Le livre avance. Commençant, je n'avais aucune idée claire de ce que je voulais dire. C'était une nécessité impérieuse, irrésistible. Rejetant toute critique, tout sujet de doute, je me suis jeté à l'eau, et depuis je nage, plutôt pas mal, à mon goût. Je refuse de considérer ce que cela peut valoir en terme de qualité littéraire ou philosophique. C'est tout simplement une exposition de ma sensibilité et de ma pensée, telles qu'elles m'apparaissent à moi-même. Il ne faut point trop se soucier du lecteur, tout au long de la gestation, sinon on ne peut rien faire, et la critique étouffera toute spontanéité. Ainsi je vais, que le lecteur, s'il en est, s'y retrouve comme il peut.

La structure d'ensemble est en place. Les thèmes fortement affirmés. Pour autant je n'ai pas fini. Je complèterai, de ci de là, selon l'inspiration. En aucun cas je ne veux forcer, je veux que cela coule naturellement : plutôt ne rien faire que de faire dans la sueur et la stupeur. Pour le moment cela vient tout seul. A peine si je réfléchis à l'aventure, pour polir un vers ou précisr une pensée. Le plaisir domine partout, c'est l'essentiel.

Je rêvais depuis longtemps d'un long poème qui saurait allier l'affect et la pensée, qui chez moi sont également actifs, liés par une sorte de cordon ombilical. D'autres avant moi ont tenté ce pari risqué, et parmi les plus grands. Je ne saurais prétendre faire aussi bien qu'eux : ma petite musique à moi me suffira. Rêve grandiose : poésie et philosophie réconciliées, du même pas, selon la cadence de la vérité.

Souhaitez-moi bonne chance : puisse la Muse ne pas m'abandonner, et m'inspirer quelque chant qui puisse inspirer le lecteur !