuration des forces, instincts et pulsions témoigne d'un certain style singulier, d'une composition originale et différente de toute autre, d'une idiosyncrasie particulière, d'une organisation interne que l'on peut appeler "subjectivité" -... [Lire la suite]
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31 octobre 2013

De la BLESSURE, de la FAILLE, et de la VERITE

    Mais la blesssure ouvre sur quoi? Encore une fois c'est chez les Grecs que je trouve la réponse :      "Or donc, tout d'abord, exista Faille, puis par après, Terre Large-Poitrine      Base sûre à jamais pour tous les êtres" (Hésiode, Théodicée 116, 117). Faille traduit Chaos : ouverture, baîllement, hiatus. Elément primordial sans forme ni bord, qui n'est pas un non-être, mais pas davantage de l'être, si ce n'est comme potentialité indéfinie : apeiron (Anaximandre), le sans-limites, ou... [Lire la suite]
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30 octobre 2013

De la BLESSURE INTIME

    Sans doute avons-nous, chacun d'entre nous, notre blessure secrète, une zone psychique particulièrement délicate où la moindre égratignure peut provoquer les plus grandes souffrances. Par un certain coté de nous-même nous savons bien qu'elle est là, tapie dans l'ombre, mais en général nous évitons soigneusement de la considérer, nous maintenons la fiction de l'ignorance pour nous rassurer sur notre propre compte, et pour conserver une image aimable de nous-même. En quoi nous avons tort, car de la sorte nous nous... [Lire la suite]
29 octobre 2013

REGARD : poème

           Ton regard embué de beauté        Aspire le regard intérieur        Qui se mire lui-même en miroir        De toutes les eaux de la terre        Buvant l'espace immense, surnaturel        Où brille le regard des étoiles.           Le front, la bouche, le sourire         Le regard étoilé        Figurent la première image ... [Lire la suite]
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28 octobre 2013

De la METAPHORE POETIQUE

    Dans le silence de l'âme, soudain, une vive impression, une couleur, un son, une qualité sensible fait irruption, s'impose dans l'immédiateté, s'offre comme une grâce imprévue, miraculeuse. C'est un instant magique, vite perdu si l'attention ne le recueille, ne le prolonge dans la sensation recueillie. Et c'est, pour le poète, le don divin d'un mot, d'un bout de phrase, d'un fragment de vers, d'une association verbale, d'une tonalité et d'un rythme que rien ne préparait, que rien ne laissait présager, et qui se donne... [Lire la suite]
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28 octobre 2013

AUTOMNALE : poème

         Rouge le parc flamboie       De mille feuilles incendiées       Lente la lune orange       Gravit des marches invisibles       Et le soir tétanise       A l'acmé d'une extase muette       A l'apogée du coeur.  
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25 octobre 2013

Du FEMININ et du SENTIMENT d' EXISTER : WINNICOTT

    "L'étude de l'élément féminin non contaminé, "distillé", nous conduit à l'ETRE ; c'est la seule base de la découverte du soi (self discovery) et du sentiment d'exister (puis à partir de là se constitue la capacité de construire un intérieur, d'être un contenant, d'être à même d'utiliser les mécanismes d'introjection et de projection, d'établir une relation avec le monde en termes d'introjection et de projection). (Winnicott, "Jeu et Réalité", p 156). Winnicott, dans ce passage essentiel, dégage la spécificité de... [Lire la suite]
24 octobre 2013

ESTHETIQUE de l' ECART : de la non-jouissance

    "Il y a deux malheurs : satisfaire le désir et ne pas le satisfaire". C'est à peu près ce qu'écrit Oscar Wilde. (je cite de mémoire). On aurait plutôt tendance à penser, de nos jours, dans une société hédoniste, que le seul malheur est de ne pas le satisfaire, ce qui créerait de la frustration, voire une insatisfaction chronique. Pourtant je pense que Wilde a raison. La satisfaction entraîne souvent le pire, comme on voit par l'avalanche de calamités qui se précipitent sur le malheureux. Tel qui remporte le gros lot à... [Lire la suite]
22 octobre 2013

IMAGES de la PHILOSOPHIE

    Lorsque s'achève le processus de déconstruction de la philosophie, qu'en reste-t-il? Une méthode d'investigation, une pratique tenace du soupçon, une liberté, une exigence. Est-ce bien tout, même si c'est déjà beaucoup? C'est oublier une dimension très ancienne, omniprésente chez les bienheureux pères fondateurs, occultée, voire déniée depuis - la dimension poétique. C'est oublier que Héraclite, Empédocle, Parménide sont autant poètes que philosophes, inventeurs de belles images, artistes du verbe, créateurs de formes... [Lire la suite]