Pour l'optimiste "les choses finissent toujours par s'arranger - en bien".

Pour le pessimiste toute chose concourt au pire, qui est toujours sûr.

Que ce soit en mal ou en bien, ces deux personnages estiment qu'en somme les choses s'arrangent, se règlent selon un ordre prévisible. Il suffit d'attendre, la confirmation viendra tôt ou tard. On se demandra quel est cette instance, Providence ou malin génie, qui, à la fin, impose un ordre infaillible, une finalité irréfutable qui viendraient conclure le cours des choses.

Pourquoi veut-on que les choses finissent ? Quel est ce résultat auquel on aspire ? Serait-ce un avatar glorieux de la pulsion de mort ?

On peut penser autrement, apprendre à penser autrement. Constater par exemple que rien ne s'arrange jamais, ni dans un sens ni dans l'autre, qu'il n'existe nul point d'arrivée, que tout état de choses, quel qu'il soit, est purement transitoire, qu'il dérange autant qu'il arrange, qu'il se défait autant qu'il se fait, et qu'en somme toutes choses "se révèlent pleines d'irrégularité et d'embrouillamini"(Enésidème).

C'est en quoi Pyrrhon est indépassable : si rien n'est plus ceci que cela (ou mallon) le regard peut considérer également les apparences, le jugement se déprendre de l'obsession des fins. Dans le cours chaotique des apparences il n'y a plus de fin, entendons : ni terme ni finalité. Apologie du danseur.