30 mars 2012

LA VOIX du FLEUVE

Souvent, au début de l’après midi, je prenais mon vélo, ou le bus, selon le temps, pour me rendre au bord du Rhin, au-delà des forêts marécageuses du Ried. J’aimais m’asseoir au bord de l’eau, toutes affaires cessantes, et je contemplais longtemps les eaux puissantes qui, dans leur cours grandiose, s’écoulaient interminablement devant moi.  C’est le paradoxe du fleuve : il coule et ne tarit pas, il est à la fois devant et derrière, en amont et en aval, présent dans le mouvement sans que ce mouvement ne s’arrête. Où donc... [Lire la suite]
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29 mars 2012

KHAOS et la LUMIERE : Héraclite

    Au début était Khaos, la grande Faille. On encore la Nuit, à entendre comme le fond sans fond précédant toute émanation, source universelle. Du fond sourd, éternellement  jeune, vivante et créatrice, la nature, Physis, en sa prodigieuse prodigalité. Les Chinois disent : la Mère des dix mille êtres, la Femelle obscure. Mais ne soyons pas dupes de la formule : « au début » n’a pas de début, est de tous les débuts, à chaque matin du monde, éternelle aurore qui déjà a lui, qui luit ce matin même,... [Lire la suite]
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28 mars 2012

La DETRESSE et l' ATTENTE : HOLDERLIN

« En attendant il me paraît souvent Que dormir serait mieux que d’être ainsi sans compagnon Et que de persévérer ainsi ? Et que faire dans l’attente, et que dire Je ne sais ; et à quoi bon des poètes en un temps de détresse ? Mais ils sont, dis-tu, comme les prêtres sacrés de Dionysos, Qui de pays en pays erraient en la Nuit sacrée ». (« Pain et vin », élégie de Hölderlin)              La poésie, en ces temps de barbarie, est une constante... [Lire la suite]
27 mars 2012

ENTRE TEMPS : HOLDERLIN

Esquisse de poème, dans le cahier que tient Hölderlin, entre 1801 et 1802                « Entre temps laisse-moi flâner                Et cueillir des baies sauvages                Pour étancher l’amour de toi                Sur tes sentiers, ô... [Lire la suite]
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26 mars 2012

Des QUATRE FIGURES DE L' ANIMA : JUNG

L’Anima est cette puissance féminine qui se révèle à l’homme comme la plus grande séduction et le plus grand péril. Elle compromet l’équilibre que l’homme a laborieusement construit sur la méconnaissance d’une dimension essentielle de son être. S’il est entendu, depuis Lacan, que La Femme n’existe pas, il est loisible cependant, avec Jung, de décrire quatre types fondamentaux, relativement autonomes, mais qui se rencontrent parfois mélangés dans l’expérience de la vie. C’est évidemment sous la forme de l’Eros que se produit la... [Lire la suite]
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23 mars 2012

Des QUATRE FIGURES de l'ANIMUS : JUNG

Décrivant les structures de l’Animus, Jung repère quatre figures principales, qui pourraient aussi bien correspondre à quatre stades de l’évolution psychique de l’individualité masculine. L’animus est le principe de l’inconscient chez la femme. Ce qui l’attire chez l’homme c’est précisément d’y retrouver une des quatre figures cardinales. Au sens strict l’animus relève de la psychologie féminine. Mais je pense que cette analyse permet également de décrire une évolution souhaitable pour l’homme lui-même, selon la formule de Goethe qui... [Lire la suite]
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21 mars 2012

EURIPIDE : ELOGE d' APOLLON

  Dans l’ « Iphigénie en Tauride » Euripide, par la bouche du Chœur, chante un magnifique éloge d’Apollon (vers  1234 et suivants). Ce texte nous donne une idée de la puissance du dieu, de sa fonction sacrée, de sa profonde nécessité culturelle et psychologique.           « Létô, sois fière de ton fils !           Dans les vallons de Délos aux beaux fruits ... [Lire la suite]
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20 mars 2012

Du FONDEMENT de la TRAGEDIE

  Depuis Aristote il est convenu d’estimer la terreur et la pitié comme fondements émotionnels de la tragédie. Terreur devant la catastrophe inévitable, pitié pour le héros, agent et victime de la catastrophe. Cela se vérifie parfaitement, à lire les Tragiques. Mais il me semble qu’il y a autre chose, de plus fondamental. Terreur et pitié sont des phénomènes suscités par le « drame », l’action, au sens étymologique, par exemple, dans l’« Iphigénie à Aulis » d’Euripide, la sinistre machination d’Agamemnon qui... [Lire la suite]
14 mars 2012

De la PHILOSOPHIE comme THERAPEUTIQUE

En quoi la philosophie est-elle thérapeutique ? Ce n’est certes pas en enseignant une doctrine particulière, fût-elle géniale. Ce n’est pas en prescrivant un mode de vie, un compendium de recettes plus ou moins applicables. Ce n’est pas même en fouillant les arcanes du cœur et de l’âme, à la recherche de quelque formule de salut. Elle n’est ni une religion, ni une psychologie pratique. Depuis les Grecs nous savons, ou plutôt nos devrions savoir, que l’essence de la philosophie est Theoria : contemplation. De là seulement... [Lire la suite]
13 mars 2012

Le SYMBOLE du CADUCEE

« Le caducée se présente sous la forme de deux serpents, mâle et femelle, enlacés. Leurs bouches sont réunies dans un baiser qui représente Eros. Les parties antérieures de leurs corps sont nouées étroitement par un nœud que Macrobe appelle le nœud d’Hercule, réputé dans l’Antiquité pour être très difficile à dénouer. Ce nœud c’est l’Anangkè ».(Texte de  Pierre Hadot : « N’oublie pas de vivre » page 215, consacré à Goethe) L’entrelacement des deux serpents se prolonge en un deuxième cercle, avant de se... [Lire la suite]


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