16 juin 2015

Du GRAND AUTRE

  Voici une proposition qui ouvre : il y a de l'Autre. Sans quoi la répétition serait invincible, irrémédiable. Encore faut-il distinguer : pour qu'il y ait de l'Autre, il faut que l'autre qui se présente (autrui, le proche, le semblable) ne soit pas perçu comme trop semblable, reflet, miroir, ou pire encore, excroissance du Moi, comme on voit dans certaines organisations psychotiques, lesquelles opèrent un déni, où l'autre comme tel est purement et simplement forclos, sans représentation psychique dans la structure. Le pervers... [Lire la suite]

12 juin 2015

L' UN et l' AUTRE

L’UN et l’ AUTRE     Peut-être faut-il penser l’Un comme la structure fondamentale du mythe : mythe de l’amour, exemplairement décrit par Platon dans le Banquet, comme effort désespéré de reconstruire l’unité perdue en se collant à la part manquante, de récupérer cet autre qui nous aurait été soustrait par la malignité des dieux. Mythe politique : constituer une société homogène où les divers composants se fondraient en une harmonie supérieure, effaçant les singularités de classe, d’origine, d’intérêts, de... [Lire la suite]
11 juin 2015

Les ATOMES et les LETTRES : LUCRECE

  Si la somme arithmétique des atomes est infinie, formant l'infinité des corps dans l'univers, ils sont en nombre fini quant à leur forme et leur structure, se combinant de mille manières dans toutes sortes de corps : en quelque sorte l'atomisme anticipe la chimie moderne, rêvant, sans y pouvoir parvenir, d'une table exhaustive des éléments : "Conçois donc un grand nombre de corps (premiers) Commun à maintes choses, comme les lettres aux mots" (I, 196, 197). Cette analogie, ici clairement exprimée, entre l'atome et la... [Lire la suite]
10 juin 2015

La PLUIE des ATOMES et la DECLINAISON : Lucrèce

  Après le modèle "quantique" esquissé dans l'article précédent, voici un second modèle, exposé par Lucrèce lui-même, singulièrement, quelques lignes plus loin, ce qui est pour le moins troublant : s'agit-il de deux modèles différents, ou bien l'un est-il un cas particulier de l'autre, comment savoir ? Mais revenons au texte. C'est la présentation canonique de la déclinaison (II, 214 à 221) : "Dans la chute qui les emporte, en vertu de leur poids Tout droit à travers le vide, en un temps indécis, En des lieux indécis, les... [Lire la suite]
10 juin 2015

Du CHAOS et de la MORT ETERNELLE : Lucrèce

  Premier modèle, modèle "quantique" : les atomes "errent dans le vide, se meuvent, s'affrontent, se repoussent, rebondissent, se heurtent, sautent, s'écartent, s'éloignent, s'enchevêtrent, mouvement incessant et varié, agitation éternelle, turbulences, chocs, bifurcations, retours, tantôt ici et tantôt là, partout et en tous sens". Je n'ai fait là qu'énumérer les termes utilisés par Lucrèce pour dépeindre le mouvement des atomes dans le vide infini. (II, 70 à 132) Suit l'admirable tableau de la danse des poussières dans la... [Lire la suite]
09 juin 2015

NAISSANCE et MORT : LUCRECE

  Il est remarquable que le livre VI du "De natura rerum" mentionne deux fois Athènes, la première fois à l'ouverture du chant, Athènes mère des arts, demeure d'Epicure, foyer admirable de culture et de sagesse, et tout à la fin, Athènes ravagée par la peste, bûchers, cancres et désolation. Le poème, comme les choses emportés dans le déclin, va vers son extinction finale, retourne à la cataracte de l'entropie universelle. On se demande depuis deux mille ans si Lucrèce a bien achevé son poème, si cette fin calamiteuse et... [Lire la suite]

08 juin 2015

Du CHAOS et de la NAISSANCE : LUCRECE

  LUCRECE, chant V, 423 à 427   "Les innombrables principes des choses, d'innombrables manières, Ebranlés par les chocs, emportés par leur poids, Depuis un temps infini n'ont cessé de se mouvoir De s'unir en tous sens, de tenter toutes les créations Que leurs combinaisons étaient capables de former"   Et plus loin : 436 à 439 "C'était une tempête nouvelle, une masse inouïe D'atomes de toutes sortes dont la discorde confondait Les distances, trajets, liaisons, poids et chocs, Mouvements et rencontre en une... [Lire la suite]
05 juin 2015

Le TEMPS et la DECLINAISON : LUCRECE

  "Vois les gouttes d'eau qui tombent sur la pierre Avec le temps elles finissent par percer cette pierre". Lucrèce, IV, 1286- 1287.   La pierre figure le stable, le solide, le permanent. Pourtant c'est l'élément fluide qui l'emporte à la fin, et tout à la fin, emporte toutes choses dans l'indéterminé. Entropie généralisée, loi de nature. La pierre figure un système stable-instable, comme tous les systèmes, étoiles, pierres, végétaux, animaux, humains. Stable dans le court terme, instable, périssable dans le long. Un... [Lire la suite]
04 juin 2015

PENSER par SOI-MEME : de l'expérience.

  Que signifie "penser par soi-même" ? C'est expérimenter sans préjugé, sans affiliation dogmatique, sans souci de justifier une thèse quelconque, en se rendant disponible à l'expérience, en accueillant ce qui se présente dans un esprit d'ouverture. C'est dire aussi que la pensée, dans un premier temps, doit se taire, s'effacer devant l'événement, quelqu'il soit. La chose est plus difficile qu'il n'y paraît : nous pensons trop, et mal. D'abord les faits, la pensée peut venir après, et de toute manière elle vient toujours assez... [Lire la suite]
02 juin 2015

DERVICHES TOURNEURS : du vide

  Ils tournent, ils tournent, tout de blancs vêtus, la tête penchée sur un côté, ils tournent inlassablement, en cercle, ils sont une quinzaine, silencieux, concentrés, à courte distance les uns des autres, sans un regard alentour, ils tournent - autour de quoi ? De l'espace vide, au centre, espace hors langage, espace vierge. Ils ne regardent ni le centre, ni alentour : ils sont entièrement ramassés en eux-mêmes, tête penchée, regard absent. On sent que rien ne saurait les distraire, les arracher à leur méditation silencieuse,... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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