18 septembre 2018

L' ERRANT : poème

    Il est parti vivre à la lisière   Au de là commencent les solitudes   L'inquiétude et l'effroi.     Ni d'ici ni d'ailleurs   Sans lieu ni feu parmi les hommes   Où qu'il aille il trace la frontière   Annule ce qui se croit.     Il est autre résolument   Etranger à toutes les querelles   De préséance et de tutelle,   Il s'en remet à ce qu'il voit     Il n'a ni futur ni passé   Aucun regret ne le poursuit   Dans son... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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14 septembre 2018

ANATOMIE de la CROYANCE

              La fumée de tabac contient plus de soixante dix substances cancérigènes           L'Eglise apostolique et romaine           Héberge impunément des prêtres pédophiles par centaines,           Des centaines de vies brisées,           On aurait pu croire que sur l'heure églises, chapelles et monastères           Fussent désertés, abandonnés,    ... [Lire la suite]
13 septembre 2018

Ce NON-RAPPORT qui LIBERE

    Il ne faut rien attendre des dieux - à supposer qu'ils existent ils n'ont aucun rapport avec nous : "Il est sot de demander aux dieux ce qu'on peut se procurer par soi-même". Il ne faut rien attendre des hommes, partout règne la dissention, sauf si, de ci de là, un contrat librement passé vient réduire la violence. Politique négative : ne pas en rajouter à la violence générale, ne pas s'engager sottement dans des polémiques interminables, pratiquer le retrait philosophique : ek-chorèsis, hors du choeur des agités, des... [Lire la suite]
12 septembre 2018

AUTOPSIE de la MORT

               "La mort ne nous fait rien. Ce qui est décomposé ne sent point, et ce qui ne                                                 sent point ne nous fait rien". Epicure SV 2     Réduction analytique : dégrossir les représentations inspirées par la crainte - crainte des dieux, crainte de la mort - mais aussi des autres craintes plus diffuses, tapies... [Lire la suite]
11 septembre 2018

PHANTASIA : présentation imageante

  Vous êtes allongé sur votre couche, somnolent à demi, sentant confusément une présence à votre côté. Vous laissez aller votre bras, et voici que la main touche une surface tiède, douce, arrondie, souple au toucher, agréable et délicate. Votre main est comme remplie de présence, attentive et réceptive, et c'est comme si, d'un même mouvement, la main qui touche et l'épaule touchée s'épousaient ensemble dans la qualité indicible du contact : c'est la "phantasia", pas exactement une image, bien avant l'image, je dirai : la... [Lire la suite]
10 septembre 2018

APOLOGIE du TOUCHER : LUCRECE et EPICURE

              "Le toucher, ô sainte puissance des dieux, le toucher             Est le sens suprême du corps, soit qu'une chose s'y glisse             De l'extérieur, soit qu'un élément interne le blesse                  Ou le réjouisse en sortant par l'acte fécond de Venus,             Soit qu'après un choc, troublés dans le corps même,      ... [Lire la suite]

07 septembre 2018

La VERITE de la SENSATION : Epicure

  La sensation, dans le texte magistral d'Epicure, occupe une position à la fois fondamentale - toute connaissance vient des sens - et cruciale, en tant que par elle se fait la Krisis, l'examen critique par lequel se fait le retour à la "chose même". Voyons cela de plus près. L'aisthesis, la sensation, pourrait se définir comme l'effet que produit à la surface d'un corps sensible le contact d'un autre corps. Une "impression" dira plus tard, fort justement, Hume. Un corps me frôle,  je sens le contact sur ma peau. La... [Lire la suite]
05 septembre 2018

CONDITIONS et VICISSITUDES de l' ECRITURE

  Que de conditions sont requises pour écrire ! D'abord une plage horaire entièrement dégagée, sans souci, sans tracas - sans condition ! Une totale liberté de penser, un dégagement intégral. Il suffit de si peu pour brider la pensée, pour gauchir la démarche, ou l'entraver. Il m'est difficile d'écrire dans un bar, je sens la présence des autres tout autour de moi, je ne supporte pas que l'on s'assoie trop près, j'ai très vite l'impression d'étoufffer. Aussi n'y puis-je que griffonner quelques notes rapides sur un cahier, ce qui... [Lire la suite]
04 septembre 2018

Du DOUTE et de la SUPPRESSION : l' épochè sceptique

  D'un point de vue pyrrhonien, le doute n'est pas suffisant : douter c'est examiner une thèse en suspendant l'adhésion. D'où la formule canonique du scepticisme : suspendre son jugement, éviter d'affirmer et de nier. Mais si l'on procède ainsi on laisse les jugements en l'état, on ne se délivre pas des contenus de pensée, des idées et des dogmes. On se contente de se positionner à côté, en laisssant les thèses opposées se contester à l'infini. En quoi Pyrrhon est-il bien différent, et supérieur ? Il ne doute pas, il supprime,... [Lire la suite]
03 septembre 2018

ADELON : critique de l'invisible

  Dêlos : Ile qui vit naître Apollon et Artémis. dêlos : visible, apparent, clair, évident, manifeste. adêlos : invisible, obscur, incompréhensible.   "Le pyrrhonien, déclare Sextus Empiricus dans ses "Esquisses pyrhoniennes" (livre I, 7), ne donne son assentiment à aucune des choses obscures (adêlon)". Ces "choses obscures" désignent ce qui échappe à notre capacité de compréhension, toujours relative à notre état, à notre position, aux apparences, comme par exemple de saisir la nature intime d'un phénomène. Je ne sais... [Lire la suite]