16 mai 2018

De la JOUISSANCE du SYMPTOME

  D'aucuns parlent de la jouissance du symptôme. Hélas, pauvre jouissance, piteuse, calamiteuse et écornée. Un tel rampe dans l'hypocondrie, un tel s'obsède et se déprime, tel autre bichonne ses petits maux d'estomac, rumine ses déboires. Jouissent-ils ? C'est à voir. Mais tous répètent, et cela, d'une certaine manière, en dépit des douleurs, est jouissance. Grâce à quoi le monde est comme il est, cela lui donne un petit air de "déjà vu" qui ne va sans charme, et qui rassure. Et puis les douleurs sont valeurs dont on parle,... [Lire la suite]

14 mai 2018

De "LA JOIE CHEZ HOMERE"

  Voici deux ans j'eus la grande joie de rencontrer Clément Rosset dans sa petite maison, entre bocage et collines fleuries. Nous étions quatre mousquetaires palois de la philosophie, très désireux de parler avec cet étrange bonhomme qui avait ébranlé notre ancienne vision du monde. Fut-il heureux de nous voir, ce n'est pas sûr : il semblait émerger difficilement d'une profonde sieste, rêveur et embarrassé. Mais il nous reçut avec courtoisie, nous pria d'entrer, nous offrit à boire. Et nous voilà tous les cinq autour d'une table... [Lire la suite]
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09 mai 2018

De l'INSUBSTANTIALITE (2) - la "chose"

  Quel intérêt, direz-vous, à méditer sur l'insubstantialité du monde et du moi ? Des quatre modes précédemment analysés je retiens, vous l'avez compris, le quatrième, le seul qui présente quelque cohérence dans la pensée. Le seul qui offre une vue dégagée sur le réel, et nous libère un tant soit peu de l'attachement. Qu'il y ait des "choses" nul n'en doute, mais nous ne savons guère ce qu'elles sont. Elles existent "pour nous", et ce "pour" est incontournable. Celui qui mange une pomme ne se soucie pas de la nature de la pomme... [Lire la suite]
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07 mai 2018

DE l'INSUBSTANTIALITE : les quatre modes

    De la substantialité, et de son opposé, on peut décrire quatre modes : Pour le premier, les objets du monde et le moi lui-même sont substantiels. C'est la position spontanée de l'Occidental, renforcée par les traditions religieuses qui ne mettent pas en doute la réalité objective (matérielle) du monde physique, pas plus que la réalité du moi, ou de l'âme, conçues comme substance immatérielle certes, mais personnelle, constante et éternelle. La philosophie dominante insiste sur l'autonomie du sujet : "je suis,... [Lire la suite]
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04 mai 2018

De la NEGATION du VOULOIR : SCHOPENHAUER

  Le problème qui travaille en profondeur la philosophie de Schopenhauer, noeud gordien, énigme et défi, est, à mon avis, le suivant : si la volonté agit souverainement dans les profondeurs, déterminant les motifs de l'action, emportant toutes choses dans le flux incessant et absurde d'un temps sans finalité, et si l'intellect lui-même, qui se croit doué de libre arbitre, obéit sans le savoir aux motivations de la volonté - alors comment pourrait-on concevoir et agir un détachement à l'égard du vouloir, et procéder à une... [Lire la suite]
03 mai 2018

SCHOPENHAUER avec HERACLITE

  La grande pensée de la Grèce antique, celle qui féconde en profondeur la première philosophie, est exprimée souverainement par Héraclite dans le célèbre fragment 30 : "Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l'a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s'allumant et s'éteignant en mesure". Il n'y a qu'un monde, celui-ci précisément, et qu'on le loue ou le refuse est indifférent. Suit la formulation homérique, reprise d'innombrables fois chez presque tous les auteurs : il était toujours, il... [Lire la suite]

02 mai 2018

De la TYRANNIE de l' HISTOIRE : SCHOPENHAUER

  "Un devenir éternel, un flux sans fin : voilà les manifestations de la nature du vouloir" - entendons du vouloir-vivre comme essence intime de la réalité. Que veut le vouloir-vivre ? Sa propre perpétuaton à l'infini. Ce qui signifie clairement qu'il n'y aura jamais de "dimanche de la pensée", de paix finale, de paradis sur terre, de jardin d'Eden. Schopenhauer n'est pas de ces idéologues qui croient que par le travail du concept, ou par le travail tout court, on puisse modifier en profondeur les conditions fondamentales de... [Lire la suite]
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25 avril 2018

LA CONNAISSANCE DE SOI, un leurre ? - PYRRHON

  Reprenant la formule delphique: "connais-toi toi même et tu connaîtras l'univers et les dieux" je me propose de la soumettre à ce qui pourrait-être une exploration pyrrhonienne. On ne sait pas, malheureusement, ce que Pyrrhon a pu penser de cette injonction, à supposer qu'ii s'y soit attardé, ce qui est loin d'être sûr. De son maître Démocrite il a pu retenir la formule "je sais que ne sais rien" (qui n'est pas une exclusivité socratique), et ce savoir paradoxal qu'il n'existe pas de savoir en vérité. De là découle... [Lire la suite]
24 avril 2018

DU RIRE

  D'un de ses proches voisins j'apprenais avec surprise que Louis de Funès, l'irrésistible comique professionnel, était de complexion anxieuse, sombre et mélancolique. Aujourd'hui j'en juge très différemment : lorsque rien, ni en vous, ni autour de vous, ne vous porte à rire, le mieux est encore de faire profession de rire et de faire rire les autres. Cela donne du poids à la maxime de La Bruyère : "Il faut rire avant que d'être heureux de peur de mourir sans avoir ri".
24 avril 2018

De l'HUMOUR

  J'aime l'humour et ne prise guère les "humoristes", ceux que l'on qualifient de tels, et qui de l'humour ne font voir que la facilité, le clinquant ou le dérisoire. Les vrais humoristes sont des penseurs graves, sévères, qui ont une conscience aiguë du tragique, mais savent le retourner, le faire danser en musique. Il y a,  dans l''humour véritable, je ne sais quelle gaîté amère, quelle allégressse de bon aloi, de bon ton, avec ce qu'il faut d'insolence, mais princière, détachée et implacable, une "gaie science" du plus... [Lire la suite]