12 juillet 2016

Du MOUVEMENT de VERITE

  Il faut certes aimer la vérité, mais non la vénérer comme une idole, d'autant qu'une idole est chose de pierre ou de bois, inerte et aphasique. Nous n'avons que trop de pierres dans la tête, quand notre souci principal devrait être de nous alléger.  Depuis quelque temps, je l'ai dit et répété ici, je tournais autour d'une intuition qui me semblait vraiment libératrice. A cette occasion j'ai pu faire de précieuses observations sur le mouvement de vérité, je veux dire cette exigence toute philosophique de ne pas se... [Lire la suite]

11 juillet 2016

PROPEDEUTIQUE du DEHORS : une anti-analyse

  Le Dehors, il faut bien se garder de le spatialiser, pire encore, de le réifier. Ceux qui vont au loin affronter les glaciers et les ours peuvent bien sonder mer et terre, savent-ils bien ce qu'ils cherchent ? Que peuvent bien nous enseigner les glaciers de la banquise si nous ne savons écouter le craquement de nos glaciers intérieurs ? Ce problème tient à la nature de l'imaginaire qui ne peut faire autrement que de spatialiser, comme on fait en peinture, pour représenter, avec forme et fond, scène et personnages, les états et... [Lire la suite]
10 juillet 2016

SPLENDEUR du DEHORS : méditation

  "Hors d'ici !" - La voix crie presque, insistante, définitive. Ici, c'est le bien-connu, le poussif, le sans-perspectives, le répétitif. C'est la gangue du pesant, ensevelissant. C'est l'habitude aux cernes noirs, c'est le bras vengeur du devoir, c'est la plainte et le gémissement. Mais je sais, chacun sait, qu'il existe un Dehors, hors-norme, hors-temps, espace vierge, inexploré. Nous le savons et ne voulons rien savoir. La Voix ne me lâche pas, elle vitupère, elle me fend les tripes, je crains l'explosion qui menace. ... [Lire la suite]
09 juillet 2016

AION et CHRONOS : que choisir ?

  Notre philosophie présente, ou ce qui en tient lieu, s'obnubile sur la question de l'homme, de la société, de la gestion économique et politique : anthropocentrisme et anthropocène, ce dernier terme, tout récent, définissant le surgissement d'une nouvelle ère géologique dans laquelle l'humanité, avec ses innombrables interventions technologiques, agit sur le milieu naturel comme un acteur à part entière, modifiant progressivement les équilibres et créant un monde inédit, mi-naturel mi-artificiel dont nous voyons déjà les... [Lire la suite]
07 juillet 2016

LE BEAU REGARD : poème orphique

               Il n'est point de secret, et le premier qui ose            Verra dans la stupeur éclater toute chose              Violence et beauté accouplées dans l'osmose            Engendrent le divers et sa métamorphose              Le monde est-il un jeu du hasard capricieux            Mon pas mal assuré fera rire les dieux ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 17:21 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
07 juillet 2016

De l' ASCETISME et de la METAPHYSIQUE

  Le véritable sublime n'appartient qu'à la nature, lorsqu'elle oppose à l'homme son immensité, sa puissance illimitée, ou sa beauté. L'homme, cherchant le sublime, tombe le plus souvent dans le grotesque. Ainsi  de l'ascétisme, qui, s'il est en son principe une simple et légitime discipline (askésis, ascèse), verse le plus souvent dans la monstruosité de la pulsion de mort : macérations, mortifications, cilice, jeûnes, absurdes contentions et flagellations du corps etc. Bouddha lui-même, trompé par une fallacieuse... [Lire la suite]

05 juillet 2016

L'ANACHORETE : poème

    Retiré tout au fond de la forêt profonde  Il choisit pour abri le chêne solitaire Au clair de la clairière ouverte sur le ciel Où coule un ruisseau gazouillant   Il parle avec les fleurs Il cueille les baies sauvages Il partage le pain qu'on lui offrit Avec les animaux ses frères   Il n'attend rien, n'espère rien Il ne demande rien Il se laisse glisser sur la vague des jours La nuit il se dissout tout doucement Dans l'élément sans forme et sans visage Où se défont la conscience et le... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 13:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
02 juillet 2016

MARTINETS : poème

        "Les martinets les martinets sont revenus       Après des semaines de ciel gris de ciel vide       Les revoilà les beaux, les merveilleux       Qui tournent en sifflant       Sillonnant le ciel de cris joyeux :       "Printemps, printemps, nous revoilà"       Je les aime à l'égal du premier amour       Blessure à fil de soie dans le visage       Lorsque l'aimée sourit à son... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 07:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
01 juillet 2016

ERREUR et INFINI : Goethe

  "La vérité répugne à notre nature, mais non l'erreur, et cela pour une raison fort simple : la vérité demande que nous nous reconnaissions pour des êtres bornés ; l'erreur nous berce de l'idée que, d'une manière ou d'une autre, nous sommes infinis".  GOETHE   Cette citation est d'une actualité brûlante lorsqu'on songe à certains projets d'"augmentation" de l'homme, qui s'ils ne sont pas tous déraisonnables, expriment, pour quelques-uns, une démesure pour le moins inquiétante.
28 juin 2016

DETOURNEMENT SUBJECTIF (2)

  Notre tâche dans l'existence, l'affaire d'une vie, c'est de faire en sorte que ce est devant passe derrière : psychologiquement c'est la traversée du fantasme ; philosophiquement c'est l'ouverture au réel. Ce qui est passé derrière ne disparaît pas, mais perd de sa signification, et de sa pesanteur. C'est dans ce détournement que s'offre ce qu'on appelle liberté.