29 novembre 2010

De la PERSONNALITE : éthique affirmative

Cette notion est difficile, et je crains fort que les éléments indiqués dans le précédent article ne soient fort insuffisants. Commençons par déblayer le terrain. Personnalité vient de "persona", terme latin qui désigne le masque de l'acteur ("son à travers") , donc l'acteur lui-même en tant que support physique, strictement indéterminé, "impersonnel", d'un personnage traditionnel, parfaitement identifié et connu du public. Le théâtre antique mouline interminablement (après la période héroïque des... [Lire la suite]

26 novembre 2010

De la LIMITE EUDEMONOLOGIQUE : l' INSUPPORTABLE

"La première proposition de l'Eudémonologie est précisément que cette expression est un euphémisme et que "vivre heureux" peut seulement signifier ceci : vivre le moins malheureux possible ou, en bref, vivre de manière supportable". (Schopenhauer : "L'art d'être heureux", règle 22). L'insupportable est donc la limite absolue de l"eudémonologie, la butée ultime où vient se briser tout projet rationnel de félicité. Tant que la vie est supportable on peut raisonnablement réfléchir aux moyens de... [Lire la suite]
24 novembre 2010

De l' EUDEMONOLOGIE : du "BONHEUR" selon SCHOPENHAUER

S'il pouvait exister une eudémonologie elle se définirait comme une méditation du bonheur (eu-daimonia) ou, plutôt de la félicité, s'il est entendu que le bon-heur est une bonne rencontre (kairos) dépendant du dehors, et la félicité une disposition constante de l'âme à se réjouir. L'eudémonologie est au coeur de la réflexion antique : Aristote, Epicure, Stoïciens, Kuniques, Sceptiques se font fort d'avoir élaboré des méthodes de félicité, ce que fera encore Spinoza, le dernier peut-être à estimer la félicité accessible. Par la suite... [Lire la suite]
24 novembre 2010

Les MASQUES du PHILOSOPHE

"Cache ta vie" (Epicure) ; '"Je m'avance masqué"(Descartes) ; "Prends garde à toi" (Spinoza) - précautions indispensables à qui s'est voué à la liberté de penser. Nietzsche rendra compte, comme toujours avec finesse, de cette nécessité vitale, en expliquant que de toujours le philosophe a porté un masque, le mieux adapté à l'époque où il vit, de manière à dire, sous le déguisement adéquat aux canons de son temps, ce que l'époque peut tolérer, tout en y introduisant la dose de vérité nouvelle qui justifie son entreprise. On pourrait... [Lire la suite]
21 novembre 2010

HYPOCRISIE et VERACITE

Hypocritès : interprète d'un songe, acteur, comédien - de "hypokrinein" : répondre, interpréter. Le dieu, interrogé, répond sous la forme de l'oracle, ou dans les énigmes du rêve. Par extension : répondre à quelqu'un, d'où donner la réplique, ce qui nous conduit dans l'univers du théâtre, dont on sait par ailleurs que l'origine se situe dans les processions et oraisons religieuses. L'hypocrite, entendons l'acteur antique, est dissimulé sous un masque fixe qui représente un personnage traditionnel (Dionysos, Prométhée,... [Lire la suite]
19 novembre 2010

VISAGES de l'ALOGOS

Logos harmonique, beauté, équilibre, ce sont les termes, qui depuis Winkelmann, définissaient le classicisme hellénique, dont Goethe encore se fait l'écho dans ses conceptions esthétiques. Mais depuis Hölderlin et Nietzsche cette image idéalisée a été profondément remaniée. Hölderlin a pensé l'essence du tragique dans "un accouplement monstrueux" de l'homme et du dieu ( "Remarques sur Oedipe et Antigone"). Nietzsche thématise l'opposition d'Apollon et de Dionysos, du rêve et de l'ivresse, de la tendance plastique  et de la... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:16 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

18 novembre 2010

APOLOGIE du DIABLE : le dia-bolon

Dia-bolè : la division. Le "dia" est ce qui sépare, le "syn" est ce qui réunit. D'où l'opposition classique entre le diabolique et le symbolique. Dans l'histoire de la pensée occidentale, et nommément dans le christianisme, on assiste à une dévalorisation systématique, une condamnation, un rejet du diabolique, identifié à une puissance démoniaque, source de trouble, de désordre, de chamailleries sans fin, et plus gravement, de haine à l'égard de Dieu et de l'ordre cosmique : "Rejetez Satan et ses pompes!". Mais c'est là une dérive... [Lire la suite]
17 novembre 2010

LOGOS et ALOGOS

Héraclite est le penseur du Logos, le premier semble-t-il qui a majestueusement introduit cette intuition en philosophie. "La sagesse consiste en une seule chose : savoir qu'une sage raison (gnomè) gouverne tout à travers tout". Mais il faut prendre garde : ce Logos, s'il règle la marche du monde sur le mode paradoxal de la contrariété (la lutte éternelle des contraires fait la richesse inépuisable du réel) ne fonde pas un déterminisme étroit et systématique, ce que feront les Stoïciens. Héraclite ne parle nulle part de... [Lire la suite]
16 novembre 2010

VERTIGE de FEUILLE : poème d'automne

Cela fait un grand trou dans le ventre Les pensées se culbutent, vertigineusement Je tourbilonne comme feuille d'automne Déjà l'hiver est dans le coeur.       Feuille foulée, feuille froissée       Feuille effeuillée à la terre mêlée.       
Posté par GUY KARL à 19:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
12 novembre 2010

Le FEU du CIEL : HÖLDERLIN HERACLITEEN

"A présent ils boivent le Feu céleste Les fils de la terre sans danger. Mais il nous appartient, sous les orages du dieu Poètes, de nous tenir tête nue, De saisir, en main propre, l'éclair du père, lui même, Enveloppé dans le chant, De tendre au peuple l'offrande céleste".          (Hölderlin : "Comme aux jours de fête, extrait, traduction personnelle)                C'est dans ces termes énigmatiques, dans les années... [Lire la suite]