30 novembre 2016

De la DOULEUR sans OBJET

  Le vertige c'est l'effroi du bord, lequel divise l'espace en deux zones absolument hétérogènes. De ce côté-ci c'est la sécurité relative, le connu, le pensable ; on y est "comme dans un port" (Epicure) ; et de l'autre la grande mer tourbillonnaire, "mari magno", les affres et les tourmentes. Et dans certaines expériences plus poignantes encore, le vide, l'irreprésentable, le "chaos" sans bord ni bordure. Pascal s'effrayant de l'immensité insondable, "où le centre est partout et la circonférence nulle part". J'étais hier dans... [Lire la suite]
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29 novembre 2016

Du VERTIGE : 29 novembre 2106

  Dans mes rêveries il m'arrive parfois de me retrouver au bord d'un précipice, ou d'une muraille qui donne vertigineusement sur le vide. A chaque fois je suis saisi d'effroi, je fais un brusque mouvement en arrière, très réel dans tout le corps, alors que je suis tout du long allongé sur un fauteuil. L'imagination, comme l'avais bien saisi Montaigne, suffit à glacer le sang, échauffer la bile, susciter les émois les plus saugrenus. Dans l'enfance, alors que j'adorais explorer les chateaux en ruine, les fouiller et retourner en... [Lire la suite]
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28 novembre 2016

LA PIE SAUVAGE : de la beauté

  Les arbres du parc s'effeuillent dans le vent d'automne. Déjà de larges échappées ouvrent sur le ciel gris. Assis à mon bureau je regarde longtemps par la fenêtre, j'observe la pie qui saute de branche de branche, s'arrêtant par moment pour picorer, puis reprenant sa course. Voici quelques semaines encore elle se débattait dans une déluge de feuilles vertes, puis, insensiblement, les feuilles ont passé au jaune, à l'ocre, au rouge par endroits, puis ont entamé leur descente vers le sol. La pie ne peut plus se cacher dans le... [Lire la suite]
23 novembre 2016

STIMULATIONS

  C'est un bien vilain vice que le tabac, d'autant qu'il s'incruste dans les replis intimes de la psyché, vous contraint à une humiliante répétition. Mais quoi ! connaissez-vous quelqu'un qui n'ait aucun vice, aucune addiction, ou toxique, ou érotique, ou comportementale ? La parfaite indépendance d'esprit, sans nul attachement, sans faiblesse coupable, relève du mythe, et la culture elle-même, dans la variété infinie de ses formes, ne va pas sans stimulants, excitants, usages dangereux, à croire que la vie, telle qu'elle est,... [Lire la suite]
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22 novembre 2016

De la SINCERITE : écrire, parler, méditer

    Pour écrire quelque chose qui ne soit pas que du semblant, il faut de la sincérité. Et celle-ci n'est pas si facile à pratiquer. C'est une vertu de la maturité, car auparavant on ne fait que répéter ce qu'on a entendu de tous côtés. Bizarrement il faut beaucoup ingurgiter et régurgiter avant d'accéder à une parole qui vienne de soi, comme si les couches profondes restaient longtemps inaccessibles. Mais comme il faut parallèlement une maîtrise efficiente du langage, de ses ressources cachées, chacun est condamné à... [Lire la suite]
21 novembre 2016

UN CURSUS PHILOSOPHIQUE

  Je m'interroge : quelle a été la motivation intérieure qui m'a déterminé à choisir la philosophie, plutôt que les lettres, ou la philologie classique, pour lesquelles j'avais autant, sinon plus, de dispositions intellectuelles ? Il s'agissait de choisir un métier, et je n'avais pas envie d'enseigner ce pourquoi je me réservais dans mon intimité, à savoir écrire selon mon goût, en toute liberté. J'avais fait voeu de littérature, je me destinais corps et âme à la poésie et je ne voulais trahir cette nécessité intérieure en... [Lire la suite]
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18 novembre 2016

Le BOCAGE d' APHRODITE : Sophocle

  " "Là chaque jour s'épanouissent Sous la sainte rosée, en grappes opulentes Le narcisse, des deux déesses très augustes (i) Antique diadème, Et l'éclat doré du safran ; là, toujours vives, D'un cours toujours égal, les sources du Céphise S'épanchent, vagabondes ; Et chaque jour les eaux pures pénètrent L'ample sein de la plaine aussitôt fécondé. Là se plaisent les Muses Pour y danser en choeur, et là se plaît Aphrodite menant  son char aux rênes d'or".   Sophocle, Oedipe à Colone, Choeur du second... [Lire la suite]
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16 novembre 2016

Le BOIS et la CENDRE - et des regrets

  Le bois devient cendre, "la cendre ne redevient pas bois". Le Feu consume les choses, et d'autres choses naissent du Feu - c'est ainsi que pourrait s'exprimer Héraclite, si l'on veut considérer le Feu comme l'agent universel de la transformation. Il n'y a pas de retour éternel, Socrate, contrairement à la thèse stoïcienne, ne reviendra pas. Le temps inscrit l'irréversibilté dans le cours des choses. Cela signifie qu'on ne naît et qu'on ne meurt qu'une fois, qui est la bonne : une fois pour toutes. Cette idée, qui paraîtra... [Lire la suite]
15 novembre 2016

De l' IMMORTALITE de L'AME : imaginaire et symbolique

  Lorsqu'on est enfant on a bien du mal à concevoir ce que signifie la mort : une absence, sans doute, qui prendra bien fin un jour. Le défunt reviendra, c'est certain. Puis vient un temps où l'enfant soupçonne l'affreuse vérité : le défunt ne revient pas. Mais alors que devient-il ? L'enfant voit qu'on enterre le défunt, mais dans le même temps des âmes charitables, pour faire passer la pilule, lui expliquent que l'âme du mort séjourne dans le ciel, parmi les étoiles, et que de là haut il voit, il regarde, il est toujours... [Lire la suite]
14 novembre 2016

La DEPOUILLE

  Célèbre entre tous est le Choeur qui proclame, dans Oedipe à Colone, de Sophocle :     "Mieux vaut cent fois n'être pas né ;     Mais s'il vous faut voir la lumière,     Le moindre mal encore est de s'en retourner     Là d'où l'on vient, et le plutôt sera le mieux". C'est la lamentation d'un vieillard qui a connu tous les déboires imaginables, tous les malheurs de l'existence. A présent, lassé de tout, revenu de toutes les illusions de puisssance, il n'aspire plus qu'à déposer son... [Lire la suite]