31 décembre 2015

SUBVERSION

  Si toute conversion implique un regard vers les cimes - voyez comment Platon invite à quitter l'amour des corps, puis des âmes, pour ne contempler en fin de course que le Beau et le Bien éternels - la subversion, comme l'étymologie l'indique, est un mouvement vers le bas, vers la terre, vers le limon et la glèbe, vers les corps sensibles, les sens, la sensation en général comme critère du vrai et du réel : sensualisme. Subversion de la connaissance : non le ciel intelligible, mais les conditions empiriques d'un savoir positif.... [Lire la suite]

31 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE (3)

  Le remède à la douleur du monde c'est la distanciation subjective. C'est du moins la lecture que fait Nietzsche de la pharmacopée épicurienne, laquelle intègre une bonne dose de scepticisme théorique. C'est le sens de la première des quatre propositions du Tetrapharmakon : les dieux ne sont pas à craindre. Epicure se garde bien d'entrer dans un débat sur l'existence ou la non-existence des dieux. Il invente cette stupéfiante solution de l'éloignement : les dieux, non seulement existent à des distances incommensurables, dans... [Lire la suite]
30 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE (2)

    "Epicure - oui, je suis fier de sentir le caractère d'Epicure comme nul peut-être ne le sent, et de goûter, en tout ce que j'apprends de lui, en tout ce que je lis de lui, le bonheur d'un après-midi de l'Antiquité. Je vois son oeil errer sur de vastes mers blanchâtres, sur des falaises où repose le soleil, tandis que des bêtes de toutes tailles viennent jouer à sa lumière, sûres et calmes comme cette lumière et cet oeil même. Un tel bonheur n'a pu être inventé que par quelqu'un qui souffrait sans cesse ; c'est le... [Lire la suite]
29 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE

  "L'épicurien se sert de sa grande culture pour se rendre indépendant des opinions régnantes ; il s'élève au dessus de celles-ci, tandis que le cynique se cantonne dans la négation. Il se promène comme par des allées de douce pénombre, bien protégées à l'abri des souffles, tandis que sur sa tête mugissent dans le vent les cimes des arbres, qui lui trahissent de quelle violence le monde est agité au dehors. Le cynique, au contraire, s'en va pour ainsi dire nu dehors, de ci de-là dans les rafales, et s'y endurcit jusqu'à perdre... [Lire la suite]
18 décembre 2015

LIBERTE et VERITE

  Je parle quelquefois de liberté, j'utilise le terme, mais toujours avec circonspection, réserve et méfiance. Je crains de tomber dans la facilité, considérant le peu de raison que nous pouvons avoir de nous attribuer une faculté si noble, si rare, si improbable. En réfléchissant à nos conduites nous y verrons bien plutôt la marque infaillible de la dépendance, de la culpabilité ou de l'aliénation. "Pas d'effet sans cause" nous enseigne la raison, et "pas de cause sans effet". A ce registre-là il n'existe jamais d'acte libre,... [Lire la suite]
17 décembre 2015

De la LIBERTE comme FRANCHISSEMENT

  La liberté résulte d'un fanchissement. Franchir c'est passer outre, dépasser un obstacle, s'affranchir d'une tutelle, gagner la franchise, terme dont le sens original est liberté. Dans le film "Amadeus" on voit le jeune Mozart piaffer d'impatience sous la férule de l'évèque de Salzbourg, qui lui passe commandes, le nourrit et le régente - en ce temps-là les musiciens étaient considérés comme des domestiques - jusqu'à ce jour béni où, tout soudain, Mozart se retourne, relève sa jaquette, exhibe son arrière-train aux yeux de... [Lire la suite]

16 décembre 2015

JOURNAL : 16 dec - ECRIRE ?

  J'ai ouvert récemment une nouvelle rubrique, appelée "journal" - à défaut de mieux - désireux que j'étais de me libérer des contraintes inhérentes à l'écriture philosophique. Je voulais quelque chose de plus léger, plus aérien, plus volatil, apte à épouser au plus près les mouvements intérieurs, sans tomber pour autant dans l'écriture intimiste, qui me semble sans intérêt, en tout cas pour les personnes qui lisent. Décrire sans sermonner, peindre sans prétention, au plus près de la réalité. Dans un premier temps je me suis... [Lire la suite]
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14 décembre 2015

JOURNAL du 15 décembre 2015

  Nous voilà pris à la gorge entre la montée de l'extrême droite et le terrorisme, importé du Moyen Orient. S'y ajoute, pour faire bonne mesure, la crise écologique planétaire. On a parfois le sentiment, cela m'arrive assez souvent, de vivre sur une banquise menacée par la montée des eaux. Et alors je me demande : que pouvons-nous opposer à tous ces périls ? Notre société, notre culture, sont-elle si misérables, si corrompues, si chancelantes, que de toute manière nous allons couler ? N'avons-nous donc plus rien qui puisse faire... [Lire la suite]
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14 décembre 2015

DU FANATISME

    A considérer froidement certains événements récents, je veux dire les tueries perpétrées au nom du "dieu unique et miséricordieux", il me vient, toute révulsion laborieusement écartée, quelques raisons de réflèchir sur ce qu'on nomme "fanatisme" - encore que cette notion n'épuise pas totalement le sens de ces phénomènes. Il s'y ajoute très évidemment une disposition criminelle, qui aurait pu s'exercer en dehors de toute référence religieuse ou idéologique. Mais les faits sont là : cette conjonction de la criminalité et... [Lire la suite]
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11 décembre 2015

EXISTER ou VIVRE ? - un rêve

  J'ai fait un bien doux rêve l'autre nuit, qui me change agréablement des cauchemars climatisés qui m'ont si longtemps tenu lieu de nourriture spirituelle : après quelques semaines passées à m'échiner en vain sur un programme de philosophie, je décide d'un coup de planter là Platon, et les "maîtres" supposés me préparer au concours - je fuis la Faculté, et, sans emploi, sans projet, sans vocation d'aucune sorte, je m'installe soudain dans la plus aimable incurie, journées infiniment ouvertes, perspective illimitée, vacance... [Lire la suite]