15 octobre 2018

A QUI S' ADRESSE UNE PHILOSOPHIE ?

  En théorie une philosophie s'adresse à tous les hommes, du moins si l'on considère que tous les hommes sont des êtres pensants, susceptibles d'évoluer vers la connaissance. C'est ainsi que Diogène d'Oenanda se propose "de venir au secours des hommes de bonne composition" en leur enseignant les remèdes contre la maladie de l'âme. Mais la formule même - des hommes de bonne composition - implique une réserve : elle établit une frontière entre ceux qui sont aptes à la guérison et les autres. Le critère thérapeutique vient... [Lire la suite]

12 octobre 2018

PYRRHON en INDE : un récit

  Alexandre, qui avait été formé par Aristote, manifestait une véritable curiosité philosophique. Il fut extrêmement saisi par le personnage de Diogène, dont la liberté de moeurs et de parole l'avait stupéfié : "Si je n'étais Alexandre j'aurais voulu être Diogène". Par la suite, tout au long du voyage qui le mena aux confins de l'Inde, il s'entoura d'une équique de philosophes, dont il consultait parfois les avis : Callisthène le neveu d'Aristote, Onésicrite, un disciple de Diogène, Anaxarque, et notre Pyrrhon, qui était encore... [Lire la suite]
11 octobre 2018

PYRRHON à ELIS

  La cité d'Elis, dans le nord-ouest du Péloponèse, était célèbre à double titre : elle avait la garde du site sanctuarisé d'Olympie qui accueillait tous les quatre ans les Jeux. Cette noble fontion lui assurait une sorte d'inviolabilité, fort appréciable en ces temps troublés où les Macédoniens dominaient la Grèce. Elis était également la seule ville qui possédât un temple en l'honneur d'Hadès : singularité de plus, si l'on songe qu'Hadès est le dieu des Enfers, le dieu "riche" (Pluton) qui recueille la foule intarissable des... [Lire la suite]
09 octobre 2018

Du TEMPS, et des APPARENCES

  Et il ne reste plus que le temps... A entendre dans les deux sens, le temps qu'il fait et le temps qui passe. C'est la variation infinie, l'écoulement et la transformation perpétuelle qui sont le temps. Nuages, foudre, orages, calme serein, tornades, vent et bourrasques, ça va, ça vient, ça passe, ça glisse, ça tourmente et apaise, ça tourne et se retourne, ça continue. Qu'est ce que le présent - si déjà au coeur du présent ça se transforme, que le présent déjà a glissé dans le passé, eaux du fleuve qui coule, et passe, et ne... [Lire la suite]
08 octobre 2018

IMPLICATIONS PYRRHONIENNES : un joli massacre !

  Je m'essaie à tirer toutes les implications, théoriques et pratiques, de la perspective pyrrhonienne, quitte à franchir quelques frontières : peut-être même mes élaborations vont-elles faire grincer des dents, arracher des hoquets - notammant à quelques traditionalistes, s'il s'avérait, le fait est improbable, qu'ils fréquentassent mes écrits ! L'idée qui m'est venue est si extravagante que j'hésite à la communiquer, mais enfin s'il n'y a pas de gêne il n'y a pas de plaisir. En fait cette idée nouvelle m'est venue au souvenir... [Lire la suite]
05 octobre 2018

Au DIABLE la METHODE ! : de l'ataraxie

  Le trait commun des philosophies hellénistiques est la recherche du souverain bien, posé comme "telos" : terme, but, fin dernière. Ce souverain bien est défini comme ataraxia, absence de troubles. Les méthodes proposées pour y parvenir divergent, mais la fin est la même. On pose en avant de soi un certain idéal de vie, une image de l'excellence, et l'on se met en route pour y parvenir. De la sorte on crée inévitablement une tension entre le présent (l'état actuel de la sensibilité et de la pensée) et le futur espéré. Cette... [Lire la suite]

04 octobre 2018

L'UN et la DIFFERENCE : ode à Pyrrhon

  Ebattons-nous ! L'intérêt inestimable de la position pyrrhonienne est de nous libérer de tout souci de savoir, de pouvoir et de prévoir. Les choses vont leur cours, et s'il est nécessaire de pourvoir à l'usage et à la commodité de la vie, la sienne propre et celle des proches, et à l'aventure même celle du corps politique, il n'en résulte nullement qu'il faille être constamment préoccupé, enbesogné, au point de virer à l'atrabiliaire. La tristesse est mauvaise conseillère, et j'en parle d'autant mieux que de nature j'y suis... [Lire la suite]
03 octobre 2018

RELATIVITE GENERALE : PYRRHON

  On peut considérer Pyrrhon comme l'initiateur d'une théorie de la relativité générale, laquelle vaudra moins pour elle-même - il s'agit toujours d'éviter la chute dans une position dogmatique - que pour dynamiter les thèses optimistes, qui prétendent que le savoir est possible. Il n'existe pas de position de survol par laquelle on embrasserait l'unité et la totalité des choses. L'homme qui se hisse prétentieusement au niveau divin, distribuant les qualités et les défauts du haut d'un trône imaginaire, ne fait que délirer à... [Lire la suite]
02 octobre 2018

PURGATION PYRRHONIENNE

  Le pyrrhonien ne détermine rien de façon dogmatique et suit les apparences (phainomena) : "lorsque des impressions variées nous frappent, nous dirons qu'elles apparaissent, les unes et les autres ; et la raison pour laquelle ils posent, disent-ils, les apparences, c'est qu'elles apparaissent". (DL,IX 107) J'aime cette position purement nominative, qui éxclut tout développement, tout verbiage ; les apparences apparaissent et sont les apparences parce qu'elles apparaissent. Que dire d'autre ? Il s'agit bien de ramener l'usage... [Lire la suite]
01 octobre 2018

SUSPENSION SCEPTIQUE

  "Les choses que les dogmatiques affirment avec fermeté dans leurs discours, en prétendant qu'ils les saisissent, à leur sujet nous suspendons notre jugement, en tant qu'elles sont non évidentes : nous ne connaissons que nos affects. En effet, le fait que nous voyons, nous l'accordons, et le fait que nous pensons ceci et cela nous le savons ; mais comment nous voyons, ou comment nous pensons, nous l'ignorons ; et que telle chose nous paraisse blanche, nous le disons sur le mode de la narration, mais sans affirmer fermement si... [Lire la suite]