29 septembre 2017

PATMOS : du danger qui sauve

     "Proche    Et dur à saisir le dieu.    Mais où est le danger, croît    Ce qui sauve aussi". C'est le début renversant de la première version de "Patmos", vaste poème plusieurs fois remanié. On cite souvent la seconde phrase : "où est le danger croît ce qui sauve aussi". Mais le début est tout autant digne de méditation : il rend plus intelligible la référence au danger, et à la salvation. Le rapport au dieu est au centre de la poésie de Hölderlin, rapport intime et problématique.... [Lire la suite]

27 septembre 2017

GRODDECK : théorie du ça

  Si l'on considère, avec Groddeck, que la vie, comme la mort, sont des expressions du ça éternel et immanent, on en déduira nécessairement quelques propositions remarquables : La distinction traditionnelle du corps et de la psyché s'estompe : corps et psyché sont indissociables, étant ensemble et indistinctement des manifestations de l'énergie formatrice du ça. Il en résulte une approche médicale tout à fait nouvelle : considérer l'entièreté du patient, son mode d'être et de paraître comme une unité expressive. Affections... [Lire la suite]
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27 septembre 2017

Héraclite : poème

            HERACLITE      Les cornes du bouc,    Deux en un,    Dessinent la parfaite figure    De l'arc et de la lyre,    Vie-mort, indissolublement.      Qui veut l'un se fait mordre par l'autre,    Mais le dieu seul    En son coeur généreux qui jamais ne flanche    Nourrit tous les contraires,    Les égalise dans le feu.      Sur la brêche du temps  ... [Lire la suite]
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25 septembre 2017

VIVRE SELON LA NATURE ?

  Une vraie et très sérieuse question philosophique serait, à mon sens, de se demander ce que pourrait signifier l'expression "vivre selon la nature" dans le monde tout d'artifices où nous sommes, à la veille notamment de très considérables modifications technologiques, déjà sur le chantier, qui affecteront en profondeur notre rapport au monde, à nous-même, et aux autres. On a pu penser assez longtemps que la technologie fournissait simplement des moyens plus efficaces pour agir sur la nature et agrémenter la vie humaine - et... [Lire la suite]
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24 septembre 2017

Du GRAND AUTRE : statut du symbolique

  "A moi aussi le Grand Autre me manque" aurait déclaré Lacan. Voilà qui nécessite un peu de réflexion. Quel est donc ce Grand Autre dont le défaut nous hante, peu ou prou, et quelles en sont les conséquences ? Je prends le cas de la justice, dont chacun peut mesurer la caractère imparfait, conventionel et contestable. Nul ne sait, et ne peut savoir de science sûre, si un tel est vraiment responsable de son acte, s'il est coupable et redevable, à supposer même que l'on puisse établir qu'il en est véritablement l'auteur. Mais il... [Lire la suite]
20 septembre 2017

Du GRAND AUTRE (2) - Le détournement catégorique

  Nous possédons deux versions du poème "Vocation du poète". La première conclut en disant : " Il n'est pas besoin d'honneurs ni d'armes, tant que Dieu nous reste proche". La seconde : "L'homme (...)  n'a point besoin d'armes ni ruses, avant que l'aide le défaut de Dieu". Revirement spectaculaire. Que s'est-il passé dans l'esprit de Hölderlin, qui puisse éclairer ce revirement ? Le Dieu qui était proche, celui de la tradition protestante, de la philosophie occidentale, ce Dieu s'est éloigné, s'est, selon ses termes,... [Lire la suite]

18 septembre 2017

De la MORT de MACBETH : l'absurde

  "Demain, puis demain, puis demain glisse à petits pas de jour en jour jusqu'à la dernière syllabe du registre du temps ; et tous nos hiers n'ont fait qu'éclairer pour des fous le chemin de la mort poudreuse. Eteins-toi, éteins-toi, court flambeau ! La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien..." Pour Macbeth, victime consentante d'une... [Lire la suite]
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13 septembre 2017

SUSPENSION : fantaisie

  Après tant de semaines maussades l'été indien vient s'installer sur son trône d'or pâle. Les feuilles, encore bien vertes et fraîches, captent et renvoient la lumière, tout est calme, comme suspendu dans un temps arrêté. On aimerait que de telles journées durent toujours. Temps propice à la rêverie, à la poésie, à la fainéantise heureuse. Suspension de la pensée. La nature, dans sa prodigalité, suffit à tout, si le corps trouve de quoi se sustenter, si l'âme se détourne de ses tourmeànts pour s'ouvrir à l'immense. Un bonheur... [Lire la suite]
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11 septembre 2017

Du milieu : Montaigne

  "Nous n'avons aucune communication à l'être, parce que toute humaine nature est toujours au milieu entre le naître et le mourir, ne baillant de soi (ne donnant de soi) qu'une obscure apparence et ombre, et une incertaine et débile opinion"  - Montaigne, Apologie de Raymond Sebon.
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09 septembre 2017

DE L' EXISTENCE : les deux registres

  Je vois deux manières de considérer l'existence, ou si l'on veut, selon deux registres qui ne s'excluent pas, qui peuvent se superposer.  La première, commune, naturelle, inévitable, c'est de situer l'existence personnelle dans le champ général de la socialité : dès l'enfance nous voici immergés dans le langage qui nous préexiste et qui va modeler notre perception et notre rapport aux autres, dans l'ordre symbolique dont nous apprenons jour apès jour la contrainte façonnante, dans un modus communautaire de sentir, de... [Lire la suite]