30 mars 2016

De la SIMPLICITE (2) art et nature

  Simplicité n'est pas simplesse. Il faut être bien simple pour s'imaginer que le grand art soit le fruit d'une spontanéité toute naturelle, et qu'il suffise d'écouter son coeur pour écrire de beaux poèmes. Vous connaissez sans doute ce passage fameux de Tchouang-Tseu consacré à l'art du boucher : s'il est capable, aujourd'hui, de découper son boeuf sans la moindre hésitation, suivant l'écheveau compliqué des articulations, tranchant et taillant d'un seul mouvement continu et fluide, c'est au terme d'une très longue pratique. Au... [Lire la suite]
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29 mars 2016

De la SIMPLICITE

  Mon souhait : parvenir à la plus grande simplicité. Simplicité de la conduite : savoir éliminer l'inutile, se resserrer sur l'essentiel. Par exemple : est-il bien nécessaire de se laisser envahir par les images négatives qui ne font que favoriser les passions tristes ? Non qu'il faille se retirer dans une tour d'ivoire, fermer portes et fenêtres, se cloîtrer dans un isolement autistique, mais s'il est assez naturel de s'informer sur l'état présent du monde - après tout il n'existe nulle part un monde autre conforme à nos... [Lire la suite]
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25 mars 2016

POESIE et MUSIQUE

      "Petite pluie clapote sur mon chapeau   Petit canaillou me criaille aux oreilles"   Que pensez-vous de ces deux vers ? Vous l'avez compris, il s'agit de lambiner hors des allées conventionnelles de l'alexandrin. Verlaine se flattait de donner à l'impair ses lettres de noblesse (Art poétique), et s'essaie quelquefois à l'endécasyllable (11 pieds), ce qui est toujours périlleux, car le vers paraît boiteux, et comme un homme ivre, balance de côté en manquant de tomber. La seule solution pour éviter cet... [Lire la suite]
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24 mars 2016

DIVAGATION

  J'aimerais assez me débarrasser d'une certaine lourdeur qui me colle à la peau, pour me jeter tout cru dans les associations verbales les plus fantaisistes. Il faut apprendre à oublier. A éliminer ce qui pèse, ce qui sent son cuistre. Enterrer le professeur, l'érudit, le magister. Poétiser. La bonne philosophie est celle qui n'est pas reconnaissable à son costume, mais qui vit dans les tripes et le coeur, insensible à l'ignorant, inapparente et agissante. Elle dédaignera de se nommer, de se clamer et de parader car elle est... [Lire la suite]
23 mars 2016

DE l' AMBITION

  Il est des gens qui se poussent du col et du coude, dévorant l'espace : "J'aime mieux être le premier dans mon village que le second à Rome" (César). J'ignore tout, quant à moi, de cette disposition sauvage, me tenant, pour l'ordinaire, à l'ombre, dans les futaies modestes du retrait, économe de moi, de mes pensées et de mes énergies. J'évite le gaspillage inconsidéré, dans les dépenses domestiques comme dans la vie. Je ne suis pas de ceux qui, tels un chanteur célèbre, s'épuisent en un jour pour un public qui n'en demande pas... [Lire la suite]
22 mars 2016

D' une IVRESSE NATURELLE

  Il faut en prendre son parti : nous allons, trébuchant, vacillant en aveugles sur le chemin de vie, chemin tracé par personne, et dont nul ne sait où il va, hormis la mort, certaine. "Il va trouble et chancelant, d'une ivresse naturelle" notait Montaigne pour qualifier l'objet de son livre, et son auteur. Ivresse non d'exaltation comme chez les possédés de Dionysos, Ménades et Bacchantes, mais d'incertitude et de balancement, "branloire pérenne". Nous ne savons ni d'où nous venons, ni qui nous sommes. Et pourtant nous allons,... [Lire la suite]

21 mars 2016

De l' OBJET PERDU

  Depuis quelques jours je ne puis me détacher d'une question qui me semble essentielle : l'objet perdu c'est quoi ? Peut-on s'en faire une idée un peu plus précise ? Et si psychiquement il n'est perdu qu'à demi, ou pas du tout, que se passe-t-il ? En quoi cette notion d'objet perdu peut-elle apporter un éclairage nouveau sur l'antique problème de la souffrance comme donnée constitutive de l'existence humaine (Bouddha) ? A vrai dire la philosophie n'ignore pas ce problème mais elle le traite de manière imprécise et abstraite.... [Lire la suite]
18 mars 2016

ORDRE du DESIR, ORDRE du REEL

  C'est apparemment une banalité, mais à la penser avec sérieux en débouche sur les abîmes de la destinée humaine : la conscience humaine est au croisement de deux ordres quasi irréconciliables, l'ordre du réel, l'ordre de la psychè. Deux ordres sans commune mesure, sans rapport direct. Et pourtant il faut bien, bon an mal an, que le réel trouve quelque place dans la psyché, sans quoi le pire est posssible, comme on voit dans la psychose. Le plus souvent on se tire d'affaire avec un bricolage plus ou moins industrieux, lequel... [Lire la suite]
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17 mars 2016

Le SOLEIL du BEAU

  Le beau est un merveilleux contre-dépresseur. Quand il brille à l'horizon tout se met à chanter, vibrer, danser. Quand il sombre c'est la nuit. On demandera : comment se fait-il qu'il sombre, pourquoi ne resterait-il pas, éternellement, comme un soleil ? Mais le soleil lui-même se lève et se couche, ce qui, depuis des temps immémoriaux, plonge les humains dans la perplexité - songeons aux Egyptiens, qui, voyant le soleil se lever à l'est et se coucher à l'ouest, en conclurent qu'il parcourait de nuit le royaume des morts pour... [Lire la suite]
16 mars 2016

MELANCOLIE de l'ART : du BEAU et de la passagèreté

                                                      "Même le beau doit passer..." (Schiller) Oui, même le beau passe, ce qui vient redoubler la douleur de la conscience mélancolique, déjà fortement ébranlée par le spectacle de la dégradation universelle, qui emporte sans pitié tous les objets d'amour. Au moins le beau put-il briller de tous ses feux, irradiant l'espace de sa clarté solaire, et si... [Lire la suite]