"Rien ne produit autant le sentiment de bien-être que de pas beaucoup s'affairer, ni d'entreprendre des affaires fâcheuses, ni de se presser au-delà de ses forces. Car tout cela cause des troubles dans la nature". 

Diogène D'Oenanda dit bien que "cela cause des troubles dans la nature" sans préciser quelle nature. On pense évidemment à la nature organique et psychique individuelle, en y relevant une idée du corpus d'Hippocrate, selon lequel compte plus que tout l'équilibre harmonique des organes, des fonctions, des  humeurs. La santé est harmonie. "Si l'homme pouvait être un il ne serait jamais malade". Mais l'individu dépend aussi du milieu, de la nature plus vaste qui l'environne, d'où un souci des saisons, des climats, de l'air, de l'eau et des divers éléments de la nature. Sans oublier cette autre nature que constitue le milieu humain et social, dont on saura tirer parti, évitant autant que faire se peut les nuisances, privilégiant les éléments favorables. La scholè philosophique se construit comme désoccupation. Mais elle n'est pas possible si l'on néglige ce préalable de la santé. Il est naturel de vivre selon les biens naturels mais il est tout aussi naturel de vivre en développant les aptitudes créatrices dans la vie philosophique.

A l'inverse l'ambitieux, le prévaricateur troublent l'ordre du monde autant qu'ils se troublent eux-mêmes.

A mettre en regard de cette sentence d'Epicure :

"Il faut se libérer de la prison des occupations quotidiennes et des affaires publiques". (Sentence Vaticane : 58)