26 mars 2014

"La MORT a VENISE" : APOLLON et DIONYSOS

    A quoi tient le charme exceptionnel de "La mort à Venise" de Thomas Mann? Le mot qui me vient c'est "envoûtement". L'envoûtement est un processus magique visant à fasciner quelqu'un pour le soumettre à notre volonté. Le livre fascine, en ce qu'il introduit le lecteur dans un monde enchanté, le conduit lentement par les dédales obscurs de la narration vers un abîme insondable, et le laisse pantelant aux rivages de la mort. Et tout cela sans pathos excessif, sans fioritures langagièes, mais avec une logique imparable :... [Lire la suite]
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26 mars 2014

NATURE ET ART : HERMANN HESSE

    Hermann Hesse : "Le monde nous gratifie de peu de chose à présent, il semble n'être que vacarme et angoisse ; cependant l'herbe et les arbres continuent de pousser. Et même si un jour la terre entière est recouverte de blocs de béton, le grand ballet des nuages se poursuivra dans le ciel ; ici et là des hommes continueront d'ouvrir grâce à leur art la porte d'accès au divin". Que faut -il entendre par "divin"? Qu'est ce qui est divin? Le texte exprime clairement sa nature : c'est la poussée des herbes et des... [Lire la suite]
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25 mars 2014

DENEGATION et REFOULEMENT : l'esprit de la Tragédie

    Il y fait trop sombre! C'est évident, et cela n'incite guère à aller y voir. Toute une mythologie des cavernes obscures, des labyrinthes impénétrables et des gouffres effrayants se réveille et nous oppresse dès que l'on évoque un voyage dans les abîmes. Pourtant, dès la naissance de la poésie occidentale, chez Homère, apparaît le thème du voyage dans les Enfers, imposé au héros comme une épreuve initiatique à laquelle il ne saurait se dérober sans déchoir. Hésiode décrit complaisamment les orgies divines, les... [Lire la suite]
24 mars 2014

POROSITE : des rapports intrapsychiques

    Structure close-ouverte : entre le moi et l'inconscient des passerelles, ou plutôt une sorte de peau souple, infiniment sensible, réceptive, à double face, enregistrement externe d'un côté, inscription pulsionnelle de l'autre. Il faut que cela circule, c'est l'essence de la vie, aussi bien physique, physiologique, sensorielle et affective que psychique. Cela est, parce que c'est senti, ressenti, éprouvé, attesté par la sensation. De l'extérieur vers l'intérieur, et de l'intérieur jusqu'à la surface, où cela émeut,... [Lire la suite]
23 mars 2014

Saint Jean de luz, souvenir

            Ange, mon Ange, à Saint Jean de Luz, ô lumière     Ne cherche plus, mon coeur, aux sentiers de l'amour     Gué de pierres lissées au reflux de la mer     Et la hutte ombrageuse où se perdra le jour     Le jour sera la nuit, ta nuit sera mon jour     Inaltérable soit le souvenir d'amour     Que je sois à jamais l'amant de mon destin     Unique et chatoyant comme... [Lire la suite]
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20 mars 2014

De la DURETE PHILOSOPHIQUE : réponse à une lectrice

    On me reproche parfois une certaine dureté dans les analyses, voire dans le ton de certains articles. J'en prends acte. Mais si dureté il y a, ce n'est jamais du mépris ou de la condescendance. C'est que les sujets abordés ici sont souvent difficiles, épineux par eux-mêmes. Il est fatal qu'ils blessent à l'occasion, si la philosophie est cette exigence du vrai, quoi qu'il en coûte. Lucrèce parlait déjà de l'amertume de la vérité, qu'il enrobait du miel de la poésie pour la rendre plus digeste, comme on fait pour les... [Lire la suite]

19 mars 2014

Du RIEN, du NEANT et du ZERO - et la question du sujet

    L'étymologie, cette maîtresse capricieuse, nous enseigne, contre l'opinion courante, que rien c'est quelque chose : res, rem, qui donne "rien", signifie "chose", et conduit à "réalité". Pourtant l'évidence nous dit que le rien c'est l'absence de la chose, son absentification matérielle ou réelle. "Je ne vois rien" : la chose n'est pas là où je l'attendais. C'est précisément ce point qui importe : c'est parce que je m'attendais à voir quelque chose, que j'avais construit dans mon esprit un espace psychique destiné à... [Lire la suite]
18 mars 2014

MEDITATION sur le CENTRE SUBJECTIF

    Je n'approfondis rien, je tourne de ci de là, "papillon  du Parnasse", je m'exalte, je m'enflamme, puis je me lasse, je me détourne vers d'autres amours, tout aussi vifs, et fugaces. Ma vie intellectuelle est marquée du sceau de la mobilité, de la variété, de l'inconstance. Ce qui fait que je n'ai de vraie connaissance de rien, ou presque rien, fors de ce qui me tente et m'enchante, et passe comme les nuages. Pourtant, dans cette ronde allègre de fortune, je reviens toujours à quelques amours inamovibles, quelques... [Lire la suite]
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14 mars 2014

HISTOIRE ET STRUCTURE DE LA VERITE

      "Il ne s'est agi jusqu'ici dans aucune philosophie de "vérité, mais d'autre chose, disons de santé, d'avenir, de croissance, de puissance, de vie..." Nietzsche : Le Gai Savoir, préface, 2. Si nous déplions cet aphorisme nous obtenons les propositions suivantes : Il n' y a pas de vérité en soi, immuable ou transcendante. Toute "vérité" est l'expression d'une culture particulière, d'une certaine conception du monde qui se déploie dans une représentation systémique : métaphysique, éthique, éducation, politique,... [Lire la suite]
12 mars 2014

Du CORPS comme multiplicité pulsionnelle

    La grande erreur de Descartes fut de concevoir - outre la séparation ontologique du corps et de l'âme - le corps comme "étendue" : spatialité et matérialité, et l'organisme comme machine. De là une physiologie mécaniste qui renouvela l'approche anatomique, mais qui contribua fortement à méconnaître la puissance interne des organismes, la dynamique de croissance, les capacités d'adaptation et de renouvellement. L'organisme n'est pas une machine, même si certaines relations causales peuvent se décrire à l'aide de ce... [Lire la suite]
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