24 janvier 2019

TRANSMISSION GENETIQUE - et autres

  "Vous disiez que vous n'étiez que le contenant d'un ensemble de gènes qui vous avaient été transmis et que vous transmettriez à votre tour à la génération suivante. Et qu'en dehors de cette fonction vous n'étiez qu'une motte de terre". Ce sont les propos d'un personnage du dernier roman de Haruki Murakami : le meurtre du Commandeur. La motte de terre est une image qui surprend, en contradiction flagrante avec l'idée de transmission génétique. Dans le cours infini des générations où chacun n'est qu'en relais transitoire,... [Lire la suite]

23 janvier 2019

Se LAISSER ALLER : comment écrire

  J'ai toujours balancé entre la littérature et la philosophie, ne me contentant d'aucune : à l'une manque trop souvent la profondeur, à l'autre l'enjouement. D'où cette obstination à me situer à la jointure, dans un entre-deux infiniment problématique, toujours mouvant et incertain, comme firent autrefois Lucrèce, Montaigne, Pascal et Rousseau, que les lettreux revendiquent pour leur paroisse, et que les philosophes considèrent avec réticence. Mais c'est là un débat pour universitaires en mal d'inspiration. Il faut partir de... [Lire la suite]
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18 janvier 2019

EUTHYMIE : au coeur du tourbillon

  "Euthymie" est le beau nom par lequel Démocrite désigne le régime de l'excellence. Eu-thymie, heureuse disposition de l'esprit apaisé, loin du tumulte et des turbulences. La nature est tourbillonnaire : turba dira Lucrèce, turbantibus aequora ventis. Les vents en turbines soulévent les flots, navires démâtés sous l'orage, toute chose tourbillonne dans le flux éternel, sans répit, sans repos. Et si, de ci de là, le flux semble se calmer, un temps, ce n'est qu'une trompeuse accalmie, "un mouvement languissant" qui dissimule la... [Lire la suite]
17 janvier 2019

BEAUTE : poème

  Beauté   Comme un soleil automnal suspendu incertain dans le vide, qui jette ses rayons affaiblis, obliques sur la plaine Toi, hélas, tu te tiens flageolant loin de moi, titubant d’existence ambiguë, et plus terne De n’être que cette ombre jetée d’un désir qui ne sait ce qu’il veut, ce qu’il est, Caduc et versatile, à demi effacé, chevelure indécise bleutée de crépuscule. Mais moi qui suis-je sans toi, Beauté toujours perdue, ma gerbe renaissante ? Et toi, qui donc es-tu, de n’être ni d’ici ni d’ailleurs, ma... [Lire la suite]
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14 janvier 2019

VIVRE au PRESENT

  C'est un étonnement perpétuel : le présent ne manque jamais - tant que dure la vie. Il suffit d'ouvrir les yeux, le monde est là. Et resterais-je les yeux fermés, me boucherais-je les oreilles, que le flux interne, encore, se manifesterait dans les impressions subjectives, la respiration et le mouvement du coeur. C'est la présence du présent, irrécusable et manifeste. Le présent c'est toujours l'actuel, la somme insommable de toutes les sensations qui attestent l'existence des phénomènes, dont le mouvement, ici et maintenant,... [Lire la suite]
11 janvier 2019

MEMOIRES : du flux et de la permanence

  C'est très étonnant : les choses glisssent, les impressions glissent, les souvenirs glissent, on dirait que rien ne se fixe plus, et tout va à la débandade. A ce tarif je perdrai bientôt la connaisssance de mon propre nom. C'est un effet de l'âge, pour sûr, mais aussi, sans doute, d'une complexion particulière. Montaigne écrivait quelque part que rien ne le tient ni le retient : je ne saurais mieux dire. Et comme lui je puis me plaindre des fluctuations de ma mémoire, ce vase troué. J'ai beau m'efforcer, j'oublie le livre que... [Lire la suite]

10 janvier 2019

AMOUR de POESIE : journal du 10 janvier 2019

  En classe de terminale, moi qui avais été fort sérieux et studieux, je décrochai soudainement, passant plus volontiers mes matinées en promenades et en rêveries que dans les salles de classe. Pour moi la ville de Strasbourg était la plus belle du monde, qui offrait mille enchantements, mille lieux favorables à la contemplation. Quand je tente de me représenter ce que j'aimais tant à cette époque lointaine de ma vie, je retrouve instantanément les images des quais qui longent le cours de la rivière, cette Ill qui a donné son... [Lire la suite]
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09 janvier 2019

Le SCALPEL de la VERITE

  Je me suis mis en tête, ces jours-ci, de relire deux chapîtres importants de Schopenhauer sur la question de l'immortalité et la négation du vouloir-vivre. Je ne dirai rien du contenu de ces oeuvres, dont le lecteur peut juger par soi-même, s'il le désire. C'est mon propre positionnement de lecteur qui m'intrigue et que je voudrais tenter d'éclairer : j'observe, à nouveaux frais, l'extrême difficulté où je suis de mener une lecture suivie, attentive et concentrée. J'attaque le texte avec résolution, je me jure de mieux faire... [Lire la suite]
08 janvier 2019

Du GROTESQUE et de l' HUMOUR

       "Leurs jambes pour toutes montures      Pour tout bien l'or de leurs regards      Par le chemin des aventures      Ils vont haillonneux et hagards"  Verlaine évoque l'errance des vagabonds, des sans feu ni lieu, des réprouvés, maudits des hommes et des dieux, "dont le cadavre/ Sera dédaigné par les loups". Toutefois on relèvera une discrète ironie du poète, qui, intitulant son poème "Grotesques", suggère une distanciation critique par laquelle, tout en... [Lire la suite]
04 janvier 2019

L'ART de la SIESTE

  La sieste, comme le thé au Japon, ou les fleurs, peut être élevé au rang d'un art. J'y excelle, sans fausse modestie, de la pratiquer congrûment depuis des années. Mais la durée, et la répétition même n'y suffisent pas. Il y faut une intentionnalité très particulière. Je m'allonge sur mon lit, je m'étire, je m'installe dans une position confortable, et je laisse aller. Après quelques instants de flottement je me sens descendre dans un espace ouvert, très loin des embarras de la vie ordinaire, des pensées et des soucis du... [Lire la suite]