Pour le plaisir de Frédéric, mais aussi de tous les amateurs de beauté, voici le sonnet in extenso auquel je me référais dans l'article précédent : 

 

            Le Christ aux Oliviers (2)

 

    Il reprit : "Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;

    Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,

    Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,

    Répand des sables d'or et des flots argentés :

 

    Partout le sol désert côtoyé par des ondes,

    Des tourbillons confus d'océans agités...

    Un souffle vague émeut les sphères vagabondes,

    Mais nul esprit n'existe en ces immensités.

 

    En cherchant l'oeil de Dieu je n'ai vu qu'une orbite

    Vaste, noire et sans fond, d'où la nuit qui l'habite

    Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ;

 

    Un arc-en-ciel étrange entoure ce point sombre,

    Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre,

    Spirale engloutissant les Mondes et les Jours.