16 mai 2017

LIGNES du TEMPS : Hymne

         La ligne du temps est brisée      Bifide, langue de serpent.        Ils posent un point zéro      Ils croient que le cumul avare      Dessine l'embellie magnifique      Rejoigne au loin le ciel.      Ils construisent les tours d'orgeuil,      Des habitacles sous la mer,      Ils croient que les choses s'avancent      Comme avancent les fleuves.  ... [Lire la suite]
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16 mai 2017

La HANCHE BELLE : poème

    Assis,     Amont, je regarde vers le sud, la lumière   Glissante sur les cimes comme une main   D'amante, doigt de rose qui glisse   Sur la hanche, nudité lasse abandonnée   Au temps qui se reprend,   Conque d'amour et vasque d'Aphrodite   Que le sculpteur industrieux   De ses deux mains de feu immortalisera.
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15 mai 2017

ODE à HOLDERLIN : poème

         Qui donc es-tu, noble frère du Rhin      Toi Lumineux d'entre tous les poètes      D'aval au long des fleuves laboureurs      Déclinant de la source, de ville en ville,      Et tel Bacchos plantant vignoble de vin pur,      Toi l'errant, le sans patrie amant de sa patrie        Toi le sans père en attente du père,      Qui donc est-tu ?        Les dieux, les... [Lire la suite]
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12 mai 2017

LE PROCHE et le LOINTAIN : de la langue

       "Et j'ai presque      Perdu la langue à l'étranger" Se rendre à l'étranger, se perdre à l'étranger, perdre (presque) la langue maternelle à l'étranger, voici le risque d'un long voyage aux pays lointains, mais aussi le risque de se perdre dans le passé, auprès de ceux qui furent et qui ne sont plus. Debout sur le rivage, voir les grands bateaux partir sur l'océan, cela ne suffit pas, il faut s'embarquer pour se heurter ailleurs aux usages, aux aspérités d'une langue différente, car c'est... [Lire la suite]
11 mai 2017

De la TRADUCTION en POESIE

  Traduire c'est se mettre au service d'un auteur, tenter, dans notre langue, de rendre le vif de la pensée, le rythme interne d'une oeuvre, au sens propre, étrangère. L'étranger c'est ce qui est extérieur à nous, qui se cache et se montre dans une langue que nous connaissons peut-être mais qui résonne d'une tout autre manière. Il en résulte que la musique propre de cette oeuvre est impossible à rendre comme telle, elle témoigne d'un réel qui se dérobe, que l'on peut bien comprendre dans la mesure où l'on pratique cette langue... [Lire la suite]
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10 mai 2017

VIVRE EN POESIE

  Ce fut pour moi une extraordinaire expérience, à laquelle je reviens toujours, retrouvant chaque fois quelque chose de cet étonnement premier qui m'avait saisi jusqu'au fond de l'âme : ainsi donc il existe une dimension supérieure, un monde où l'on respire à pleins poumons, où le coeur s'exalte, où la beauté se donne dans les mots les plus ordinaires, où l'on peut sans peine se réconcilier avec la nature infinie, la poésie ! C'est un émerveillement sans cesse recommencé, et une tâche, une exigence, une sorte de devoir : "agis... [Lire la suite]
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09 mai 2017

REMEMORATION : un poème de Hölderlin.

                  Ce magnifique poème de Hölderlin, comment ne pas l'évoquer quand on voyage un peu du côté de Bordeaux, comme je fis, et laisser résonner en soi la mélodie grave et nostalgique du plus singulier des poètes ? C'est en 1802 qu'il quitta sa Souabe natale, pour se rendre à Bordeaux, en diligence et à pieds, à travers une France ravagée par les conflits politiques. Une fois de plus le voici qui s'en va au loin pour occuper un poste de précepteur, fuyant sa patrie, que... [Lire la suite]
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08 mai 2017

POISSON DANS UN BOCAL : méditation

  J'aime bien cette phrase de Nietzsche qui exprime à merveille mon état présent : "L'avantage de la mauvaise mémoire est qu'on jouit plusieurs fois des mêmes choses pour la première fois". C'est ainsi que l'on peut comprendre qu'un poisson qui tourne indéfiniment dans le même bocal, entre les mêmes parois et les mêmes plantes aquatiques, ne semble pas avoir la moindre envie de suicide. Mais non, il continue bravement de tourner dans le même cercle, s'émerveillant d'être si agile et de rencontrer indéfiniment une nouveauté... [Lire la suite]
05 mai 2017

PRATIQUES d' EVEIL

  Il est parfois recommandable de ne pas aborder le sujet de face, de prendre des chemins de traverse, de biaiser avec la difficulté. C'est aussi un excellent moyen de décourager le lecteur trop pressé, trop avide de réponses toutes faites, de recettes de bonheur par exemple. Tout problème sérieux suppose quelque travail d'approche, quelques pas de côté, hésitation féconde, avant le grand bond. Il est bon de se cacher un peu, pas trop, mais suffisamment ; laissons tout doucement le lecteur bienveillant faire lui aussi quelques... [Lire la suite]
04 mai 2017

La DICTATURE du UN, et de la paranoïa

  Je ne lis plus guère les philosophes, et les psychologues encore moins. Mon propos n'est pas de m'instruire encore et encore, c'est plutôt de maintenir quelque temps cette matière qui s'en va, de contenir la glisse, autant qu'il est en moi, tout en sachant la cause entendue. J'en sais suffisamment, sur l'essentiel, pour n'avoir plus à courir, à me démener, à tempêter. C'est une douce sérénité, qui ne va pas, toutefois, sans une certaine angoisse, car la période présente est très anxiogène, suscitant de pénibles inquiétudes,... [Lire la suite]