26 avril 2019

LE CIEL VIDE : Houang Po

  Houang Po, un des maîtres du Chan, déclare : "Depuis des temps sans commencement, cet esprit, jamais venu à l'existence, n'a jamais cessé d'exister ; ni bleu ni jaune, sans forme ni aspect, il ne relève ni de l'être ni du non-être, ni de l'ancien ni du nouveau ; il n'est ni long ni court, ni grand ni petit, au delà de toute délimitation ou dénomination, au delà de toute possibilité d'être perçu ou considéré comme un objet : le voici, réalité en soi. Mais à la première considération on divague... Illimité et insondable, on... [Lire la suite]

22 avril 2019

SOMMEIL, REVE, REVEIL

  Il faut bien se rapporter à quelque chose faute de trouver en soi-même l'origine et la fin. L'origine, bien que vécue, nous échappe, puisqu'on ne peut être témoin de sa propre conception, et la naissance, elle aussi, est enveloppée dans la plus épaisse obscurité. Quant à la fin, à moins de la précipiter par le suicide, elle est ce quelque chose que nous portons en nous, comme une certitude, mais inassignable. Si bien que nous flottons entre deux inconnus, également certains et également inconnaissables. Voilà qui donne au... [Lire la suite]
19 avril 2019

SAUVER la PENSEE (2)

  Sauver la pensée, oui, car elle est menacée, de tous côtés. De l'extérieur bien sûr, par les pouvoirs, quels qu'ils soient. Et aujourdhui, en sus, par les formes nouvelles d'une technologie impériale, qui introduit insidieusement, et dans la pensée elle-même,  le contrôle, la surveillance, la manipulation : l'hydre du despotisme s'est muée en universelle araignée, d'autant plus pernicieuse qu'elle agit en douceur et profondeur, persuadant tout un chacun qu'il agit selon le libre décret de sa volonté lorsqu'il obéit aux... [Lire la suite]
18 avril 2019

SAUVER la PENSEE

  Sauver la pensée... Chaque matin, ou presque, me revoilà tremblotant entre deux vertiges. La nuit n'est pas si loin, encore, que je n'en sente les arcanes ténébreuses, à demi effacées, mais laisssant derrière elles une brume de moiteur, où s'exténue quelque image de rêve. Suis-je éveillé, suis-je à demi mort, suis-je encore celui qui, hier, jetait des étincelles de pensée, comme échappées d'une corbeille inépuisable ? Et de l'autre côté, dans un espace incertain, quelques mots, venus on ne sait d'où, invitent à de nouvelles... [Lire la suite]
17 avril 2019

QUAND SUIS-JE MOI-MEME ?

  A quel moment de notre vie pouvons-nous dire : voilà, c'est moi, c'est vraiment moi ! Et que cela ne soit pas une simple toccade, un moment fugitif, mais un duratif, une constante, un continuum qui soutienne la charpente.  Voilà un homme saisi soudain d'une inexplicable exaltation : il parle fort, il s'agite, il court à droite et à gauche, il prétend révoquer son passé, calamiteux dit-il, il achète des appartements, dilapide son bien, court la prétentaine, court la gueuse, fait la fête, et, à l'entendre, il s'est enfin... [Lire la suite]
08 avril 2019

Du PRENOM : journal du 8 avril 2019

  Mon grand-père s'appelait Michel. Et je vois que ce beau prénom je l'ai souvent rencontré aux détours de ma vie, porté par des personnages tantôt illustres, tantôt humbles ou inconnus. Et par le plus célèbre d'entre eux tous, ce cher Montaigne auquel je reviens toujours. Moi-même je l'eusse porté volontiers, plutôt que ce "Guy" monosyllabique, trop aigu, qui résonne comme un cri. Sans compter les "kikiriki" qui piquetaient mon enfance - chant du coq en langue germanique, lesquels me firent prendre en horreur tous les coqs de... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
04 avril 2019

L' EUNUQUE FOU : poème burlesque

       L'eunuque fou du Rouanda    Sniffeur de coke et onaniste    Que le pape recommanda    Aux maffiosi esclavagistes,    De tous les bordels tenait liste    De Zanzibar à l'Ouganda                                         Ami, garde-toi du sublime                              ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 15:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 avril 2019

"TOUT EST LA ET JE NE SUIS RIEN"

  Dans sa tragédie "Tasso", modèle indépassable d'écriture classique, Goethe écrivait : "Tout est là, et je ne suis rien".  Moi qui me croyais le centre sensible et rayonnant du monde, moi qui ne vivais que de moi, de mes pensées, de mes images, de mes désirs, à la sombre lumière de l'échec je me découvre tout autre, rapetissé, réduit à ce peu que je suis en vérité,  fragile barque chancelante entre deux néants, et tout autour de moi, que vois-je ? - la prolixité d'un monde insondable, inépuisable, qui fut là de... [Lire la suite]
02 avril 2019

Et TOUT est DEPEUPLE

  Renversant le vers célèbre "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" un auteur écrit "Un seul être vous manque et tout en est peuplé". Cette idée est très juste. Elle décrit une réalité ordinairement mal perçue. Dans le premier vers on désigne l'épreuve de la perte qui entraîne un sentimant poignant de déréalisation universelle. C'est en effet ce qui se passe dans le deuil. Le second vers introduit un paradoxe qui peut étonner : on croit que tout est dépeuplé, troué par le manque, dévitalisé - ce qui correspond à un... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:29 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,