05 septembre 2018

CONDITIONS et VICISSITUDES de l' ECRITURE

  Que de conditions sont requises pour écrire ! D'abord une plage horaire entièrement dégagée, sans souci, sans tracas - sans condition ! Une totale liberté de penser, un dégagement intégral. Il suffit de si peu pour brider la pensée, pour gauchir la démarche, ou l'entraver. Il m'est difficile d'écrire dans un bar, je sens la présence des autres tout autour de moi, je ne supporte pas que l'on s'assoie trop près, j'ai très vite l'impression d'étoufffer. Aussi n'y puis-je que griffonner quelques notes rapides sur un cahier, ce qui... [Lire la suite]

04 septembre 2018

Du DOUTE et de la SUPPRESSION : l' épochè sceptique

  D'un point de vue pyrrhonien, le doute n'est pas suffisant : douter c'est examiner une thèse en suspendant l'adhésion. D'où la formule canonique du scepticisme : suspendre son jugement, éviter d'affirmer et de nier. Mais si l'on procède ainsi on laisse les jugements en l'état, on ne se délivre pas des contenus de pensée, des idées et des dogmes. On se contente de se positionner à côté, en laisssant les thèses opposées se contester à l'infini. En quoi Pyrrhon est-il bien différent, et supérieur ? Il ne doute pas, il supprime,... [Lire la suite]
03 septembre 2018

ADELON : critique de l'invisible

  Dêlos : Ile qui vit naître Apollon et Artémis. dêlos : visible, apparent, clair, évident, manifeste. adêlos : invisible, obscur, incompréhensible.   "Le pyrrhonien, déclare Sextus Empiricus dans ses "Esquisses pyrhoniennes" (livre I, 7), ne donne son assentiment à aucune des choses obscures (adêlon)". Ces "choses obscures" désignent ce qui échappe à notre capacité de compréhension, toujours relative à notre état, à notre position, aux apparences, comme par exemple de saisir la nature intime d'un phénomène. Je ne sais... [Lire la suite]
03 septembre 2018

LA VOIE : poème

     Sans but est la voie    Innocente comme sont les fleurs    Ouvertes au ciel, faciles    A fleurir, à périr.    Mais toute vie, ou grincheuse ou gracieuse,    A la terre retourne,    Selon le temps.      Quelques-uns, obnubilés par l'objectif,    Ne regardent ni de droite ni de gauche,    Aveugles-sourds à l'élément - et d'autres    Ne se fient qu'au hasard qui les accueille    Où qu'ils... [Lire la suite]
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31 août 2018

GELASSENHEIT : du laisser-être

  Il existe en allemand un mot qu'il est bien difficile de rendre en français, malheureusement, et qui possède une très riche signification : Gelassenheit, que l'on peut traduire par tranquillité, sérénité. Mais le terme, dans sa composition, implique l'idée d'un laisser (lassen), laisser loin de soi - soucis, préoccupations, passions - et surtout d'un se-laisser, d'un abandon confiant à quelque chose qui possède une suprême valeur. On encore d'un se-laisser aller, se-laisser être, ou vivre, selon sa complexion native et... [Lire la suite]
29 août 2018

PIEGE FATAL : méditation

    Une fois nés   C'est fichu, le piège s'est refermé   L'oubli avant, la mort devant     "Contemple ton visage d'avant la naissance" disent-ils   Mais ce visage n'est pas même un visage   C'est la surface plate et nue du néant     Néant derrière, néant devant   Entre les deux le mirage   Scintillant, douloureux,    Le jeu tragique de la vie.     Devant se dresse l'Imparable,   Alors les deux mâchoires de la tenaille   Se... [Lire la suite]

28 août 2018

En PAUVRES LIEUX : poème

    Ultime lieu   Où le corps défaille sur le seuil   Effaçant souvenirs de joie ardente   Quand le sexe et la vie confondus dans la flamme   S'élançaient à l'assaut du ciel   C'était belle parade, par Zeus !     Maintenant je croupis sur la terre   Seul mon esprit, rétif   Galoppe encor par les steppes arides   Sans pouvoir se poser nulle part   Et nulle auberge ne le peut recevoir   Et nulle source ne le désaltère;     Lassé des faux... [Lire la suite]
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27 août 2018

L'ECART : poème

      En moindre lieu    C'est Höldelin-poète qui le dit    Surgit cela que l'on n'attendait plus    Le perdu, le relégué, le nié    L'enfant de nulle descendance    Oblique, à l'ombre du chemin      Et qui n' a pas de nom encore      Nulle place dans la langue          La plupart ne le remarquent pas     Ils passent, obnubilés par leurs affaires,    A peine s'ils ne... [Lire la suite]
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25 août 2018

FLUX : méditation

          Nous croyons que nous sommes des corps     Stables comme des marbres - hélas     Nous ne sommes que des flux     Flux branchés sur d'autres flux     Flux de flux, milliards de flux     Ils coulent de toute éternité     Dans tous les sens à la fois     Nul ne sait d'où ils viennent, où ils vont      Mais ils vont       Inexorablement branchés, entremêlés,     Et tous ils vont... [Lire la suite]
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20 août 2018

REVER l' AMOUR

        Je rêvais l'amour...c'est comme au bord de la mer     Voir des corps nus ballottés par les vagues     Qui montent, qui descendent, et de droite et de gauche     Tournent, versent, tirent en tous sens     Sans jamais se rejoindre, déportés     Au gré d'une force plus forte,     Contrariante, et jamais     Ils ne goûtent au divin repos.     Ainsi va la vie,     Reliant et déchirant, de proche et de... [Lire la suite]
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