25 janvier 2017

CHATEAUX de SABLE : fantaisie

  Voyageant dans le Péloponèse en direction d'Epidaure nous fîmes une petite halte dans une prairie verdoyante, à l'ombre d'un bosquet, comme aurait pu faire Oedipe dans son interminable pérégrination de prince déchu. Il y avait là quelques colonnes de marbre couchées dans l'herbe, des socles brisés, des pierres étalées au hasard, rien qui fût très remarquable : pourtant je n'ai pu oublier ce lieu, ni son nom, Médea, qui entre en résonance avec tant d'autres noms qui chantent dans ma mémoire. C'était très certainement une cité,... [Lire la suite]
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23 janvier 2017

SAMOS : fantaisie

  Je me sens d'humeur hellénique ce matin. A vrai dire cela m'arrive souvent, et si je devais me décider enfin pour un voyage en avion - comment faire autrement - c'est encore dans ce beau pays que j'irais le plus volontiers, quelque part dans une île bercée de soleil. En fait je balance entre deux destinations : d'un côté j'aimerais retourner quelques jours en Alsace pour revoir mon pays d'origine, sans doute pour la dernière fois, vu mon âge, et de l'autre tout me tire du côté de la Méditerranée, la "mère" suave de notre... [Lire la suite]
19 janvier 2017

Que faire des FANTASMES ?

  Je voudrais revenir sur la question du fantasme, tout en considérant comme acquises les propositions que j'ai déjà développées par le passé. Ce qui va suivre est le résultat d'observations que j'ai menées en moi-même, car enfin la production et la présence insistante de fantasmes relève de la vie intérieure dans ce qu'elle a de plus personnel, et je ne vois pas que l'on puisse observer quoi que ce soit en dehors de la vie privée. Les hommes et les femmes, en géréral, évitent soigneusement d'en parler, ce qui d'ailleurs est... [Lire la suite]
18 janvier 2017

La PERTE et l' OUVERTURE

  Il faut tenter de se familiariser avec l'image d'un moi perforé, troué de toutes parts, effeuillé. C'est cette image que l'on rencontre d'ailleurs chez certains écrivains vieilissants, qui ont vécu suffisamment pour ne plus adhérer à toutes les sornettes de l'époque, qui dans le tremblement même, dans une apparente fragilité, conservent en dépit de tout je ne sais quelle assurance inébranlable. Tout vacille, tout branle, leur corps fatigué, leur humeur chancelante, mais ils sont toujours là comme au premier jour, souples et... [Lire la suite]
17 janvier 2017

Du SENS de la PERTE

  A lire certains ouvrages de psychanalyse la vie ne serait qu'une suite ininterrompue de pertes, jusqu'à l'ultime qui emporte le bonhomme dans la tombe. Charmante cantate, entre le Miserere et le Dies irae ! De quoi vous dégoûter d'être né ! Certaines pertes, de fait, sont définitives et irrémédiables. On ne retrouvera jamais la mère orale qui vous a donné le sein. Mais qui, adulte, a vraiment envie d'être nourri au sein ? On préférera, je suppose, une solide choucroute agrémentée d'une belle pinte de bière ruisselante de... [Lire la suite]
16 janvier 2017

DU TOUT ILLIMITE : EPICURE

  Voici quelques propositions simples : Epicure, Lettre à Hérodote, 38, 39. "Rien ne naît du non-être. Rien ne retourne au non-être. Ainsi le tout était toujours tel qu'il est maintenant et il sera toujours tel : car il n' y a rien en quoi il change, puisqu'en dehors du tout il n'est rien en quoi, s'il y pénètre, il puisse se transformer."   Pour comprendre correctement ces propositions il faut bien voir qu'elles portent sur le tout en tant que tout, et non sur les formes internes qu'il recèle. C'est le tout qui ne... [Lire la suite]

12 janvier 2017

QUI SE RACONTE DES HISTOIRES ?

  Ce qu'on appelle le moi pourrait s'interpréter comme la somme des histoires que se raconte un sujet. Histoires intimes, histoires du passé et du présent, projections imaginaires vers un avenir inconnaisssable, histoires d'amour, de haine et de vengeance, de bonheurs arrachés, de malheurs ruminés, de traumatismes au long cours, de rêveries languissantes ou agitées, histoires interminables, histoires à n'en plus finir... Jusqu'au dernier jour de la vie, jusqu'au dernier souffle, le moribond rêve encore, s'acharne encore à rêver,... [Lire la suite]
10 janvier 2017

COMMENT LIRE les PHILOSOPHES

  Il y a deux manières de lire. La première consiste à écouter soigneusement le texte, à étudier les rapport entre les diverses thèses, à chercher le fondement de l'oeuvre, sa logique interne, voire à débusquer le secret de sa naissance et de son développement. Le lecteur se met entre parenthèses, autant qu'il est possible, pour lire exactement ce qui est, sans y ajouter de son crû, ou en retirer. C'est l'idéal universitaire, ou celui du philologue. Apprendre à lire est un moment nécessaire de toute formation. Il faut en passer... [Lire la suite]
09 janvier 2017

La CONSCIENCE TRAGIQUE : Héraclite

  "Le nuisible, salutaire". Je ne puis m'empêcher de songer à Hölderlin : "Où est le danger, croît aussi ce qui sauve". Le danger est ce qui menace. Le nuisible est présent, agissant comme force dissolvante. C'est d'abord une catégorie médicale, comme l'est aussi le salutaire. On a voulu tirer de ce fragment une leçon thérapeutique, ce qui n'est pas, a priori, interdit. Mais le sens est plus ample. Nous cherchons de toutes nos forces à éviter le nuisible, craignant pour notre santé, ou pour notre vie. Mais il est évident qu'on... [Lire la suite]
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06 janvier 2017

HADES et DIONYSOS : Héraclite

  "Mais c'est bien le même que Hadès et Dionysos... ". Hadès est le dieu des morts, ou le séjour des morts. Déclarer qu'il est le même que Dionysos est d'abord perçu comme une provocation, un renversement proprement stupéfiant, voire hérétique. Dionysos n'est-il pas le symbole de la vie luxuriante, affranchie de toutes normes et tutelles, débordante de vitalité, qui emporte les Ménades, les Bacchants et les Bacchantes dans une ivresse déchaînée, vers les montagnes, les forêts sauvages, pour y célébrer, dans l'ensauvagement, les... [Lire la suite]