05 avril 2018

DEPRISE PYRRHONIENNE : insaisissabilité et epochè

  Diogène Laerce expose la philosophie de Pyrrhon : "Il suivit Anaxarque partout, au point même d'entrer en contact avec les sages nus de l'Inde et avec les Mages (de Perse). Telle paraît bien être l'origine de sa très noble manière de philosopher : il introduisit en effet la forme de l'insaisissabilité et de la suspension du jugement". Deux notions majeures, qui ne sont pas à proprement parler des concepts, plutôt des anti-concepts, machines de guerre destinées à ruiner toute prétention de saisie intellectuelle, à l'opposé de... [Lire la suite]
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04 avril 2018

ODE à PYRRHON : Timon de Phlionte

  Voici l'éloge que Timon composa à l'adresse de Pyrrhon :   "O vieillard, ö Pyrrhon, comment et d'où as-tu trouvé moyen de te dépouiller   De la servitude des opinions et de la vanité d'esprit des sophistes ?   Comment et d'où as-tu dénoué les liens de toute tromperie et de toute persuasion ?   Tu ne t'es pas soucié de chercher à savoir quels sont les vents   Qui dominent la Grèce, d'où vient chaque chose, et vers quoi elle va". Les "sophistes" ici nommés ne me semblent pas correspondre à ceux... [Lire la suite]
31 mars 2018

Les TROIS PHILOSOPHES : apologue

  Un philosophe marche sur une sente solitaire et rencontre soudain un inconnu. Il n'hésite pas, et, la mine joyeuse, s'avance en tendant ses mains. C'est un ami de l'humanité. Un autre philosophe, en d'autres temps, marche sur une sente solitaire et rencontre soudain un inconnu. Il se rétracte, serre les poings et se prépare au combat. C'est un paranoïaque. Un troisième, en d'autres temps encore, marche sur une sente solitaire et rencontre soudain un inconnu. Sans un regard pour le quidam il passe son chemin. C'est un... [Lire la suite]
30 mars 2018

ODE à CLEMENT ROSSET

    Clément Rosset vient de mourir. Que dire ? Je me contenterai d'une image : il était, il reste comme un grand soleil noir au milieu de la galaxie. Les autres s'agitent en tous sens, se gonflent de vents et d'illusions, courent au prétoire, invoquent les dieux et les diables, pérorent et ratiocinent. Cela fait du vent, en effet, cela brille de mille feux, cela vient, cela passe, tempêtes de mots, de propos, de ragots, foire d'empoigne, foire aux sots. Au milieu, impavide et solitaire, le soleil noir, non point de la... [Lire la suite]
29 mars 2018

PEUT-ON PENSER LE RIEN ?

  Peut-on penser le "rien" - je ne dis pas penser à rien, qui est déjà très difficile - mais le "rien", ce qui me semble plus difficile encore. Je voudrais examiner ici une question qui se présente d'emblée comme une aporie, avant de voir en quoi cette pensée pourrait avoir ou non quelque signification pour l'existence. "Rien" est un signe linguistique comme tous les autres. Il se forme par la liaison nécessaire et immotivée d'un signifiant et d'un signifié. Le signifiant c'est la face sonore, la combinaison des phonèmes ( r-... [Lire la suite]
28 mars 2018

De l' APORIE (2) - du rien

  Le dieu du rêve, sur le petit matin, me somme de reprendre le texte d'hier, d'y adjoindre une suite, comme on ferait de deux pièces d'un même poème. Il est vrai que je n'ai traité que de la moitié du vers de Sophocle... Riche de toutes ressources, sans ressources il marche vers rien : ep ouden erchetai. Une tradition pieuse y lira la déréliction de l'âme abandonnée en chute vers le néant. Mais ouden n'est pas forcément le néant, ouden c'est rien, comme dans la phrase : il n'y a rien. Ouden marque un blanc, un pas-être, d'où... [Lire la suite]

27 mars 2018

De l' APORIE : aporos pantoporos

  "Pantoporos aporos ..." Plein de ressources, sans ressources, l'homme va. Poros c'est le lieu de passage, le moyen de franchir, d'accomplir, d'où ressource. Pantoporos signifie l'abondance de ressources, et aporos l'absence de ressources. C'est la condition de l'homme, à la fois industrieux, inventif, créateur de routes innombrables, et tout à la fois privé de tout recours. "Face à la mort nous sommes tous une citadelle sans défense" (Epicure) Dans l'allégorie que développe Platon sur la naissance d'Eros dans le Banquet, il... [Lire la suite]
21 mars 2018

DEGAGER l 'ESPRIT

  Dégager l'esprit. C'est le rôle, et la dignité propre du philosopher. Fonction critique : nettoyer les écuries d'Augias, décaper, curer et récurer. En quoi il faut préférer "le philosopher" à "la philosophie", pour pointer la nécessité de ce travail de déconstruction, jamais fini, toujours à reprendre. Jardinage : les mauvaises herbes repoussent toujours, par quelque effet de structure. Il faut piocher, bêcher, biner et sarcler, retailler les branches - et dans le même temps veiller à ne pas tarir le sol, protéger les bonnes... [Lire la suite]
20 mars 2018

De la CRAINTE de la MORT

  Ce qu'on appelle assez confusément la crainte de la mort, passion commune s'il en est, pourrait à l'analyse se décomposer en trois éléments hétéroclites, fort différents les uns des autres, que l'usage confond par facilité, et qui, comme les trois branches d'une fourche, sont abusivement réunis et confondus dans le même manche : la peur de l'agonie et de la douleur, la peur du mourir proprement dit, et la peur d'une vie post-mortem. La première concerne l'avant, la seconde le pendant, et la troisième l'après. Chacune relève... [Lire la suite]
19 mars 2018

POESIE et PHILOSOPHIE : LUCRECE

                                                                                                                                                         ... [Lire la suite]