14 novembre 2016

la GLOIRE de l'OLIVIER

            "Il est, dit-on, un arbre à l'Asie inconnu,            Et qui ne croît point volontiers            Dans la grande île dorienne de Pélops.            Il naît spontanément, redouté de la lance            Pillarde, il est vraiment un arbre de chez nous :            C'est le glauque olivier, gardien de nos enfants.        ... [Lire la suite]
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11 novembre 2016

Du PATRONYME

  On ne choisit pas son patronyme, il vous tombe dessus comme une fatalité. Mais à y réfléchir de plus près cette fatalité est bien plus générale : c'est d'abord la conception, qui n'est pas votre affaire mais celle des parents, puis la vie intra-utérine, la naissance, et tout ce qui s'impose à vous, que vous ne pouvez choisir, religion, langue, éducation, dressage et élevage, entrée programmée dans le monde symbolique, et tout le reste. Ce terme de fatalité peut choquer, pourtant il est tout à fait pertinent : le fatum, que... [Lire la suite]
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10 novembre 2016

AMNESIE : une chance ?

  Pour se maintenir en bonne santé il faut savoir oublier, science que je possède au plus haut degré sans avoir fait le moindre effort pour l'acquérir. Je me demande parfois si c'est manque de mémoire ou manque d'inscription, de perception : je n'ai rien enregistré, il est donc bien naturel que je ne puisse rien restituer. Il en va ainsi des films, que je regarde en rêvassant, rarement intéressé, le plus souvent distrait ou baguenaudant à part moi. De même pour les livres : je vois que j'oublie instantanément les événements, je... [Lire la suite]
08 novembre 2016

De la SANTE

  Qu'est ce que la santé ? On l'éprouve, ou on ne l'éprouve pas, et c'est décisif. C'est un certain état interne qui rend possible le mouvement, l'action et la création. Hors de quoi ce n'est pas de la santé, même si on ne souffre d'aucune maladie manifeste. Takuan, un moine bouddhiste, parlait de la mobilité immobile et de l'immobilité mobile : c'est l'état calme du pratiquant qui ne s'agite pas, ne se dépense pas en vaines gesticulations, mais qui, dans l'immobilité apparente, est parfaitement lucide et prêt au combat. Ferme... [Lire la suite]
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07 novembre 2016

ANESTHESIE - et de la mort

  J'ai connu au cours de ma vie plusieurs anesthésies. C'est l'expérience la plus étrange qui soit. Vous êtes là, étendu sur un lit, conscient, plaisantant avec les infirmières, et soudain vous reprenez conscience, un peu ahuri, vous demandez quand on va vous opérer, et l'on vous répond que l'opération a déjà eu lieu, qu'elle s'est bien passée, on vous reconduit dans votre chambre, et vous vous demandez encore si vous avez rêvé. Ce qui est remarquable dans cette affaire, c'est l'absence totale de conscience : les produits qu'on... [Lire la suite]
06 novembre 2016

RONDEAU pour CHARLES d' ORLEANS

               RONDEAU     Au bois obscur de la Mélancolie   J'ai rencontré le spectre aux deux visages   L'un tout de blanc, l'autre couvert de suie.     Le quel des deux m'offusque davantage   De n'être point, ou de mourir sa vie ?    Chacun s'en va dans le vif de son âge   Au bois obscur de la Mélancolie.     Que le soleil illumine sa vie   Ou qu'il traîne sa harde sous la pluie   Qu'il soit manant, prince de... [Lire la suite]
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05 novembre 2016

La COMPLAINTE RUTEBEUF

      "Que sont mes amis devenus    Que j'avais de si près tenus           Et tant aimés ?    Je crois qu'ils sont trop clair semés    Ils n'étaient pas bien attachés            Et ont failli.     De tels amis m'ont desservi     Car tant que Dieu m'a éprouvé            De tous côtés,     N'en vis un seul à mes côtés.     Je crois le vent les a ôtés. ... [Lire la suite]
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04 novembre 2016

FUGUE en ré mineur

  C'est chose rare et merveilleuse que l'amitié. Encore faut-il savoir s'en rendre digne. Ma rencontre avec Alfred s'est faite en classe de terminale. Il venait d'un autre lycée et ne faisait pas partie de la bande de copains que je fréquentais. Je ne l'avais, à vrai dire, pas vraiment remarqué. Un soir, par hasard, nous marchions ensemble au sortir des classes, et la conversation porta sur la poésie, puis sur Rimbaud. Ce fut un coup de foudre : ainsi lui aussi, que je ne connaissais pas, que j'avais ignoré, lui aussi était... [Lire la suite]
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03 novembre 2016

TABLEAUX d'un MONDE DISPARU

  Mon grand-père était un petit homme sec, mi sanguin mi nerveux, ordinairement calme et pondéré, mais capable de rages froides lorsqu'il s'estimait lésé. Un soir qu'on lui volait les oies déplumées qui pendaient dans sa remise, il s'était armé d'un bâton, et, blême de rage, allait frapper un des voleurs, lorsque survint son fils, juste à temps. On fit venir un policier, et l'affaire se régla sans violence. Je soupçonne fort que le calme coutumier de mon grand-père ne fût que de façade, de contention si l'on veut, qui... [Lire la suite]
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02 novembre 2016

PAROLABORATION : un manifeste

  Labor (en latin : peine qu'on se donne pour faire quelque chose ; travail, fruit du travail) d'où labeur, mais aussi labour, labourage. Travail de la terre. Elaboration : travailler une idée, dégager une notion ou une idée. Enfin : perlaboration (Lacan) qui traduit assez heureusement le Durcharbeiten (travailler à travers) de Freud. Travailler le manifeste pour parvenir jusqu'au latent, à l'inapperçu, à l'inconscient. L'inconscient travaille les idées préconscientes, les transforme, les élabore, les déplace et les condense,... [Lire la suite]