"Comme on l'avait un jour interrogé sur ce que les philosophes ont en plus, il dit : "Si toutes les lois étaient supprimées, nous continuerions à vivre de la même façon".(DL II,68)

Ce ne sont pas les lois civiles qui règlent le comportement, c'est la loi intérieure. Serait philosophe, selon Aristippe, celui qui n'a pas besoin de s'appuyer sur un code externe, hétéronome, pour gérer sa conduite, parce qu'il trouve en lui-même le principe et la fin, ce que les Anciens appelaient l'autarkeia, la gouvernance de soi-même.

En vertu de quoi Aristippe s'autorise la plus grande liberté à l'égard des pouvoirs, apostrophant le tyran, déroutant les normes, excentrique, intempestif.

Mais je soutiens, contre Aristippe, que le philosophe ne se réclamera d'aucun "en plus". Ni plus de savoir, ni plus de sagesse. Plutôt : un petit écart différentiel, dans le fait par exemple de pas s'en accroire, de ne pas se prendre pour un sage, de ne pas tricher sur le fait, irrécusable, que tout savoir n'est qu'opinion, et toute sagesse galéjade.