"Voici mon jardin, j'y soigne les fleurs de l'amour,

          Que la Muse a choisies, savamment disposées.

      Ce rameau de fruits, les fruits d'or de la vie,

           Heureux je l'ai planté, joyeux je veille sur lui.

      Tiens-toi de côté, Priape, je n'ai rien à craindre  des voleurs ;

           Que librement chacun cueille et jouisse, s'il veut.

       Mais débusque les fourbes, criminels énervés, éhontés,

           Que l'un s'approche et cligne par la gracieuse clôture,

      S'il répugne aux fruits de la pure nature, punis-le,

           De derrière, du pieu qui jaillit rouge d'entre tes flancs !"

 

(Goethe, Elégies romaines, Prologue - traduction personnelle)

Voici un petit texte, peu connu je crois, qui donne une tout autre image du Sage de Weimar, inspiré par les aventures érotiques et esthétiques de l'auteur, lors d'un voyage en Italie qui lui révéla la splendeur du Sud classique et la résolution de "ne pas oublier de vivre".