01 mai 2008

l' AMOUR COURTOIS

Le Moyen-Age avait inventé une expression assez paradoxale de l'amour qui pouvait à la fois se dire, et quasi s'officialiser, voire s'afficher lors de joutes chevalersques ( le chevalier attachait à la pointe de sa lance un petit drapeau dont l'effigie désignait clairement la Dame de ses pensées) et qui de l'autre exigeait une abstention physique intégrale. Le chevalier vouait son amour à une Dame qu'il ne toucherait jamais, qu'il n'épouserait jamais, et qui pouvait fort bien être mariée à un tiers. On distinguait sans ambage un amour... [Lire la suite]
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30 avril 2008

GALIPETTES

On me reproche parfois d'être un peu raide, tranchant, négatif dans mes interventions au Café-Philo; permettez moi simplement, en guise de non-excuse, de rappeler ce mot de Diogène le Chien à propos de Platon "Qu'est ce donc que cette philosphie qui ne dérange personne?"  Il me semble que le rôle d'un animateur c'est d'"animer", donc de faire passer de l'âme, du souffle, de l'orage du dehors, et non de contribuer au sommeil de la Belle au Bois Dormant! Depuis ce matin je me demande ce que veut dire "ne... [Lire la suite]
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30 avril 2008

DE L' EXHIBITION

Voilà manifestement une des tendances les plus irritantes de notre époque, mais d'autant plus indéracinable qu'elle s'iscrit entièrement dans la logique productiviste du capitalisme planétaire. "vendre à tout prix (ou presque !) à n'importe qui pourvu que ça rapporte.  Et comme le paradis ne trouve plus guère d'acheteurs, on se rabat sur les valeurs sûres et sempiternelles : le profit et le sexe. Je hais l'exhibitionnisme parce que c'est un jeu pour débiles mentaux, et le rêve planétaire de nos dirigeants semble être de... [Lire la suite]
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28 avril 2008

DE la NUDITE

"Vous voulez savoir si Archicontas est un vrai sage? Demandez lui de vivre tout nu, à toute heure du jour et de la nuit!". Etrange critère de sélection, et pour nous inintelligible, mais assez évident pour un Grec de l'âge classique. Appliqué chez nous il réduirait considérablement le temps des examens universitaires! Il faut d'abord distinguer "le nu" de la nudité. Le nu est un exercice pictural classique, qu'on inflige je ne  sais pourquoi à de malheureux candidats, tous assis en rond autiour d'une fille... [Lire la suite]
25 avril 2008

PASSIONS TRISTES

L'expression "passion triste" est de Spinoza. Par là il désigne les affects qui sont liés à une imperfection de mon être, à une diminution de puissance ou de liberté, comme la haine, la peur, l'anxiété, l'acédie et autres dégradations physiques ou mentales. Le sage cultive la joie, l'affirmation de la vie et non la rumination de la mort. Il veut augmenter la puissance créatrice des hommes par la juste connaissance, l'accès à la raison, et par là à une forme de liberté intérieure et extérieure, bien distincte du pseudo libre arbitre,... [Lire la suite]
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25 avril 2008

SIMULACRES et FANTASME

On peut estimer que Lucrèce ébauche une théorie du fantasme dans sa description des simulacres et de ses effets. La pléthore d'images fanataisistes ou fantastiques constituerait le matériau du fantasme, mais sans que le fantasme, comme réalité psychique, ne soit vraiment analysé comme tel. Lucrèce en reste, pour l'essentiel, à la description psychologique, fort pénétrante par ailleurs des "fantasmes "les plus courants et de leurs effets pernicieux. C'est ainsi que nous avons droit à une relecture des mythes effroyables de... [Lire la suite]
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25 avril 2008

LES DIEUX, LES MONSTRES, LES SIMULACRES

Dans une conception intégralement atomistique du monde, comme celle d'Epicure et de Lucrèce, la vie psychique pose problème. Si tout ce qui existe est mélange d'atome et de vide, quel est le statut de la représentation, de la conscience, ou de l'inconscient, à supposer qu'on puisse encore utiliser valablement ce terme? Epicure répond qu'il ne faut pas être dupe des apparences : le monde visible, concret, sensible des choses n'est qu'un aspect de la réalité, le plus facile à élucider. Mais il y a des choses invisibles, comme l'air, le... [Lire la suite]
24 avril 2008

DE LA PAUVRETE

LA pauvreté n'est pas une vertu en honneur dans nos sociétés. Elle n'est d'ailleurs nullement considére comme telle, mais comme une malédiction. Cela vaut pour la misère matérielle et culturelle. Mais pauvreté n'est pas misère. Philosophes et poètes - et je ne dirai rien ici des moines pour d'autres raisons - ont souvent mis l'accent sur une sorte de dénuement nécessaire à l'existence de celui qui se voue à la pensée créatrice. Socrate, Bouddha, Dioçène le Chien, Antisthène, Héraclite, Démocrite raillent l'amour des biens matériels et... [Lire la suite]
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24 avril 2008

DE LA DIVINITE

Je suis parfaitement et définitivement athée, totalement étranger à la sphère des religions monothéistes qui ont causé le plus grand mal possible à l'humanité. Pour autant je ne suis pas davantage panthéiste. Je ne puis concevoir un esprit qui gouvernerait un univers selon une finalité quelconque. Mais je suis  sensible à la divinité, si par là on entend ce qui existe par soi, dans la perfection finie de son être. J'adorerais volontiers un arbre sacré, une fontaine rafraîchissante, et comme Oedipe à Colone, assis dans un bocage... [Lire la suite]
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24 avril 2008

DE l'ORIGINAIRE

Mon souci comme poète n'est pas spécialement de créer du Beau. Ni de l'original. Ce qui est vraiment important a été pressenti depuis longtemps par les grands esprits et thématisé bien des fois, il est vrai sous des formulations souvent très diverses voire opposées. Par exemple Parménide contemple la majesté de l'Etre dans son unité, son immutabilité, sa sphéricité. Héraclite est sensible plus que tout à l'écoulement du Grand Fleuve qui n'est jamais le même sans être vraiment différent de soi pour autant. Schopenhauer saisit à bras le... [Lire la suite]
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