02 septembre 2013

Petite MEDITATION à propos d'un ANNIVERSAIRE

    Voici deux jours j'ai célébré mon soixante huitième anniversaire. Mes proches ont été extrêmemnt aimables à cette occasion, me proférant encouragements et gages d'estime. Je fis de mon mieux pour être de la partie, me rendre digne de tant de marques d'affection, et cela fut une belle fête. Mais chaque anniversaire est un peu le rappel de la destinée commune, que Scott Fitzgerald exprimait fortement dans cette phrase célèbre : "Toute vie est bien entendu un processus de démolition". On retorquera que la démolition... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:33 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

29 août 2013

De la PULSION de MORT : Freud avec Bouddha

    Il faut prendre garde à deux formes extrêmes du désir : le désir d'éternité et le désir d'annihilation. Dans cette célèbre sentence sur les causes de la souffrance, Bouddha met ces deux extrêmes sur le même plan, ce qui peut surprendre, car si chacun, peu ou prou, peut observer en soi-même la virulence du désir de persévérer indéfiniment dans son être, l'inverse, le désir d'annihilation, est infiniment moins perceptible, voire tout à fait inconscient, jusqu'à paraître une simple vue de l'esprit, sans correspondance... [Lire la suite]
28 août 2013

QUESTION

    (Bien niais) "celui qui dit qu'il est beau de "n'être pas né", mais,"si l'on naît, de franchir au plus tôt les portes de l'Hadès". Car, s'il est convaincu de ce qu'il dit, comment se fait-il qu'il ne quitte pas la vie"? (Epicure, Lettre à Ménécée, 127).  
Posté par GUY KARL à 11:04 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
27 août 2013

De la DEMANDE de RECONNAISSANCE

      Il existe peut-être un usage légitime et sain de l'agressivité. A condition de la distinguer soigneusement de la violence, qui est viol, effraction brutale ou programmée dans l'intimité d'autrui, dans son corps, son espace vital, son territoire privé. La violence serait un usage offensif et destructif de l'agressivité, visant la ruine, l'abaissement, l'annihilation de l'autre. Aussi la violence n'a-t-elle pas de limites, hormis la suppression physique de l'adversaire. C'est la logique de l'extermination. ... [Lire la suite]
27 août 2013

SISYPHE : poème

                     Nous glissons incertains sur le fleuve du temps                Roulant de pierre en pierre                Une vie morcelée, éclatée                Que seul un dieu pourrait parfaire                  Mais les dieux sont bien morts                ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:11 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,
26 août 2013

Le PARADOXE EPICURIEN : mort et immortalité

    Si l'on veut saisir pleinement le sens et la portée de l'éthique épicurienne il faut se rendre sensible à cette tension - ce tonos, cette tonique - très particulière qui la sous-tend, et que je traduirai par la formule suivante : vivre mortel d'une vie immortelle. Ce paradoxe est absolument central, il importe d'en saisir l'esprit sans verser dans les chimères de l'idéalisme. Premier point : il n' y a aucune parade à la mort individuelle : "Face à la mort nous sommes tous une citadelle sans défense". La vie que nous... [Lire la suite]

23 août 2013

RETOUR au CORPS : psychiatrie et méditation

    Qui a dit : "C'est dans ce corps long de cinq coudées que je trouverai le monde, l'origine du monde, la cessation du monde et le sentier qui mène à la cessation du monde"? Gageons que ce n'est pas un penseur occidental, et même le sublime Epicure, si soucieux de la santé et de l'équilibre du corps n'est allé jusque là.  Le corps et non l'esprit, et l'âme, et le moi, et le soi encore moins. Car l'esprit est comme un singe qui saute de branche en branche. Et l'âme est introuvable, le moi illusoire et le soi une... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
21 août 2013

Petite DIVAGATION MATINALE : la pipe

    Ah la première pipe du petit matin, fenêtre ouverte sur le beau jour de lumière! Et dire que le cardiologue voudrait me priver de ce plaisir! Mais comprend-il, l'animal, que c'est ma petite prière, à moi, pour le monde qui commence, mon aubade et ma félicité! Je renoue avec le prodigieux passé de mes ancêtres néolithiques, chasseurs de bison, amis des ours et des rennes. Ceux-là, dans la fumée de leur calumet, voyaient une émanation spirituelle, une purification, et de la sorte ils communiquaient avec les esprits de la... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 10:38 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
20 août 2013

De la SOLITUDE FONDAMENTALE

    Un rêve : je suis dans la ville d'autrefois où j'ai fait mes études, et pourtant je ne reconnais rien. J'erre interminablement par les rues, à la recherche du centre, je me perds dans les quartiers en construction, dans les amoncèllements de gravats, de béton armé, les fondrières, je monte et descends des escaliers, je longe de longues avenues illuminées, et rien, toujours rien, je ne reconnais rien. Un moment, tout au loin, je crois reconnaître le dôme aigü de la cathédrale, mais elle est si loin, si loin...L'évidence... [Lire la suite]
19 août 2013

Petite MEDITATION sur le FLEUVE

      Un petit tour par ci, un petit tour par là, je vaticine dans la cour des grands, anciens et modernes, mais avec une préférence marquée pour les anciens qui ont défriché merveilleusement les grandes avenues de la pensée. Je séjourne quelque temps auprès de l'un, je m'ébats avec ravissement dans ses bosquets fleuris, je hume ses roses, je m'ébouriffe au contact de ses épines, je m'intériorise dans ses pensées les plus chères et les plus difficiles, et puis je m'en vais, je m'en retourne vers mes propres fleurs,... [Lire la suite]