31 mai 2018

Du DESTIN et de la DESTINEE, à propos d'Hésiode

  Dans la "Théogonie", récit fabuleux de la naissance du monde et des dieux, Hésiode, contre l'opinion commune, privilégie la Nuit (Nyx) au détriment du Jour. A partir de Chaos, la béance originelle, en premier apparaît la Nuit couplée à l'Erèbe (la Ténèbre), qui engendreront Moros, la destinée mortelle de tous les vivants, Thanatos, la mort, Hypnos le sommeil et Oneiros le rêve (plus exactement les mille rêves !). L'Obscur précède le lumineux, et c'est dans l'obscur que se joue la destinée des êtres vivants, tous affectés d'une... [Lire la suite]

30 mai 2018

POEME pour HERACLITE

  "Le maître des plus nombreux, Hésiode. Celui-ci, ils croient fermement qu'il sait le plus de choses, lui qui ne connaissait pas le jour et la nuit : car ils sont un" - Héraclite, fragment 57 DK       Ils ne savent pas ce qu'est le jour   Ils ne savent pas ce qu'est la nuit     Ils ignorent jour-nuit   Serpent aux ailes blanche et noire     Qui enserre le monde     Qui enserre le temps   Dans l'éternel embrasement.        
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29 mai 2018

APOLOGIE du MOI

  En voilà assez ! Assez de malmener ce pauvre moi accablé de tous les maux de la terre ! "Le moi est haïssable" dit-il. Et l'autre y voit le condensé pitoyable de toutes les identifications. Ces propos ont quelque valeur dans le processus de déconstruction, lorsqu'on désire atteindre la source du désir, explorer les couches profondes de l'inconscient. Ou encore lorsqu'on veut décentrer le sujet, le mettre en relation avec le vaste monde. Mais de quelque manière qu'on s'y prenne on en revient toujours au moi, sans lequel la vie... [Lire la suite]
28 mai 2018

LIBERTE ? - méditation

    Ce que nous appelons liberté n'est peut-être qu'un balbutiement entre deux silences, vibrant au bord de la faille, inquiétante et féconde, d'où s'origine toute vie. La faille c'est Chaos : ouverture infinie sans fond et sans bord, impensable, nuit profonde que rien ne peut présentifier, espace borgne d'où naissent les images et les rêves. C'est ce que nous ne connaîtrons jamais, qui nous hante dans la vastitude du sommeil, et que nous retrouvons dans la mort silencieuse. Dans la vie consciente cette référence... [Lire la suite]
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28 mai 2018

De la TYRANNIE du DESIR, et de la loi

  De la tyrannie du Surmoi, certes, il importe de se libérer. Mais ce n'est pas, certes, pour sombrer sous la tyrannie du désir. Cette formulation peut surprendre. Lorsqu'on dit : "ne pas céder sur son désir", que dit-on au juste ? La chose se développe en deux temps. D'abord cela signifie qu'il faut libérer le désir, suspendre les identfications et aliénations dans lesquelles il est pris, desserrer la tenaille du surmoi, cesser de vouloir être le bon objet qui satisfait la demande d'autrui etc. Cela est bien connu et ne prête... [Lire la suite]
24 mai 2018

De la TYRANNIE du SURMOI : plaisir et culpabilité.

  Cette primauté du plaisir que j'ai tenté de retrouver et d'exhiber dans l'article précédent se voit immédiatement combattue par un régiment de forces contraires, qui vont singulièrement en amoindrir les effets. Je remarque déjà que plusieurs commentateurs s'empressent de rappeler au secours - de la morale, je suppose - les nécessités sociales sous les espèces, tantôt du moi, tantôt du surmoi. Que le moi s'efforce d'endiguer la puissance incontrolée des pulsions pour maintenir l'unité psychique, cela se conçoit aisément : il... [Lire la suite]

18 mai 2018

Du PLAISIR comme PRINCIPE

  En allemand la joie se dit "Freude" - voilà qui devait ravir le cher Sigmund ! Et dessiner pour lui un certain destin, un fatum comme on dit en latin, qui signifie originellement "le dit" (de fari, dire). Les Muses, au chevet du nourrisson, ont édicté le signifiant-maître qui dorénavant guiderait les pas de l'enfant, puis de l'adulte. On se demandera si Freud saura se montrer digne de cette vocation, dans sa vie et dans son oeuvre, ce qui n'est évident ni pour l'une ni pour l'autre. S'il est bien vrai qu'elles commencent en... [Lire la suite]
16 mai 2018

De la JOUISSANCE du SYMPTOME

  D'aucuns parlent de la jouissance du symptôme. Hélas, pauvre jouissance, piteuse, calamiteuse et écornée. Un tel rampe dans l'hypocondrie, un tel s'obsède et se déprime, tel autre bichonne ses petits maux d'estomac, rumine ses déboires. Jouissent-ils ? C'est à voir. Mais tous répètent, et cela, d'une certaine manière, en dépit des douleurs, est jouissance. Grâce à quoi le monde est comme il est, cela lui donne un petit air de "déjà vu" qui ne va sans charme, et qui rassure. Et puis les douleurs sont valeurs dont on parle,... [Lire la suite]
14 mai 2018

De "LA JOIE CHEZ HOMERE"

  Voici deux ans j'eus la grande joie de rencontrer Clément Rosset dans sa petite maison, entre bocage et collines fleuries. Nous étions quatre mousquetaires palois de la philosophie, très désireux de parler avec cet étrange bonhomme qui avait ébranlé notre ancienne vision du monde. Fut-il heureux de nous voir, ce n'est pas sûr : il semblait émerger difficilement d'une profonde sieste, rêveur et embarrassé. Mais il nous reçut avec courtoisie, nous pria d'entrer, nous offrit à boire. Et nous voilà tous les cinq autour d'une table... [Lire la suite]
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09 mai 2018

De l'INSUBSTANTIALITE (2) - la "chose"

  Quel intérêt, direz-vous, à méditer sur l'insubstantialité du monde et du moi ? Des quatre modes précédemment analysés je retiens, vous l'avez compris, le quatrième, le seul qui présente quelque cohérence dans la pensée. Le seul qui offre une vue dégagée sur le réel, et nous libère un tant soit peu de l'attachement. Qu'il y ait des "choses" nul n'en doute, mais nous ne savons guère ce qu'elles sont. Elles existent "pour nous", et ce "pour" est incontournable. Celui qui mange une pomme ne se soucie pas de la nature de la pomme... [Lire la suite]
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