3

 

 


Ton ventre nu dessine une rosace
De lumineuse incarnation
Où dansent, fugaces, les constellations,
Au dessus du bocage exquisement fendu
Bocage où rêvent la douceur
La candeur, le douloir, le nonchaloir,
Où le corps exulté se repose
Après l'orage.

Autres temps
Autres plaisirs, autres tourments

Mais la source des plaisirs ne tarit jamais
Les eaux s'écoulent, toujours nouvelles
Tantôt fortes, rapides, irrésistibles,
Bruissantes comme ruisseaux de montagne
Et tantôt elles semblent se tarir,
Mais c'est toujours même origine,
Et la tension de vie
Se poursuit tout au long de la vie,
Renouvelant ses formes, à plaisir,
Comme un archer, toujours debout
Bandant son arc,
Tirant flêches toujours nouvelles
Bariolées, multicolores, selon le coeur,
Tant que l'ardeur du combat le maintient en haleine.
Ne crois pas que l'âge venu,
Quand s'affaiblit la puissance du corps,
Aphrodite relâche son étreinte,
Car le désir, tout aussi vif,
Inépuisable, créatif,
Invente de nouvelles images,
Crée de nouveaux atours, nés de forces vivaces,
Se construit un théâtre animé
Et l'esprit toujours jeune et vif
Toujours plus inventif,
Fait tourbillonner en se jouant la ronde des plaisirs.
Telle est la nature, en son génie,
Telle la puissance du désir
Qui par son jeu nous aide à supporter la vie.


Le veil homme, lassé des faux pouvoirs
Du faux prestiges du savoir
Se resserre en soi-même
Il connaît le prix du désir
Il décante ses désirs
Il se resserre sur l'essentiel
Il porte le monde entier dans son coeur
Il compose avec le mal et la douleur,
Il se réjouit d'être mortel.