11 décembre 2017

"PERIR par le DELAI" : Epicure et Pascal

  "Nous sommes nés une fois, il n'est pas possible de naître deux fois, et il faut n'être plus pour l'éternité ; toi, pourtant, qui n'es pas de demain, tu ajournes la joie (to chairon) : la vie périt par le délai, et chacun de nous meurt affairé". Epicure, Sentence vaticane, 14. Le délai : demain je vivrai mieux, quand je connaîtrai la retraite, quand je toucherai un pactole, quand je serai libre etc. Ou alors, quand je goûterai aux félicités de la vie éternelle. Ou si je peux, on ne sait jamais, me réincarner dans une... [Lire la suite]
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10 décembre 2017

Sur un PONT d'ARAGON(1)

    Un modeste pont en Aragon, mais si joliment voûté, entre deux berges de rocailles et d’herbes sèches. Quelques arbres sous le soleil attendent le printemps. Tout est calme, comme suspendu entre deux saisons. Des oiseaux guillerets se chamaillent dans la broussaille.  Il y a je ne sais quoi d’irréel, de déplacé dans ce tableau, comme si le temps s’était arrêté, abandonnant sur ses rives ce monument d’un autre âge qui évoque de lointaines conquêtes, d’âpres luttes humaines contre les éléments hostiles, de pauvres... [Lire la suite]
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10 décembre 2017

Sur un PONT d' ARAGON (2)

  Le même homme ne traverse pas le même pont. Le pont semble le même pour ma conscience, lorsqu'à nouveau je vaticine dans les parages d'Alquezar. Mais moi, suis-je bien le même? Je ne puis qu'évoquer, aujourd'hui, et à jamais, le beau nom d'Héraclite, songeant qu'à la fois, je suis et ne suis pas. Supposons un instant que je sois : mais, d'aventure, serais-je encore celui que je fus, hier, penché, pantelant, comme Atlas sous le poids du monde, et aujourd'hui, bras ouverts, mains ouvertes, vers le ciel criant, au sommet du pont,... [Lire la suite]
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08 décembre 2017

ETRE ou ne pas ETRE : de la culpabilité

  Ni gémir, ni se moquer, mais tenter de comprendre. C'était la recommandation de Spinoza. J'ajouterai qu'il y a sans doute maintes choses ou affaires qui ne méritent pas même la considération, et qu'il faut éliminer, si l'on peut. Il y va de la santé psychique et de la santé tout court. Trop de choses déplaisantes exercent une action toxique, parfois directement, parfois à distance. D'autres sont d'une telle complexité qu'on n'en peut venir à bout. D'autres encore échappent totalement à notre pouvoir, alors même qu'elles nous... [Lire la suite]
07 décembre 2017

Leçon de la SOLITUDE

  On craint la solitude, on l'exècre, on la fuit. On court de droite et de gauche, on se divertit de tout et de rien. Nez au vent, à l'affût de la moindre diversion, on s'excite, on se pâme. Mais la solitude revient toujours. Eh quoi, que voulez vous fuir, si ce n'est vous-même ? Puis vient l'heure blême devant le miroir, l'étonnement du temps qui passe, qui ravage, et les rides, et les tourments de l'âme. Quoi ! Encore une journée, une année de passée, et moi, que vais-je devenir si tout s'en va, et moi de même ? Quel recours... [Lire la suite]
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28 novembre 2017

Du VOULOIR VIVRE et du REEL

  Selon une légende ancienne Dionysos se contemplant dans le miroir y voit le monde, parce qu'il est le monde. N'en est-il pas ainsi de chacun de nous ? Nous voyons ce que nous sommes, au sens le plus large. Nous croyons voir le monde tel qu'il est - mais comment pourrions nous savoir et voir ce qui est hors de nous -  nous ne voyons qu'une image, et dès lors, comment distinguer ce qui est image et ce qui est réalité ? Schopenhauer disait : le monde est ma représentation. Tout ce que je perçois est conditionné, organisé par... [Lire la suite]
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23 novembre 2017

Des ENGAGEMENTS

  Avant de nous engager dans une structure quelconque, posons-nous la question : pourrai-je en sortir ? Cela vaut pour tout. Je ne crois guère aux engagements définitifs, j'y vois une manière de forçage, comme si, tout au fond, on doutait de la validité de cette décision, et que l'on voulût refouler le doute, se contraindre soi-même à une forme étrangère, s'identifier sans reste à un idéal. Mais qu'en sera-t-il dans dix, dans vingt ans ? Autrefois on se mariait pour la vie, "jusqu'à ce que la mort vous sépare". Marions-nous si... [Lire la suite]
22 novembre 2017

Des OMBRES et de l' IMAGE

  Ulysse, descendant dans les Enfers, n'y rencontre que les ombres des trépassés. C'est un beau symbole, et pas seulement pour qualifier une hypothétique vie post-mortem, mais notre vie présente tout aussi bien. En effet, qui rencontrons-nous tous les jours, avec qui parlons-nous, si ce n'est avec les ombres de ceux que nous fréquentons ? Cette ombre que nous confondons avec la personne réelle, c'est le fruit de notre projection, de la re-présentation que nous avons construite à partir d'une perception écornée. Nul ne peut se... [Lire la suite]
20 novembre 2017

Le CHERCHEUR d' AME : profondeur et lumière

  De profondis ...La tradition chrétienne en fait le séjour infernal, foyer des passions tristes, des séductions mortifères, des expiations post mortem. De quoi veut-on nous détourner, sachant que tout ce qui existe, dans le monde et dans l'homme, mérite d'être exploré, analysé, et compris, dans la mesure du possible. Les Grecs sont moins naïfs et ne redoutent pas de faire signe vers l'énigme. Hésiode : "Au début était Chaos". Démocrite : "La vérite est dans l'abîme". Ulysse, au détour de son interminable voyage, n'hésite pas à... [Lire la suite]
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16 novembre 2017

Du REFOULEMENT ORIGINAIRE, et du REEL

  De quoi parlons-nous quand nous parlons ? Une des innovations les plus spectaculaires de Freud fut d'introduire le concept de refoulement originaire. Si je comprends bien, cette opérataion est l'effet du langage. Le mot est le meurtre de la chose, entendons : dorénavant tu désigneras par un mot l'objet de ta demande, ce qui revient à éloigner la chose de la satisfaction directe, à la retirer dans une nouvelle sphère qui se surajoute à la première, qui ne lui est nullement équivalente, et qui, de plus, relève en quelque sorte... [Lire la suite]