Par rapport à la psychanalyse je vois quatre positions de base :

La première est celle de l'ignorance simple : mon plombier en ignore tout, n'en parle pas, et s'en porte fort bien.

La seconde, fort répandue, est celle de l'ignorance instruite : sans s'y être jamais engagé comme analysant, voilà quelqu'un qui lit beaucoup, connaît Freud et Lacan par les textes, parle beaucoup, enseigne parfois, et finit par croire posséder connaissance et maîtrise. Illusion de savoir. Evitement.

La troisième est celle du patient qui consulte pour traiter sa souffrance, fait une tranche, comme on dit, et s'en va. Son approche est pragmatique. Il ne s'embarrasse pas de théorie. Sa connaissance reste assez limitée. Un tel patient ferait sans doute mieux, vu son profil, de s'adresser à une thérapie brève, comme l'hypnose ou la sophrologie.

La quatrième combine la pratique et la théorie. Le désir de savoir est un mobile essentiel de la cure. C'est lui qui fait travailler dans le sens authentique du terme. C'est ainsi que les textes et la démarche personnelle peuvent entrer en résonance. Le sujet devient psychanalyste, même s'il n'ouvre pas de cabinet.  Précisons que son savoir reste toujours ouvert, inachevable : c'est le statut authentique, honorable et indépassable du savoir humain : savoir, non-savoir, et savoir du non-savoir. Cycle ouvert sur l'énigme.