31 janvier 2018

DE l ART et du SAVOIR

  L'art ou le savoir ? Je n'ai jamais su choisir, mais fallait-il choisir ? La philosophie est peut-être cette tension sans solution entre les deux pôles, qui se maintient vaille que vaille, et qui donne l'illusion d'avoir les deux.  Revenons à l'expérience de la dénaissance, à cette mélancolie très spéciale qui serait à l'origine de la création de l'objet d'art, ce quasi-objet qui est à la fois réel et irréel, à la place de l'objet perdu, qu'il ne remplace pas, mais dont il livre en quelque sorte un analogon, un substitut... [Lire la suite]

30 janvier 2018

De la DENAISSANCE : méditation

  Nerval parlait en connaisseur de la traversée de l'Achéron, dont il se remit deux fois avant de sombrer, comme on sait. Je n'ai pas l'intention de sombrer, mais pas davantage celle de gommer purement et simplement l'expérience vécue, d'en annuler le relief par une sorte de dénégation. Traversée du feu dirai-je, de ce feu noir et froid qui cadavérise toute chose, qui nihilise jusqu'au désir de vivre. Heureusement l'affaire n'aura duré qu'un mois, mais c'est un de ces mois qui valent pour plusieurs. Dés-être dirait Lacan,... [Lire la suite]
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29 janvier 2018

MELANCOLIE de l' ART

          "O vraiment, marâtre nature       Puisqu'une telle fleur ne dure       Que du matin jusques au soir !"   Ce sentiment-là, devenu si banal dans la littérature, si convenu, il faut le reprendre à la source pour en mesurer l'inépuisable puissance d'évocation. Qu'on le répète et régurgite à l'infini, cela ne change rien, cela n'en amoindrit nullement l'imparable vérité. Toute poésie de là s'origine, y puise son inspiration, y déroule les méandres de sa mélancolie.... [Lire la suite]
26 janvier 2018

DE l' AGE et de la BEAUTE

  Je dispose par devers moi d'un signe infaillible qui atteste mon retour à la santé, c'est la beauté. Pour avoir végété si longtemps dans les affres, y avoir assisté à la faillite de toutes choses au monde, à l'évidence de la caducité universelle, c'est miracle, que par un retour si soudain et si improbable, il me soit possible, caprice ou nécessité, de goûter si nouvellement le charme de quelque image, toute intérieure il est vrai, mais qui vient se superposer sur les réalités existantes, et les colorer d'un relief inattendu.... [Lire la suite]
25 janvier 2018

LE DELICE DES FLEURS : LUCRECE

    "Pauvres esprits des hommes, ô coeurs aveugles !   Dans quelles ténèbres et dans quels dangers   S'écoule ce petit rien de la vie ! Ne vois-tu pas   Que ce que réclame le cri de la nature n'est rien d'autre   Que pour le corps l'éloignement et l'absence de la douleur, et pour l'âme   Une sensation de jouissance, délivrée de souci et de terreur ?   Nous voyons donc que pour la nature du corps bien peu de choses   Sont nécessaires pour enlever la douleur   Et faire aussi le... [Lire la suite]
24 janvier 2018

DOGMATISME et SCEPTICISME

  Dans ce qu'il est convenu d'appeler "philosophie" je vois à l'oeuvre deux tendances contraires, et qui d'ailleurs se contrarient. La première est constructive : elle échafaude, à partir de quelque principe simple (l'être, l'âme, le devenir, la matière etc) une sorte de monstre conceptuel qui prétend saisir dans ses filets l'universalité de ce qui est, ramené de fait à quelques propositions invérifiables, et le plus souvent fantaisistes. Ce sont en fait des sortes de romans intellectuels, ou des peintures de genre, où chacun... [Lire la suite]

23 janvier 2018

DEFORESTATION : Ronsard

   "Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras !   Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas :   Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à  force   Des Nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?   Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur   Pour piller un butin de bien peu de valeur,   Combien de feux, de fers, de morts et détresses   Mérites-tu, méchant, pour tuer les déesses ?"                Ronsard : élégie XXIV, début   ... [Lire la suite]
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22 janvier 2018

HUMEUR,VALEUR : idiosyncrasie et vérité

  Jour après jour je reviens : où donc étais-je, dans quelle brume de noirceur et de moiteur ? Pourtant cela aussi était de quelque réalité, cela aussi avait sa logique, sa véracité, sa vérité. Quand l'âme est valide et le corps content il en découle une certaine vision du monde, qui a sa réalité : mais le défaut qui s'y attache  est de nous faire croire qu'il s'agit là d'une norme du vrai et que cet état est destiné par nature à durer toujours. On s'habitue au plaisir, on finit par croire qu'il est l'essence de notre... [Lire la suite]
19 janvier 2018

REALISME POLITIQUE : Schopenhauer

  "L'Etat n'est que la muselière dont le but est de rendre inoffensive cette bête carnassière, l'homme, et de faire en sorte qu'il ait l'aspect d'un herbivore". Schopenhauer.  Le cher homme ne pense pas grand bien de l'humanité en général, mais apprécie fort les quelques rares individualités qui ont su surnager au dessus de la mêlée. A se demander si la finalité véritable de l'espèce humaine est de se conserver in extenso, ou de produire de ci de là quelques types originaux : par exemple l'invraisemblable désordre et... [Lire la suite]
18 janvier 2018

Du TEMPS VECU : méditation

  Au sortir de mes épisodes noirs - je les appelle tels par convention et pudeur - reprenant difficultueusement pied dans ce qu'il est convenu d'appeler la réalité commune, je ne laisse pas d'avoir la sensaton étrange d'une sorte de déplacement, d'écart, de distance incommensurable, d'éloignement psychique par rapport aux intérêts supposés essentiels de l'existence. Mieux encore : je vois le commun s'agiter, s'exciter, se démener avec le plus grand sérieux, ils ont l'air vivant, si vivants, mais moi je les vois comme ils sont en... [Lire la suite]