06 juin 2017

DESESPOIR : LAMARTINE

  Voici les deux premières strophes du "Désespoir" d'Alphonse de Lamartine, pièce assez rugueuse et justement désespérée des Méditations poétiques. Je la donne ici pource qu'elle me semblait injustement méconnue, en dépit de sa valeur incontestable.                Lorsque du Créateur la parole féconde              Dans une heure fatale eut enfanté le monde                          Des... [Lire la suite]

05 juin 2017

De la MORT du CHRIST : HOLBEIN le JEUNE

  La représentation d'un Bouddha squelettique, émacié, est fort rare en Orient. Je n'aime pas cette figure. Pas davantage les Bouddhas ventripotents, rigolards et rabelaisiens qui ont fleuri en Chine. J'aime le regarder comme un homme ordinaire, justement proportionné, bien fait de corps et d'esprit, avec ce demi-sourire quasi imperceptible, si énigmatique, qui lui confère je ne sais quelle majesté discrète, toute de réserve et d'attention intérieure. Cette présence est si forte qu'elle vous saisit d'étonnement : est-il possible... [Lire la suite]
04 juin 2017

L'ETRANGER : fantaisie

                L'ETRANGER      Passant parmi nous    Il a laissé la trace de son pas    Gravée au feu dans le roc.      Quelques uns, plus malins croyaient-ils,    Ont plongé leur talon dans l'empreinte    Le pied fut calciné.      Nul n'a bandé jamais l'arc d'Ulysse,    Nul n'a retrouvé la sandale de bronze    Recrachée du cratère.      Certaines choses ne se... [Lire la suite]
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04 juin 2017

NERVAL : Le Christ aux oliviers (2)

    Pour le plaisir de Frédéric, mais aussi de tous les amateurs de beauté, voici le sonnet in extenso auquel je me référais dans l'article précédent :                Le Christ aux Oliviers (2)       Il reprit : "Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;     Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,     Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,     Répand des sables d'or et des flots argentés :      ... [Lire la suite]
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02 juin 2017

De la PERTE et du RETOUR : NERVAL

  Les poètes n'ont pas attendu les déclamations tonitruantes de Nietzsche pour s'apercevoir que Dieu était mort. Dans les années 1850 Nerval écrit la suite des sonnets qui formeront "Les Chimères", d'une fascinante beauté, impénétrable, énigmatique. Je voudrais donner ici quelques extraits, trop rapides, de deux sonnets publiés sous le titre "Le Christ aux oliviers" - remarquables comme chacun pourra voir. Jésus est dans la nuit profonde de l'angoisse pendant que ses disciples dorment :        "Ils... [Lire la suite]
01 juin 2017

Du DETOURNEMENT DIVIN : VIGNY

                " Le silence"         "S'il est vrai qu'au Jardin sacré des Ecritures       Le Fils de l'Homme ait dit ce qu'on voit rapporté ;       Muet, aveugle et sourd au cri des créatures,       Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,       Le juste opposera le dédain à l'absence,       Et ne répondra plus que par un froid silence       Au silence éternel de la... [Lire la suite]

31 mai 2017

ELOGE de la POESIE

  Si l'on me demandait ce qu'est pour moi la philosophie, je dirais, me référant à l'étymologie, et à la pratique des Anciens : philo-sophie, en deux mots, c'est bien l'amour de la sagesse, et que par sagesse j'entends vivre en qualité, ou si l'on veut en excellence, autant qu'il est possible. Jeune, j'aurais peut-être dit : en intensité, car l'intensité est le propre de la jeunesse qui veut tout voir et tout expérimenter. A présent je me range à une modalité plus modeste, l'intensité m'est plus néfate que bénéfique. Mais la... [Lire la suite]
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30 mai 2017

LEçONS de DESUBJECTIVATION

  Energeia : puissance active, force dans l'action, énergie. Il faut insister sur le "en", qui exprime la dimension intérieure (dedans), à partir de laquelle se déploie l'ergon, l'activité. Cette puissance je l'expérimente essentiellement dans les mouvements corporels, qui sont à vrai dire le moyen privilégié de mon rapport au monde. Il se trouve que j'ai la chance d'aimer beaucoup la pratique physique, ce qui me resitue efficacement dans l'espace et le temps, sans quoi je risquerais fort de me perdre dans un océan de pensée, où... [Lire la suite]
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29 mai 2017

De l'ACTION du TEMPS

  C'est l'idée la plus triviale, et pourtant la plus difficile : si je veux me faire une idée du temps qui ne soit pas étroitement spéculative, je considère une plante sur mon blacon. Je ne vois pas le temps, à peine si je peux mesurer des changements quantitatifs, par exemple je vois qu'en un mois elle a poussé de quelques centimètres, et j'en conclus que du temps a passé. Mais si je vois des changements, je ne vois pas le temps, pourtant je crois pouvoir dire que le temps a exercé une action. En toute rigueur je ne peux penser... [Lire la suite]
26 mai 2017

COLOMB 1492 : poème

   Assis à la terrasse d'un café  Ma pipe aux aromates tropicales  Et devant moi  La mer, la mer, immensément, la mer !    Aventureux et magnifiques  Ils ont quitté l'abri du port,  Toutes les certitudes, ils ont osé  Lever le grand défi. Hélas, touchant terre,  1492, année fatale,   Ils abordèrent aux Amériques, et c'est là  Qu'ils sombrèrent, c'est là  Qu'ils trahirent leur âme, c'est là  Que remonta depuis les entrailles ... [Lire la suite]
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