NUCLEAIRE : A QUI LE TOUR ?
II
J'aimerais m'abstraire, me désolidariser de cet univers de violence, me retirer dans quelque jardin, loin du monde et du bruit, goûter la paix et la sérénité, rêver doucement au coucher du soleil, mais rien n' y fait. De toutes parts je reçois les nouvelles du monde et je suis sonné comme un boxeur malchanceux. J'ai envie de hurler. Printemps d'espoir, printemps noir...Les chars de la répression barbare me passent sur le corps, la centrale nucléaire m'explose dans la tête, je suis en apocalypse, suspendu dans un vide de terreur et d'épouvante.
Pendant que les pays arabes entament leur marche exaltante vers la liberté, les tyrans, rivés à leurs ridicules privilèges lancent contre la foule désarmée leurs engins de mort? Les Occidentaux hésitent. Le monde tremble. Et pendant ce temps-là les Japonais découvrent l'horreur. Et nous, que faisons-nous? Nous tergiversons. Après tout le Japon, c'est loin, les nuages toxiques se décomposeront en vol. Et puis, nos centrales françaises ne sont-elles pas les plus sûres?
N'empêche. Une question me taraude : comment se fait-il que ce soient des sociétés privées qui construisent et gèrent les centrales, et qui disposent de la sorte du pouvoir ultime, de vie et de mort, sur des populations qui n'ont même pas été consultées? Comment se fait-il que les ressources de la planète échappent au contrôle des populations : le gaz, le pétrole, le bois, l'eau, l'air, l'atome et tout le reste? Où est la démocratie si les citoyens n'ont aucun contrôle sur ce qui fait la vie et la mort?
Le minimum serait une NATIONALISATION IMMEDIATE des RESSOURCES VITALES et DES CENTRALES NUCLEAIRES.
Et puis, dans le même mouvement, une consultation nationale sur les options fondamentales. Un contrôle démocratique véritable. Une évolution rapide vers une autre type de société.
Le vingt-et-unième siècle commence de fait aujourd'hui, et sous les auspices les plus funestes.
APRES le JAPON A QUI LE TOUR ?
Commentaires sur NUCLEAIRE : A QUI LE TOUR ?
Propagez donc l'idée, si vous le voulez bien, d'une nécessité à l'échelle planétaire d'instaurer un nouveau Concordat, séparant cette fois de l'Etat, non plus l'Eglise, mais l'Entreprise – directrice sans âme de notre monde actuel.
L'autonomie énergétique serait une réponse. Faire une sorte de progressivement ne plus dépendre des centrales, et autres machines d'états...
"Où est la démocratie si..." Dites-vous.
Mais je ne vois nulle part démocratie… Nous sommes dans un système représentatif à délégation perpétuelle. Regardez comment Rousseau qualifie lui-même le minimum démocratique.
Je vois au moins deux obstacles majeurs pour la démocratie qui selon moi ne s'accomplit vraiment que dans l'anarchisme.
1) La taille des groupes en question - nous sommes loin des 20000 citoyens de l'Athènes du Vème siècle.
2) La complexité des systèmes et organisations - qui empêche toute intervention directe. Je ne pense pas que l'Ecclésia ait eu à se prononcer sur l'opportunité des euro-bonds ou sur l'intérêt de la découverte du boson de Higgs.
La démocratie réelle ne sera pas, ni au niveau planétaire ni même au niveau national. Elle est tributaire de petites communautés qui ne peuvent s'organiser entre elles que sur la base d'un système représentatif - avec toute la corruption afférente.
Mais ce ne serait déjà pas si mal.
Ne conviendrait-il donc pas de plaider pour une diminution du groupe humain, disons par un facteur 10 - un milliard d'êtres sur terre me semble plus facilement soutenable et ce nombre, déjà expérimenté par le passé, pourrait permettre aujourd'hui, une simplification des problèmes outre un apaisement des situations conflictuelles ?
La complexité et l’optimisation sont les ennemies de la démocratie.
Donc tout ce qui affaiblit la civilisation actuelle me convient…Et pour reprendre malicieusement la vieille formule des maoïstes : « Plus ça va mal, plus ça va ».
Il faut accepter de perdre pour pouvoir gagner du sens…
Et je ne vois pas là l’intérêt du seul sapiens sapiens, mais celui de tout être vivant. Savez-vous que les champs de mines anti personnelles sont un havre de paix pour les animaux, que la bande de démilitarisation entre la Corée du sud et la Corée du nord - 400 km sur 10 - a été décrétée patrimoine mondial de l’humanité devant la magnificence retrouvée de la faune et de la flore - 50 ans de paix - et qu’à Tchernobyl, excepté pour les hirondelles, la vie des sans mots est devenue plus heureuse et digne. Les organismes aussi plus résistants.
Le reflux de sapiens sapiens et de son statut de configurateur de monde fait le bonheur du vivant.
Vos souhaits sont ceux d’un homme riche…Apprenons la pauvreté, la compassion et le partage.
Bonne journée.
Très bon très très bon Dingo. On vit très bien dans une zone industrielle, dans ses zones de non-lieu... Moins de repères, moins de codes, moins de manières, et plus de spontanéité... L'imagination divague, est plus légère et moins soumise aux conditionnements des espaces (et temps) trop organisés. Oui, pour l'anarchisme et sa propre responsabilité.
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