05 décembre 2018

PSYCHANALYSE du TROU

  Peut-on se représenter un trou sans bords ? C'est pour le moins difficile. Pourtant c'est à cela que nous convie Hésiode lorsqu'il pose l'origine du monde comme "chaos" - ouverture infinie, béance absolue - d'où sortiraient la Ténèbre et la Nuit, bien avant le Jour et la Lumière. Quand nous figurons un trou nous partons des bords, lesquels découpent un cercle, à l'intérieur duquel s'ouvre l'abîme. Voyons les enfants au bord d'un puits : ils s'appuient sur la rembarde, avancent la poitrine et la tête, ouvrent tous grands les... [Lire la suite]
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04 décembre 2018

De la CONSCIENCE PERSONNELLE et TRANSPERSONNELLE

  Un commentateur objecte à un précédent article, où j'exposais l'idée que la mort est une annihilation complète, qu'il est possible  de considérer le décès comme un changement d'état plutôt qu'une annihilation. Ma réaction immédiate est de dire que le seul changement d'état constatable et incontestable est le cadavre. Mais mon cadavre n'est pas moi : c'est une décomposition qui ramène le corps à l'ordre implacable et anonyme de la nature. On me dira sans doute : l'homme n'est pas seulement un corps et l'on peut imaginer... [Lire la suite]
03 décembre 2018

KARMA et CAUSALITE PSYCHIQUE

  Le karma, sitôt que l'on écarte les enflures de l'imagination, se ramène à une idée extrêmement simple. Point n'est besoin d'invoquer la puissance divine qui imposerait quelque prédestination fatale, ou la conséquence funeste d'existences antérieures, comme on fait dans l'Hindouisme. Il suffit de dégager l'idée juste enveloppée dans de fumeuses spéculations, à savoir : nos actes ont des conséquences parce qu'ils s'inscrivent dans la réalité, et modifient peu ou prou la réalité. Le bon sens ou la prudence pratique consiste donc... [Lire la suite]
26 novembre 2018

"J'ai vécu de me savoir mortel" - la CONSCIENCE de la MORTALITE

  "J'ai vécu de me savoir mortel" déclarait Lacan. On peut en tirer cette leçon que certains se savent mortels et d'autres non. Aux premiers appartiendrait cette conscience aiguë de la mortalité qui donnerait à leur existence un surcroît de vie - mais quelle sorte de vie ? - alors que les seconds végéteraient dans l'illusion. Cette proposition prend le contrepied d'une conviction largement répandue selon laquelle la conscience de la mort sonnerait le glas de l'ambition, du plaisir et conséquemment du bonheur. Le héros se... [Lire la suite]
22 novembre 2018

AUTARKEIA : Aristippe

  "Comme on l'avait un jour interrogé sur ce que les philosophes ont en plus, il dit : "Si toutes les lois étaient supprimées, nous continuerions à vivre de la même façon".(DL II,68) Ce ne sont pas les lois civiles qui règlent le comportement, c'est la loi intérieure. Serait philosophe, selon Aristippe, celui qui n'a pas besoin de s'appuyer sur un code externe, hétéronome, pour gérer sa conduite, parce qu'il trouve en lui-même le principe et la fin, ce que les Anciens appelaient l'autarkeia, la gouvernance de soi-même. En... [Lire la suite]
21 novembre 2018

Du PLAISIR : ARISTIPPE de CYRENE

  Il est de bon ton, depuis l'Antiquité, de déverser un mépris souverain sur Aristippe et ses successeurs "cyrénaïques", au motif qu'il est indigne d'un philosophe de faire l'apologie inconditionnelle du plaisir, plus encore d'avoir déclaré que le plaisir est un mouvement corporel, que plaisir et douleur se ramènent en dernière analyse à des mouvements corporels. De fait, Aristippe inaugure une réflexion féconde sur la nature, la source, et la valeur des affects, qui inspirera, parfois à contresens, pyrrhoniens et épicuriens.... [Lire la suite]

20 novembre 2018

OCRE : poème

                             OCRE                   Dans l'ocre d'automne                 Intempestif étourdiment                 Je valse à contre-temps                   Le temps chavire,                 Le temps déchire      ... [Lire la suite]
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15 novembre 2018

"Nous ne connaissons que nos affects"

  "Nous ne connaissons que nos affects" - cette idée est attribuée par Diogène Laerce aux sceptiques (IX, 103) en conformité avec le texte de Sextus : "Le sceptique donne son assentiment aux affects (pathos) qui s'imposent à lui à travers une impression". Je ne dirai pas : le miel est doux, ce qui serait poser une thése sur la nature du miel - que j'ignore - mais je dirai : le miel m'apparaît doux, ce qui est une donnée immédiate et indiscutable de ma sensibilité. Nous sommes affectés par les apparences extérieures (phainomena)... [Lire la suite]
13 novembre 2018

PRESTIGE d' AUTOMNE : fantaisie

  Mon appartement est ouvert sur les arbres, si bien que j'ai parfois l'impression de vivre au milieu du feuillage, comme un écureuil, une pie, ou mieux encore, comme un aborigène de Nouvelle Guinée. C'est ma manière à moi de me sentir homo natura, en dépit de toutes les commodités et déformations de l'état de civilisation urbaine. L'automne est magnifique, les feuilles jaunes ont un éclat souverain, je les regarde frissonner dans la brise, et tomber quelquefois, ouvrant des trouées blanches sur les nuages, et la lumière court... [Lire la suite]
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12 novembre 2018

Du TEMPS selon EPICURE

    Sextus écrit que pour Epicure le temps est "l'accident des accidents". Certains traduisent assez paresseusement : le symptôme des symptômes. Mais cette traduction est absurde, car aujourd'hui le mot symptôme évoque irrésistiblement la maladie, dont le symptôme est le signe répérable. "Symptoma" est d'abord ce qui tombe (pipto) et qui tombe ensemble (sum). A partir du latin " cadere" nous avons en français une riche série de termes qui évoquent assez bien ce mouvement de chute : cadence, chéance, échéance, chance,... [Lire la suite]