31 août 2011
RELIGION et PHILOSOPHIE
En dépit de la diversité des croyances et des rites il est possible de dégager, pour saisir le phénomène religieux dans son essence, trois éléments structuraux qui font système : le primat de l'Autre sur le sujet, l'obsession du Sens, et la problématique du Salut.
Primat de l'Autre : le sujet religieux s'en remet pour son existence à l'autorité d'une instance supérieure, détentrice du savoir et du pouvoir. "Les hommes sont des jouets entre les mains des dieux". L'identité subjective est fondée dans un Grand Autre, garant de la... [Lire la suite]
30 août 2011
POURQUOI la DECLINAISON ? de l'ESPACE INFINI
La physique ancienne, de Thalès à Aristote, distingue dans l'espace des pôles d'attraction et de répulsion, des secteurs de valeurs différentielles. Le ciel est pensé comme sphère du divin, lieu intelligible, modèle de toute perfection. Tout en bas le domaine sublunaire, et la terre entre les deux. La physique traditionnelle est projective et animiste : la nature incarne et représente les diverses tendances de la psyché, le haut et le bas, le fort et le faible, le parfait et l'imparfait, le sensible et l'intelligible, le divin... [Lire la suite]
29 août 2011
POURQUOI le CLINAMEN ? DECLINAISON et CREATION
On glose à l'infini sur le fait de savoir pourquoi la théorie de la déclinaison (clinamen, parengklisis) est absente des écrits conservés d'Epicure. Certains vont jusqu'à prétendre que cette théorie serait une invention personnelle de Lucrèce. Or tous les successeurs d'Epicure la mentionnent comme un élément central de la théorie physique, en particulier Diogène d'Oenanda, qui reproche à Démocrite d'être déterministe. On peut supposer avec quelque vraisemblance que la "Lettre à Hérodote" corresponde à un état premier de la théorie... [Lire la suite]
26 août 2011
L' Heure de la SENSATION VRAIE : LUCRECE
C'est la sensation qui nous fait éprouver au plus proche la présence indiscutable des corps, et du même mouvement notre plus intime corporéité. Corps à corps, corps mêlés, entrechoc et contact, heurt ou caresse, évidence sensible :
"Le toucher, ô sainte puissance des dieux, le toucher
Est le sens suprême du corps, soit qu'une chose s'y glisse
De l'extérieur, soit qu'un élément interne le blesse
Ou le réjouisse en sortant par l'acte fécond de Vénus,
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25 août 2011
TRAVAILLEZ MOINS ! : LUCRECE THERAPEUTE
"Le genre humain peine donc en vain, en pure perte,
Toujours consumant son âge en futiles soucis.
C'est qu'il ne connaît pas de limite à la possesion,
Il ne sait pas jusqu'où le vrai plaisir peut croître.
Tel est le mal qui peu à peu nous entraînant au large
Déchaîna sur nos vies les grands orages de la guerre". (Lucrèce, De natura rerum, V, 1430 à 1435)
Ce passage signe la fin du Livre V où Lucrèce s'interroge sur la naissance et le développement de la civilisation humaine. Quel est donc cet... [Lire la suite]
24 août 2011
La MEDECINE de LUCRECE
Quand les médecins veulent donner aux enfants
L'absinthe répugnante, auparavant ils enduisent
Les bords de la coupe d'un miel doux et blond
Pour que cet âge étourdi, tout au plaisir des lèvres,
Avale en même temps l'amère gorgée d'absinthe
Et loin d'être perdu par cette duperie,
Se recrée au contraire une bonne santé". (Lucrèce, De natura rerum, IV, 6 à 12 ; trad Kany-Turpin).
La préoccupation thérapeutique est au coeur de l'épicurisme, en constitue la raison d'être : philosopher pour... [Lire la suite]
19 août 2011
Le MENSONGE du MIROIR : pluralisme
Depuis quelques jours je me pose une question étrange, si saugrenue qu'elle me fait douter moi-même de mon bon sens. Nous disons "mon corps" comme s'il allait de soi qu'il fût nôtre, et plus encore qu'il soit bien "un", essentiellement, indiscutablement. Il est vrai que le miroir, où l'on va se réasssurer chaque matin sur son intégrité personnelle, nous offre, à première vue, la séduisante impression de l'unité. C'est bien un corps que je vois, et dont je ne doute pas un instant qu'il soit "moi" en personne, en chair et en os, et nul... [Lire la suite]
18 août 2011
L'ENIGME du MIROIR : DIONYSOS
"Héphaïstos fit un miroir pour Dionysos, et le dieu, s'étant regardé et ayant contemplé sa propre image, se mit à créer la pluralité". Et : "Dionysos ayant placé l'image dans le miroir, la pourchassa et fut ainsi pulvérisé dans le tout". (Textes orphiques).
Le mythe présente régulièrement Dionysos comme un dieu enfant entouré de ses jouets divins : la toupie, la balle, les dés. Et le miroir. "Aïon est un enfant qui joue aux osselets, royauté d'un enfant" (Héraclite). Mais Dionysos est la figure de la plus extrême complexité : jeune... [Lire la suite]
16 août 2011
PARADOXES (du) TRAGIQUE
Le paradoxe tragique se déploie selon trois axes :
L'infinité (des univers, des atomes, du vide, du temps) excédant toute tentative de penser en termes d'Etre, d'Un ou de Cosmos. Pluralisme originaire. Le Tout est un terme commode qui n'exprime rien de plus qu'une somme insommable, arithmétique et infinie. Flux et impermanence, mobilité, création et destruction, inventivité et indétermination. Hasard et nécessité, la nécessité n'étant autre chose que le hasard manifesté. Jeu divin de Dionysos se contemplant dans le miroir de... [Lire la suite]
09 août 2011
VISION de l' ATOME : DEMOCRITE (I)
Les brumes persistantes de cet été morose se sont brusquement déchirées à la lecture du dernier ouvrage de Heinz Wizmann : "Les avatars du vide", me propulsant soudain, par delà les misères du temps, dans la splendeur de l'immensité sidérale...Par quel misérable volonté dia-bolique sommes-nous donc attelés au char de la nécessité sociale et domestique quand nous attend, au delà de nous mêmes, la séduction inénnarable de l'éternité, et sa sublime indifférence?
Je voudrais rendre compte ici de ce que j'ai cru comprendre de Démocrite à... [Lire la suite]

