29 février 2012

DIONYSOS CIVILISATEUR : HOLDERLIN

  Hölderlin a plus que tout autre poète ressenti la douleur de la perte, la ruine des dieux antiques. Il sonde avec effroi le silence qui règne sur la terre, le blanc sidérant qui paralyse la pensée. Mais il refuse de désespérer, et dans l’attente même il édifie le Chant qui fera refleurir, non les dieux enfouis, mais de nouvelles figures de la médiation entre les hommes et les dieux. Il évoquera avec une piété reconnaissante trois figures successives : Héraklès, le héros bienfaisant, Dionysos le dieu-homme, et le Christ,... [Lire la suite]
28 février 2012

EURIPIDE : du néant de la mort

Troie est rasée. Tous les guerriers massacrés. Priam  égorgé. Les Grecs vainqueurs se partagent, comme du bétail, les femmes survivantes. Andromaque, l’épouse d’Hector, est attribuée au fils d’Achille, lequel, après avoir tué Hector, traîna la dépouille du héros troyen, attelé à son char, tout autour des murailles de la ville. Andromaque, fidèle à la mémoire de son époux bien aimé, ne peut se résoudre à des noces infâmantes, et songe à mettre fin à ses jours. Voici un bref passage du dialogue entre Hécube, femme de Priam,... [Lire la suite]
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27 février 2012

DIONYSOS : les "BACCHANTES" d'EURIPIDE

C’est un étrange dieu que Dionysos. A relire les « Bacchantes » d’Euripide je me suis mieux pénétré de cette singularité indéfinissable, énigmatique, dont les diverses facettes, complaisamment exposées dans le drame, composent une figure ouverte, résistant à toute totalisation. Bien davantage qu’Apollon, son frère en divinité, Dionysos décline toutes les identifications sans se résoudre en aucune, défiant toue logique unitaire et binaire. Il n’est ni dieu selon les canons ordinaires, ni pas dieu, ni animal, ni pas animal, et... [Lire la suite]
24 février 2012

"Une VIE PASSIONNEE"

J’oublie tout à mesure. Je suis un seau percé, mais nullement à la manière du tonneau des Danaïdes qui exprime l’insatisfaction chronique du désir. C’est chez moi une sorte de pathologie de la mémoire ou une incurie de l’attention. Les choses passent à travers moi sans se fixer, sans marquer d’empreinte, sans modifier la structure. Tout est labile, poreux, percé de toutes parts, effeuillé, inconsistant. A peine ai-je le souvenir de quelques livres fondamentaux, de quelques films réputés, des événements qui ponctuent normalement une... [Lire la suite]
23 février 2012

Du PLAISIR d'ECRIRE

Il ne faut faire profession de rien. Moi-même j’ai été professeur, mais je ne me flatte en rien d’être un professionnel. Je suis, en sport, en littérature, lecture et écriture, un simple amateur, et dans la philosophie même, considérant ma faiblesse en toutes choses, et mon indécrottable paresse. Non que je ne puisse faire effort à l’occasion, mais à la durée je ne vaux rien. Après quelques pages mon livre me tombe des mains, mon esprit s’égare et s’en va battre la campagne. De même pour mon écriture qui ne vaut que dans... [Lire la suite]
22 février 2012

De la VACUITE du MOI : BOUDDHA

La question du moi est au centre de la réflexion bouddhique. Contrairement aux théories  communes de l’Inde antique, Bouddha nie le moi, ou le soi. Entendons : il n’existe pas de substance stable, immuable et immortelle en l’homme, pas plus qu’en tout vivant, soumis à l’impermanence universelle. Que nous ayons un sentiment du moi, l’impression subjective quasi indéracinable d’une permanence et d’une identité stable de notre être, nul n’en doute. Mais cette impression est fallacieuse. Aucune réalité existante ne saurait... [Lire la suite]


21 février 2012

Du KARMA et de la LIBERTE

Karma veut dire action. La loi du karma signifie que toute action est suivie d’effet, soit dans l’immédiat, soit dans un futur indéterminé. Selon cette conception, ma situation présente résulte de mes actes antérieurs, si l’on met de côté, bien sûr, les causalités purement naturelles, comme par exemple mon groupe sanguin, la couleur de ma peau etc. De même, ce que je fais aujourd’hui conditionne mon avenir. Il en résulte que nous avons intérêt à réfléchir avant d’agir. Il serait erroné de considérer cette loi comme un déterminisme... [Lire la suite]
20 février 2012

EPICURE avec BOUDDHA : étiologie de l'insatisfaction

« La terre entière vit dans la peine et c’est pour la peine qu’elle a le plus de capacités ». C’est un constat, un diagnostic qui repère le symptôme universel : la peine, « ponos » : mal, fatigue, travail, labeur, douleur,  souffrance. Cette évidence exprimée par le médecin Epicure rencontre étonnamment celle de Bouddha : le monde est « dukkha », souffrance. La philosophie commence, et doit commencer par la reconnaissance des faits, et le fait premier, irréfutable, est la souffrance de... [Lire la suite]
17 février 2012

ELOGE du VIN : DIONYSOS

    Dionysos, entouré du chœur des Ménades, fait son entrée à Thèbes. Le roi Pentée, scandalisé par  le comportement des femmes qui ont fui la ville pour s’égailler dans les forêts, ordonne de saisir et d’enchaîner cet étranger perturbateur qui se prétend fils de Zeus. Horrifié par cette décision qu’il juge impie, le Chœur prend la parole pour célébrer le dieu, et avant toutes choses, le vin qu’il a donné aux dieux et aux hommes, cette dive boisson « qui met fin aux souffrances des malheureux ». ... [Lire la suite]
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14 février 2012

SOCRATE FAIS DE LA MUSIQUE! : APOLLON

  Du fond de sa prison d’Athènes, attendant l’heure de boire la ciguë, Socrate entend le dieu qui lui parle en songe : « Socrate, fais de la musique ! ». Cette injonction tardive, trop tardive pour être suivie d’effet, nous fait considérer Socrate d’un autre œil. Peut-on vraiment imaginer, penser un Socrate musicien ? Lui, qui fut aussi éloigné qu’il est possible de l’univers de la création artistique, comment aurait-il pu oublier sa rage dialectique, sa passion d’interroger et de confondre, sa pratique... [Lire la suite]


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