21 novembre 2016

UN CURSUS PHILOSOPHIQUE

  Je m'interroge : quelle a été la motivation intérieure qui m'a déterminé à choisir la philosophie, plutôt que les lettres, ou la philologie classique, pour lesquelles j'avais autant, sinon plus, de dispositions intellectuelles ? Il s'agissait de choisir un métier, et je n'avais pas envie d'enseigner ce pourquoi je me réservais dans mon intimité, à savoir écrire selon mon goût, en toute liberté. J'avais fait voeu de littérature, je me destinais corps et âme à la poésie et je ne voulais trahir cette nécessité intérieure en... [Lire la suite]
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18 novembre 2016

Le BOCAGE d' APHRODITE : Sophocle

  " "Là chaque jour s'épanouissent Sous la sainte rosée, en grappes opulentes Le narcisse, des deux déesses très augustes (i) Antique diadème, Et l'éclat doré du safran ; là, toujours vives, D'un cours toujours égal, les sources du Céphise S'épanchent, vagabondes ; Et chaque jour les eaux pures pénètrent L'ample sein de la plaine aussitôt fécondé. Là se plaisent les Muses Pour y danser en choeur, et là se plaît Aphrodite menant  son char aux rênes d'or".   Sophocle, Oedipe à Colone, Choeur du second... [Lire la suite]
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16 novembre 2016

Le BOIS et la CENDRE - et des regrets

  Le bois devient cendre, "la cendre ne redevient pas bois". Le Feu consume les choses, et d'autres choses naissent du Feu - c'est ainsi que pourrait s'exprimer Héraclite, si l'on veut considérer le Feu comme l'agent universel de la transformation. Il n'y a pas de retour éternel, Socrate, contrairement à la thèse stoïcienne, ne reviendra pas. Le temps inscrit l'irréversibilté dans le cours des choses. Cela signifie qu'on ne naît et qu'on ne meurt qu'une fois, qui est la bonne : une fois pour toutes. Cette idée, qui paraîtra... [Lire la suite]
15 novembre 2016

De l' IMMORTALITE de L'AME : imaginaire et symbolique

  Lorsqu'on est enfant on a bien du mal à concevoir ce que signifie la mort : une absence, sans doute, qui prendra bien fin un jour. Le défunt reviendra, c'est certain. Puis vient un temps où l'enfant soupçonne l'affreuse vérité : le défunt ne revient pas. Mais alors que devient-il ? L'enfant voit qu'on enterre le défunt, mais dans le même temps des âmes charitables, pour faire passer la pilule, lui expliquent que l'âme du mort séjourne dans le ciel, parmi les étoiles, et que de là haut il voit, il regarde, il est toujours... [Lire la suite]
14 novembre 2016

La DEPOUILLE

  Célèbre entre tous est le Choeur qui proclame, dans Oedipe à Colone, de Sophocle :     "Mieux vaut cent fois n'être pas né ;     Mais s'il vous faut voir la lumière,     Le moindre mal encore est de s'en retourner     Là d'où l'on vient, et le plutôt sera le mieux". C'est la lamentation d'un vieillard qui a connu tous les déboires imaginables, tous les malheurs de l'existence. A présent, lassé de tout, revenu de toutes les illusions de puisssance, il n'aspire plus qu'à déposer son... [Lire la suite]
14 novembre 2016

la GLOIRE de l'OLIVIER

            "Il est, dit-on, un arbre à l'Asie inconnu,            Et qui ne croît point volontiers            Dans la grande île dorienne de Pélops.            Il naît spontanément, redouté de la lance            Pillarde, il est vraiment un arbre de chez nous :            C'est le glauque olivier, gardien de nos enfants.        ... [Lire la suite]
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11 novembre 2016

Du PATRONYME

  On ne choisit pas son patronyme, il vous tombe dessus comme une fatalité. Mais à y réfléchir de plus près cette fatalité est bien plus générale : c'est d'abord la conception, qui n'est pas votre affaire mais celle des parents, puis la vie intra-utérine, la naissance, et tout ce qui s'impose à vous, que vous ne pouvez choisir, religion, langue, éducation, dressage et élevage, entrée programmée dans le monde symbolique, et tout le reste. Ce terme de fatalité peut choquer, pourtant il est tout à fait pertinent : le fatum, que... [Lire la suite]
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10 novembre 2016

AMNESIE : une chance ?

  Pour se maintenir en bonne santé il faut savoir oublier, science que je possède au plus haut degré sans avoir fait le moindre effort pour l'acquérir. Je me demande parfois si c'est manque de mémoire ou manque d'inscription, de perception : je n'ai rien enregistré, il est donc bien naturel que je ne puisse rien restituer. Il en va ainsi des films, que je regarde en rêvassant, rarement intéressé, le plus souvent distrait ou baguenaudant à part moi. De même pour les livres : je vois que j'oublie instantanément les événements, je... [Lire la suite]
08 novembre 2016

De la SANTE

  Qu'est ce que la santé ? On l'éprouve, ou on ne l'éprouve pas, et c'est décisif. C'est un certain état interne qui rend possible le mouvement, l'action et la création. Hors de quoi ce n'est pas de la santé, même si on ne souffre d'aucune maladie manifeste. Takuan, un moine bouddhiste, parlait de la mobilité immobile et de l'immobilité mobile : c'est l'état calme du pratiquant qui ne s'agite pas, ne se dépense pas en vaines gesticulations, mais qui, dans l'immobilité apparente, est parfaitement lucide et prêt au combat. Ferme... [Lire la suite]
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07 novembre 2016

ANESTHESIE - et de la mort

  J'ai connu au cours de ma vie plusieurs anesthésies. C'est l'expérience la plus étrange qui soit. Vous êtes là, étendu sur un lit, conscient, plaisantant avec les infirmières, et soudain vous reprenez conscience, un peu ahuri, vous demandez quand on va vous opérer, et l'on vous répond que l'opération a déjà eu lieu, qu'elle s'est bien passée, on vous reconduit dans votre chambre, et vous vous demandez encore si vous avez rêvé. Ce qui est remarquable dans cette affaire, c'est l'absence totale de conscience : les produits qu'on... [Lire la suite]