POUR MICHELE et JEAN BERNARD :

"Ce qui me rend si agréable la société de mon chien c'est la transparence de son être. Mon chien est transparent comme le verre. S'il n'y avait pas de chiens je n'aimerais pas à vivre".

"Le chien, l'unique ami de l"homme, a un privilège sur tous les autres animaux, un trait qui le caractérise, c'est ce mouvement de queue si bienveillant, si expressif et si profondément honnête. Quel contraste en faveur de cette manière de saluer que lui a donnée la nature, quand on la compare aux courbettes et aux affreuses grimaces que les hommes échangent en signe de politesse : cette assurance de tendre amitié et de dévouement de la part du chien est mille fois plus sûre, au moins pour le présent."

           Aigri et misanthrope, Schopenhauer alla jusqu'à faire de son chien - un caniche qui remplaçait immédiatement le caniche défunt, et qu'il appelait "Atma", "âme du monde", - légataire d'une partie de son héritage.

           Quant à moi, je n'ai ni chien ni chat, par paresse et incapacité notoire. Je ferais un bien mauvais maître. Et ne me demandez pas de choisir entre ces deux nobles représentants de l'espèce animale. Ce serait un crève-coeur, si bien que l'abstention est encore la meilleure manière de les aimer. Je reconnais volontiers que la rencontre d'un chat ou d'un chien chez quelqu'un de mes amis, ou dans la rue, m'est à moi aussi une véritable fête.

           Et puis n'oublions pas ces philosophes anciens autoproclamés "kuniques" (de "kuôn" , le chien) qui faisaient profession de vivre comme le chien, libres de toute attache, pauvres et frustes par conviction éthique, irrespectueux de tous les usages :" La philosophie kunique est celle de Diogène, le chien est celui qui s'efforce de la pratiquer, et vivre en chien, c'est, en peu de mots, philosopher". (Cratès, philosophe kunique).

             Toutefois méditons cette précision essentielle donnée par Diogène lui-même : "Si on m'appelle chien, c'est celui du ciel et non de la terre, parce que c'est à lui que je me rends semblable, en vivant non point selon l'opinion, mais selon la nature, libre sous la seule autorité de Zeus, n'imputant le bien qu'à lui et non à mon semblable".

- Lire : les cyniques grecs, lettres de Diogène et Cratès, Babel 357.